GRETRY André Ernest Modeste (1741-1813)
Belgique

portrait par Elisabeth Vigée-Lebrun, 1785 - Château de Versailles
Compositeur belge, auteur de Richard Cœur-de-Lion

Compositeur prolixe très célèbre en son temps, aujourd’hui bien oublié sinon de quelques amateurs éclairés, André Ernest Modeste Grétry voit le jour en 1741. Son père est violoniste en l’église Saint-Martin de Liège, puis en celle de Saint-Denis, dans la même ville. Il est enfant de chœur à l’âge de neuf ans. Il se plaint dans ses mémoires de la sévérité de son premier maître de chant, Wenick. Il prend des cours de clavecin et de composition avec Nicolas Rennekin, organiste, puis avec Henri Moreau, maître de musique à la collégiale Saint Paul.

C’est avec beaucoup d’intérêt qu’il découvre la musique de la Comédie Italienne de Liège. Titulaire d’une bourse, il part faire ses études au Collège d’Archis à Rome au printemps 1760. Il a alors déjà écrit une messe et un motet. Il reprend, avec Casali, maître de chapelle de San Giovanni in Laterano de Rome, ses études musicales. Il compose alors un «confiteor», puis en 1765 un «intermezzo», la «Vendémiatrice». Il part ensuite en Suisse où il donne des cours de composition.

Il gagne Paris en 1767, fasciné par Pergolèse, Buranello, Vinci, Piccinni et Terradellas. Grétry étudie la prosologie de la langue française à la comédie comme le fit également Lulli. Il écrit deux à trois opéras par an. Les œuvres de Grétry sont jouées dans toute l’Europe. En 1774, la Reine Marie-Antoinette en fait son directeur de musique.

En 1784, il obtient un succès certain et durable avec son opéra Richard Cœur-de-Lion. On jouera cet opéra pendant tout le 19ème siècle. L’air Ô Richard, Ô Mon Roy deviendra l’hymne royaliste pendant la Révolution, entonné par les Gardes du Corps et le régiment de Flandre devant la famille royale, à l’Opéra de Versailles, cause directe de la marche des Parisiennes sur le palais de Versailles. C’est cet air que choisit Vautrin pour prévenir Eugène de Rastignac qu’il veille sur lui dans Le Père Goriot d’Honoré de Balzac. L’air Je sens mon cœur qui bat qui bat / Je ne sais pas pourquoi est repris dans La Dame de pique de Tchaïkovski, par le personnage de la Comtesse, qui évoque ainsi sa jeunesse enfuie !

Après la révolution, il est avec Méhul et Gossec représentant de la musique dans les classes des Beaux-Arts. En 1797, il publie les trois volumes de ses «mémoires», en 1801 des réflexions «Ce que nous fûmes, ce que nous sommes», puis en 1802, une «Méthode pour apprendre à préluder» et les «réflexions d’un solitaire» en huit volumes. A son décès, des obsèques nationales sont ordonnées. Son cœur repose à Liège, sa ville natale.

Ecouter Richard Cœur-de-Lion.

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (18 décembre 1803). Hommages : Une rue proche de l’Opéra Garnier, à Paris, porte son nom.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2005-09-11.

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Monument

La concession à perpétuité est entretenue gratuitement par la ville de Paris. La sépulture est surmontée du buste de Grétry en bronze signé par Jean Jacques Flatters mais non daté.

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Date de la dernière mise à jour : 16 février 2021