COGNIET Léon (1794-1880)
France

Autoportrait, 1818 - Musée des Beaux-Arts, Orleans (Loiret)

Né à Paris, le 29 aout 1749 de Joseph Cogniet, artiste dessinateur de papiers peints, et de Marguerite Métuel, fille d’artisans fortunés, Léon Cogniet entre en 1812 à l’École des beaux-arts de Paris où il est l’élève de Pierre Narcisse Guérin qui déclare dans une lettre à Léon Cogniet : « Croyez-bien que j’ai été votre ami plus encore que votre maître ».

Dans l’atelier de Guérin, il rencontre Eugène Delacroix, Théodore Géricault, Jean Alaux et Ary Scheffer. Il fréquente également l’atelier de Jean-Victor Bertin. En 1814, il reçoit le prix de perspective. En 1815, le prix du Torse lui ouvre les portes du concours pour le prix de Rome. Il s’y présente en 1815, peignant Briséis pleurant Patrocle, et y est reçu deuxième prix.

Il retente le concours l’année suivante. Après un échec, en 1816, avec Œnone refusant de secourir Pâris blessé, son Hélène délivrée par Castor et Pollux lui vaut le prix de Rome en 1817. La même année, il débute au Salon. Il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1817 à 1822. C’est un ami de Théodore Géricault.

Avant de partir en Italie, il réalise les portraits de son père, de sa mère et de sa sœur Marie-Amélie et son autoportrait. À Rome, Cogniet découvre et pratique le paysage dans l’esprit de Pierre Henri de Valenciennes. Il rencontre François Marius Granet. Conformément au règlement de l’époque, Leon Cogniet réalise une copie d’après un marbre antique et doit envoyer à Paris un grand tableau d’histoire : Marius sur les Ruines de Carthage (1824) qui est présenté au Salon avec Scènes de massacre des Innocents (1824). Les deux toiles de Léon Cogniet obtiennent un franc succès, la première est vendue au roi et la seconde au banquier Laffitte.

Célèbre, Cogniet présente au Salon des toiles romantiques au thème surprenant comme, en 1827, Une Femme du pays des Esquimaux (Cleveland Museum of Art) ou, en 1828, l’Enlèvement de Rebecca d’après le roman de Walter Scott (Wallace Collection, Londres). Il présente également des scènes de guerre napoléoniennes, Scène Militaire, Guerre d’Espagne ou Scène Militaire, campagne de Russie, ou encore Le général Foy au combat d’Orthez le  (musée des beaux-arts d’Orléans).

En 1827, il réalise une série de peintures sur la vie de saint Étienne pour l’église Saint-Nicolas-des-Champs de Paris. Il peint pour le Conseil d’État son Numa Pompilius donnant les lois à Rome (musée de Montbéliard). En 1830, Cogniet s’engage dans les journées des Trois Glorieuses qui voit la prise de pouvoir de Louis-Philippe.

Il peint les Drapeaux (musée des beaux-arts d’Orléans), drapeaux royalistes couverts du sang des héros morts pour la liberté, sur le ciel bleu, mais également Courage et Humanité qui est présenté au Salon de 1831, à côté de La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. À partir de cette date, les deux amis semblent se séparer.

Coignet soutient la Pologne envahie par le tsar Nicolas 1er. Le nouveau monarque Louis-Philippe 1er lui commande quatre toiles (aujourd’hui disparues) pour décorer l’Hôtel de Ville de Paris. Puis Cogniet peint L’Expédition d’Égypte sous les ordres de Bonaparte pour l’un des plafonds du palais du Louvre entre 1833-1835, toile où l’on distingue à peine Napoléon entouré de savants et d’artistes à l’ombre d’une tente.

En 1834, Cogniet reçoit commande de La Garde Nationale de Paris part pour l’armée en , pour le château de Versailles. En 1836, il reçoit la commande Les Saintes Femmes au tombeau pour l’église de la Madeleine. Cogniet se fait aider, entre autres, par ses élèves Félix Philippoteaux et Karl Girardet pour réaliser ses tableaux historiques. Son plus grand succès lui vient en 1843 avec Le Tintoret peignant sa fille morte, présenté au Salon de la même année.

Après quoi Léon Cogniet ne peint plus que des portraits, dont de nombreux portraits officiels, du roi Charles X, du général Nicolas Joseph Maison, du roi Louis-Philippe, d’Eugénie Louise Adélaïde d’Orléans, sœur du roi, de Léopold II, de George Washington ou de Jean-François Champollion… mais aussi de nombreux portraits mondains comme ceux d’Armand de Polignac (1847), de la comtesse de Noailles (1846), de la duchesse d’Uzès, et celui de la veuve Clicquot (1851-1861), propriétaire des fameux champagnes.

À partir de 1843, n’exposant que rarement au Salon, Léon Cogniet se consacre essentiellement à l’enseignement dont il est une des figures les plus importantes du XIXème siècle. Il est professeur de dessin au lycée Louis-le-Grand de 1831 à 1876, où il a pour élève Edgar Degas, et à l’École polytechnique de 1847 à 1861. En 1849, Léon Cogniet est élu membre de l’Institut. Il est nommé professeur de peinture à l’École des beaux-arts de Paris en 1851. Il en démissionne en 1863 après avoir enseigné à plusieurs générations d’artistes.

Léon Coignet s’intéresse autant à la peinture qu’à la sculpture. Il collectionne les œuvres de ses élèves, comme Jean-Louis-Ernest Meissonnier ou Léon Bonnat. Une de ses élèves, Catherine Caroline Thévenin (1813-1892), devient sa femme en 1865.

En 1859, il reçoit une nouvelle commande pour l’hôtel de ville de Paris (incendié en 1871) dont il ne reste qu’une esquisse au Petit-Palais à Paris. À partir de 1865, il reprend la pratique du paysage en Normandie ou en Picardie.  Il meurt dans le 10e arrondissement de Paris le 

Œuvres, dans les collections publiques en France :

    • Bordeaux, Musée des beaux-arts : Le Tintoret peignant sa fille morte (1843).
    • Chartres, Musée des beaux-arts : Métabus, roi des Volsques (1821).
    • Fécamp, Palais Bénédictine : Œnone refusant de secourir Pâris blessé (1816).
    • Orléans, Musée des beaux-arts :
      • Briséis pleurant Patrocle (1815) ;
      • Marie-Amélie Cogniet (1816) ;
      • Nymphe chasseresse (vers 1817) ;
      • L’Artiste dessinant à la Villa Médicis (vers 1822) ;
      • Têtes de femme et d’enfant (vers 1824), étude pour la Scène du massacre des Innocents ;
      • Scène de  ou Les Drapeaux (1830).
    • Paris :
      • église Saint-Nicolas-des-Champs : cycle de peintures sur la vie de Saint Étienne, dont Saint-Étienne portant secours à une famille pauvre (1827).
      • Musée du Louvre :
      • Musée de l’Armée : Maréchal Maison (1831).
    • Rennes, Musée des beaux-arts: Scène du Massacre des Innocents (1824).
    • Toulouse, Musée des Augustins : Marius sur les ruines de Carthage (1824).
    • Versailles, Musée de l’Histoire de France : La Garde nationale de Paris part pour l’armée,  (1836).

Distinctions : chevalier (1 novembre 1851), officier (26 novembre 1867) de la Légion d’honneur, ordre de Léopold de Belgique.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création :2008-03-05.

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Date de la dernière mise à jour : 27 août 2021