BOUILLY Jean Nicolas (1763-1842)
France

Librettiste de Méhul, Cherubini, Auber, Scribe ...

Jean Nicolas Bouilly voit le jour à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), le 23 janvier 1763 Après des études de droit à l’université d’Orléans, il se fait recevoir avocat au parlement de Paris. Lorsque le parlement est transféré à Troyes en 1787, il quitte le barreau pour se consacrer à la littérature, encouragé à ses débuts par Mirabeau.

Aux commencements de la Révolution, il remplit diverses fonctions administratives à Tours, puis il est nommé membre de la commission chargée de rédiger un plan d’éducation pour la jeunesse française, mais donne sa démission lorsqu’il est question de soumettre cette commission aux investigations de la police. Il entame alors une carrière de dramaturge et de librettiste, composant notamment des livrets pour André Grétry, Luigi Cherubini et Etienne Nicolas Méhul.

Une de ses pièces, Léonore, ou l’Amour conjugal, est à l’origine du livret de Fidelio de Beethoven. Ses comédies, bien charpentées, connaissent à leur apparition un succès de vogue. À partir de 1809, il fait paraître un nombre considérable de recueils de contes pour la jeunesse. Alors que leur sensiblerie, déjà présente dans son œuvre de dramaturge, le font surnommer le poète lacrymal, ces contes sont traduits dans de nombreuses langues et continueront à être réédités jusqu’à la fin du siècle.

Vers la fin de sa vie, il publie également plusieurs volumes de souvenirs. Il meurt à Paris le 24 avril 1842. Il repose sous une colonne, à côté de Joseph Henri Flacon Rochelle dit Philidor Rochelle (1781-1834), avocat et auteur dramatique.

Œuvres :

Théâtre :

  • Pierre le Grand, comédie en 4 actes et en prose, mêlée de chants (musique d’André Grétry, Théâtre italien de Paris, 13 janvier 1790) ;
  • Jean-Jacques Rousseau à ses derniers moments, trait historique en un acte et en prose (Théâtre italien de Paris, 31 décembre 1790) ;
  • Léonore, ou l’Amour conjugal, fait historique en 2 actes et en prose mêlée de chants (musique de Pierre Gaveaux, Paris, Théâtre des Grands Danseurs, 1er octobre 1794) ;
  • La Mort de Turenne, pièce historique et militaire à grand spectacle, en 3 actes, mêlée de pantomimes, combats et évolutions (avec Jean Guillaume Antoine Cuvelier, Paris, Théâtre de la Cité, 11 juin 1797) ;
  • René Descartes, trait historique en 2 actes et en prose (Paris, Théâtre-Français, 20 septembre 1796) ;
  • La Famille américaine, comédie en un acte et en prose, mêlée de chants (musique de Nicolas Dalayrac, Théâtre italien de Paris, 17 février 1796) ;
  • Le Tombeau de Turenne, ou l’Armée du Rhin à Saspach, fait historique en un acte, mêlé de vaudevilles, pantomimes, danses et évolutions militaires (avec Jean-Guillaume-Antoine Cuvelier et Hector Chaussier, Paris, Palais des Variétés, 8 janvier 1799) ;
  • L’Abbé de L’Epée, comédie historique en 5 actes et en prose (Paris, Théâtre-Français, 14 décembre 1799) ;
  • Téniers, comédie en 1 acte et en prose, mêlée de vaudevilles (avec Joseph Marie Pain, Paris, Théâtre du Vaudeville, 18 octobre 1800) ;
  • Florian, comédie en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles (avec Joseph Marie Pain, Paris, Théâtre du Vaudeville, 18 décembre 1800) ;
  • Berquin, ou l’Ami des enfants, comédie en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles (avec Joseph Marie Pain, Paris, Théâtre du Vaudeville, 7 décembre 1801) ;
  • Fanchon la vielleuse, comédie en 3 actes, mêlée de vaudevilles (avec Joseph Marie Pain, Paris, Théâtre du Vaudeville, 16 janvier 1803) ;
  • Madame de Sévigné, comédie en 3 actes et en prose (Paris, Théâtre-Français, 6 juin 1805) ;
  • Les français dans le Tyrol, fait historique, en 1 acte et en prose (Paris, Théâtre-Français, 1er février 1806) ;
  • Agnès Sorel, comédie en trois actes mêlée de vaudevilles (avec Emmanuel Dupaty, Paris, Théâtre du Vaudeville, 9 avril 1806) ;
  • Haine aux femmes, comédie en 1 acte, mêlée de vaudevilles (Paris, Théâtre du Vaudeville, 23 février 1808) ;
  • Le Petit courrier, ou Comme les femmes se vengent, comédie en 2 actes, en prose, mêlée de vaudevilles (avec Charles François Jean-Baptiste Moreau de Commagny, Paris, Théâtre du Vaudeville, 20 avril 1809) ;
  • La Vieillesse de Piron, comédie en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles (avec Joseph Marie Pain, Paris, Théâtre du Vaudeville, 9 avril 1810) ;
  • La Belle au bois dormant, féérie-vaudeville en 2 actes (avec Théophile Marion Dumersan, Paris, Théâtre du Vaudeville, 20 février 1811) ;
  • Robert le diable, comédie en 2 actes, mêlée de vaudevilles (avec Théophile Marion Dumersan, Paris, Théâtre du Vaudeville, 31 décembre 1812) ;
  • Le Bandeau, comédie-vaudeville en 1 acte (avec Louis-Émile Vanderburch, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, 21 mai 1832) ;
  • Guido Reni, ou les Artistes, drame en 5 actes (avec Antony Béraud, Paris, Comédie Française, 6 février 1833).

Opéras :

  • Les Deux Journées, comédie lyrique en 3 actes (musique de Luigi Cherubini, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 15 janvier 1800) ;
  • Zoé, ou la Pauvre Petite, opéra en un acte (musique de Charles Henri Plantade, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 3 juillet 1800) ;
  • Une Folie, comédie en 2 actes, mêlée de chants (musique de Étienne Nicolas Méhul, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 4 avril 1802) ;
  • Héléna, opéra en 3 actes (musique de Étienne Nicolas Méhul, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 1er mars 1803) ;
  • Le Désastre de Lisbonne, drame héroïque en 3 actes, en prose, mêlé de danse et de pantomime (musique de Alexandre Piccinni, Paris, Théâtre de la Porte Saint-Martin, 24 novembre 1804) ;
  • L’Intrigue aux fenêtres, opéra bouffon en 1 acte (avec Emmanuel Dupaty, musique de Nicolas Isouard, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 25 février 1805) ;
  • Françoise de Foix, opéra-comique en 3 actes (avec Emmanuel Dupaty, musique de Henri Montan Berton, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 28 janvier 1809) ;
  • Le Séjour militaire, opéra-comique en 1 acte (musique de Daniel Auber, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 27 février 1813) ;
  • Le Prince en goguette, ou la Faute et la leçon, comédie en 2 actes et en prose, mêlée de couplets (musique de Marc Antoine Désaugiers, Paris, Théâtre du Vaudeville, 21 avril 1817) ;
  • Les Jeux floraux, opéra en 3 actes (musique de Pamphile Léopold François Aimon, Paris, Académie royale de musique, 16 novembre 1818) ;
  • Valentine de Milan, drame lyrique en 3 actes (musique posthume de Étienne Nicolas Méhul, partition terminée par Joseph Daussoigne, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 28 novembre 1822) ;
  • Les Deux Nuits, opéra-comique en 3 actes (avec Eugène Scribe, musique de François Adrien Boieldieu, Paris, Théâtre de l’Opéra-Comique, 20 mai 1829).

Contes :

  • Causeries d’un vieillard (1807) ;
  • Contes à ma fille (1809) ;
  • Conseils à ma fille (1811) ;
  • Les Jeunes Femmes (2 vol., 1817) ;
  • Annales de la jeunesse (avec M. et Mme Hyacinthe Azaïs, de Rougemont et Lefebvre, 1817) ;
  • Les Encouragements de la jeunesse (1817) ;
  • Les Mères de famille (2 vol., 1823) ;
  • Contes offerts aux enfants de France (2 vol., 1824-1825) ;
  • Contes à mes petites amies, ou Trois Mois en Touraine (1827) ;
  • Le Portefeuille de la jeunesse, ou la Morale et l’histoire enseignées par des exemples, précédé d’un discours sur l’ensemble de l’ouvrage (20 vol., 1829-1831) ;
  • Contes populaires (1830) ;
  • Les Adieux du vieux conteur (1835) ;
  • Alfred et Nathalie, ou les Coupables supposés (1836) ;
  • Nouvelles Causeries d’un vieillard (1838) ;
  • La Discrétion (1846) ;
  • Petits Contes d’une mère à ses enfants (1846) ;
  • Nouveaux conseils à ma fille (1877) ;
  • Contes moraux pour les jeunes élèves (1883) ;
  • Geneviève et Marcelin, ou les Jumeaux de la Beauce ; La Charrette à bras (1884) ;
  • Le Dévouement filial, ou la Chanteuse volée (1884) ;
  • La Petite Gouvernante, suivie d’autres épisodes (1885) ;
  • Causeries pour la jeunesse (1886) ;
  • Causeries et nouvelles causeries.

Divers :

  • Mes Récapitulations (3 vol., 1836-1837) ;
  • Explication des douze écussons qui représentent les emblèmes et les symboles des douze grades philosophiques du rite écossais dit ancien et accepté (1837) ;
  • Nouvelles Récapitulations (1838) ;
  • Soixante ans du Théâtre-Français, par un amateur, né en 1769 (1842) ;
  • Le Vieux Glaneur, ou de Tout un peu, poésies, s. d.

Sources : Carré de Busserolle (Jacques Xavier ) Dictionnaire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire et de l’ancienne province de Touraine, Société archéologique de Touraine, Tours, t. 1, 1878, p. 332 ; Le Bas (Philippe) L’Univers, France Dictionnaire encyclopédique, Paris, Firmin Didot, vol. III, 1841, p. 181. Date de création : 2010-07-09.

Monument


Date de la dernière mise à jour : 26 août 2021