BOSQUILLON Edouard (1744-1814)
France

gravure par A. de Saint Aubin d'après J.B. Isabey, 1798

Édouard François Marie Bosquillon voit le jour à Montdidier (Somme), le 20 mars 1744. Né d’un père docteur de la faculté de médecine de Reims, il entre à l’âge de onze ans chez les jésuites à Paris, où il se distingue en grec. Il poursuit des études de philosophie à l’université de Paris et est reçu maître ès arts en 1762. Il fait ensuite des études de médecine et, après deux concours, obtint sa réception gratuite.

Il devint docteur-régent et professeur de chirurgie de la faculté de médecine de Paris et exerce à l’Hôtel-Dieu. En 1775, sa connaissance de la langue grecque lui vaut d’entrer comme professeur au Collège royal, où il donne plusieurs séries de cours sur Homère et Hippocrate. Il fait paraître en 1784 une édition grecque et latine des Aphorismes et pronostics d’Hippocrate, dont il publie également vers la fin de sa vie une traduction en français. Il prépare, en outre, plusieurs éditions d’ouvrages médicaux d’autres auteurs grecs, dont certaines sont publiées sous forme de dissertations ou de mémoires.

Il se fait connaître aussi pour ses traductions de six ouvrages de deux médecins écossais, William Cullen et Benjamin Bell, dont notamment les Éléments de médecine pratique de Cullen et le Traité des ulcères de Bell, qui sont tous deux considérés comme des classiques de la médecine du XVIIIe siècle. En tant que médecin praticien, Bosquillon se distingue surtout par une hardiesse peu commune dans l’emploi de la saignée, dont il fait la base du traitement de la plupart des maladies, ainsi que par ses opinions paradoxales.

Il nie notoirement l’existence du virus de la rage et soutient que cette maladie n’est contagieuse que par l’influence de la terreur qui saisit les personnes mordues par un animal enragé. « Quelque absurde, écrit-il, que puisse paraître l’opinion que je propose, je ne doute nullement qu’en prenant toutes les précautions convenables pour inspirer à nos enfants une entière sécurité à l’égard de la rage, on ne parvienne un jour à anéantir cette maladie, au point que son existence paraîtra aussi incroyable à nos arrière-neveux que celle des sorcières et des revenants ».

Il décède à Paris le 21 novembre 1814. Il repose avec son épouse Marie Naudin (1759-1817) qui lègue une somme considérable pour la construction de la chapelle du Père Lachaise.

Traductions : William Cullen : Physiologie (1785) William Cullen : Éléments de médecine pratique (2 volumes, 1785-1787) Benjamin Bell : Traité théorique et pratique des ulcères, suivi d’une dissertation sur les tumeurs blanches des articulations et précédé d’un Essai sur le traitement chirurgical de l’inflammation et de ses suites (1788) William Cullen : Traité de matière médicale (2 volumes, 1789-1790) ; Benjamin Bell : Cours complet de chirurgie théorique et pratique (6 volumes, 1796) Benjamin Bell : Traité de la gonorrhée virulente et de la maladie vénérienne (2 volumes, 1802) Hippocrate : Aphorismes et pronostics (1814) Mémoire sur les causes de l’hydrophobie, connue sous le nom de rage, et sur les moyens d’anéantir cette maladie, Gabon, Paris, 1802. Cité dans le Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne.

Sources : Dubois (Philippe) Notice nécrologique sur la vie et les écrits du docteur Bosquillon, in Journal général de médecine, de chirurgie et de pharmacie, ou Recueil périodique de la Société de médecine de Paris, t. LIX, septembre-octobre 1815, p. 183-191 ; Dezeimeris (Jean Eugène), Ollivier (Charles Prosper), Raige-Delorme (Jacques) Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, Béchet, Paris, t. I, 2e partie, 1831, p. 475-478 ; Dechambre (Amédée) puis Lereboullet (L.) Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Masson et Asselin puis Asselin et Houzeau, Paris, 1869-1885, vol. X, p. 106. Date de création : 2014-03-20.

Photos

Monument

La concession à perpétuité est entretenue gratuitement par la ville de Paris. La pierre calcaire du monument s’est mal conservée et celui-ci s’est bien dégradé, mais il était célèbre à sa création, au point que le chemin proche s’appelait alors « chemin de Bosquillon ». Il est devenu « chemin Méhul » plus tard. Ce monument apparait dans l’ouvrage de François Gabriel Théodore Busset de Jolimont « Les mausolées », en 1821.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 25 février 2021