Le caveau

A l’ouverture du cimetière, en 1804, l’administration laisse les famille libres de leur emplacement dans l’ancien parc. Mais très vite, les sépultures étant dans tous les sens et éparpillées, c’est la pagaille. Pourtant, les parisiens ne se pressent pas pour faire enterrer les leurs dans ce nouveau cimetière. En 1810, l’architecte et paysagiste Alexandre Théodore Brongniart fait le premier plan d’aménagement du cimetière avec des chemins. Il le partage en « divisions » et « parcelles » attribuables aux familles.

On voit alors un regroupement naturel des familles enterrées côte à côte. La famille d’Alexandre Théodore Brongniart (inhumé en 1813) en est un bon exemple : sa fille (en 1815), sa femme (en 1829), sa fille Alexandrine (en 1847), son fils Alexandre (en 1847) … le rejoignent dans un enclos entouré d’une grille … et les stèles s’accumulent.

Autres exemples, les sépultures côte à côte et avec des monuments semblables :

  • de Jean Pierre Delahaye (inhumé en 1819) et de son épouse Marie Sophie Levassor (inhumée en 1830),
  • de Louis de Valframbert (inhumé en 1832) et de son épouse, Louise Antoinette de Bessé (inhumée en 1856),
  • de leur fille, Céleste Marie (inhumée en 1878) et de son mari, Clément François Marie Brière de Mondétour (inhumé en 1872), non loin de là…

Enfin, les deux fils naturels de Philippe d’Orléans sont eux aussi côte à côte : Saint Farre inhumé en 1825 et Saint Albin, inhumé en 1828, chacun ayant son obélisque mais posé sur un seul piédestal et sur une estrade de terre commune.

Mais très vite on songe à mettre les défunts dans des cercueils et à entasser ceux-ci les uns sur les autres. On creuse alors un trou profond et droit d’un à deux mètres puis d’une taille qui va bientôt être standard. On tapisse ensuite les parois d’un mur de pierres et on renferme ce trou avec une dalle. Au dessus on édifiera un monument ou une chapelle, éventuellement. Le caveau est né.

Parallèlement, le cimetière est loti en concession de même taille, avec des sépultures tête-bêche espacées de façon standard. Certaines familles, riches, vont prendre plusieurs concessions contiguës pour pouvoir établir un monument ou une chapelle plus grande. Certains caveaux sont alors une véritable crypte dans laquelle on descend par un escalier.

« Ce tombeau avec concession devient un double de la maison familiale et même son substitut car l’adresse des morts est plus stable que celle des vivants. » (R. Bertrand et G. Groud).

Voici deux exemples de ces grands caveaux :

mais il y en a beaucoup d’autres.

Nous ne savons pas quel est le premier caveau maçonné du cimetière. Curieusement, aucun des guides anciens ou modernes ne le mentionne. De même, nous n’avons pas trouvé les textes municipaux portant sur la standardisation des caveaux ni sur l’obligation d’utiliser un cercueil. Si vous les connaissez, écrivez-nous.

De nos jours, les caveaux anciens des concessions reprises sont approfondis et les murs refaits en béton car les anciennes pierres (souvent de la meulière) ne sont plus jointives et les murs d’origine effondrés. On crée aussi de petits caveaux, les « cavotins », installés à raison de quatre, six ou huit à la place d’un ancien emplacement, pour recevoir des urnes cinéraires : Guillet…

Sources : Bertrand (Régis), Groud (Guénola) Patrimoine funéraire français, Cimetières et tombeaux, Editions du patrimoine, CNM, 2016. Date de création : 2026-11-02.

Photos

Le Père Lachaise

Date de la dernière mise à jour : 2 novembre 2026