La céramique funéraire – Les couronnes, coussins, croix, bouquets ou fleurs

L’usage des couronnes funéraires avec des fleurs coupées existe depuis l’antiquité. Mais c’est sous la Restauration que se répand leur utilisation dans les cortèges funéraires puis leur dépôt sur les tombeaux. Ainsi, pour des personnalités politiques, le char peut être couvert de couronnes de grand format.

En 1855, la fabrique de Limoges Paturet et Parvy présente des couronnes de fleurs en porcelaine à l’exposition universelle de Paris. On les remarque particulièrement. Ces couronnes en céramique se répandent sous la Troisième République.

Les fleurs les plus sculptées sont :

  • les immortelles, piquées en boutons serrés, jaunes ou blancs – probablement la première forme de couronnes – (Hanmer Claybrooke …),
  • le pavot, de toutes couleurs, symbole du sommeil éternel (Vernes …),
  • la pensée (« je pense à toi » …), de plusieurs couleurs (et même rouge vif, ce qui est irréaliste) (Dardenne …),
  • le myosotis blanc (en anglais « forget-me-not », donc ne m’oublie pas), parfois bleu (Dardenne …),
  • la violette,
  • la rose, très en vogue après les années 1870 (Dardenne …),
  • la marguerite et le chrysanthème, qui apparaissent et s’imposent au début du 20ème siècle….

Mais on trouve aussi des dahlias (Fazheuilhe …), des iris, des hortensias, du jasmin, du lilas, du liseron, des lys (symbole de la pureté virginale), du lierre, des œillets, des primevères … Enfin, certaines fleurs ne semblent pas identifiables (Besse, Devant).

La couronne peut contenir un seul type de fleurs ou plusieurs, mêlées à du buis, des palmes tressées, voir du bois (elle est alors irréaliste avec une branche circulaire : Perdreau). Elle peut aussi être une couronne de fruits : citrons, orange, raisins … (Bourdel).

On trouve aussi une « couronne » avec une forme de cœur. Puis viennent les coussins de fleurs piquées (Fazheuilhe …), les bouquets et, enfin, les fleurs individuelles (surtout des roses). Enfin, on trouve aussi des croix sur lesquelles reposent des fleurs ou des bouquets (Dardenne …). Là encore, il s’agit des roses, des pensées, de pavots …

Sur ce site, il y a 103 couronnes, 36 croix avec des fleurs, 17 coussins ou bouquets de fleurs et 21 fleurs individuelles (Fazheuilhe … mais il y en a beaucoup d’autres dans le cimetière).

Sur certaines couronnes ou coussins (du vingtième siècle), on trouve des textes : « regrets » (Auer, Fazheuilhe), « anniversaire », « souvenir » (Dubail) …

Le modelé et la couleur des fleurs évolue : d’abord réaliste, il suit la mode et devient « Art Nouveau » (Esponet). C’est, enfin, un style « moderne », un peu caricatural (Hay).

Dans certaines chapelles fermées, le nombre de couronnes est important : il y a probablement une couronne pour chaque nouvel arrivant.

Ce sont des objets en faïence émaillée, plus rarement en porcelaine, voir en biscuit (porcelaine brute non émaillée). Comme on les produit en série pour une « consommation courante », le fabricant ne les signe pas mais, récemment, on les identifie parfois par un numéro (Fazeuilhe, avec le numéro K II ; Dejazet, avec l’indication « OX86 » et « garantie contre la gelée », Thiery avec les numéros 95 et 7045).

Quand ils sont à l’extérieur, ils sont toujours plus abimes qu’à l’intérieur des chapelles du fait du gel, en particulier, mais aussi des graines qui se nichent dans les moindres interstices et donnent naissance à des végétaux qui parfois recouvrent presque totalement l’objet originel.

Enfin, il faut noter que ces couronnes ou fleurs se déplacent. En effet, comme elles ne sont pas fixées sur un monument, certains visiteurs peu attentionnés les regroupe sur certains monuments. Nous avons pu constaté d’une année sur l’autre que certaines avaient disparu sur les tombes où nous les avions photographié … et que sur d’autres, leur nombre augmentait ! Comme il s’agit d’objets anciens, souvent abimés, sur des tombes anciennes, il est très peu probable que ce soient de nouveaux souvenirs laissés par les ayant droits.

Last but not least, il existe deux couronnes enveloppées de plastique pour les protéger, probablement des toiles d’araignées (Cloez) !

Sources : Bertrand (Régis), Groud (Guénola) Patrimoine funéraire français, Cimetières et tombeaux, Editions du patrimoine, CNM, 2016 ; D. Muller. Date de création : 2026-04-24.

Photos

Le Père Lachaise

Date de la dernière mise à jour : 27 juin 2026