Emmanuel-Joseph Sieyès, souvent appelé l’« abbé Sieyès » voit le jour le 3 mai 1748, à Fréjus (Var). C’est le fils d’Honoré Sieyès (1700-1782), receveur des droits royaux et maître de poste de Fréjus, et d’Anne Angles. C’est aussi le frère de Joseph Barthélémy Sieyès (1744-1830), membre de l’assemblée constituante. et de Joseph Honoré Léonce Sieyès (1751-1830).
Il fait ses études à Draguignan puis au séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Ordonné prêtre en 1774, il devient chanoine de Tréguier et aumônier de Madame Sophie, tante de Louis XVI. En 1783, il passe vicaire général de Chartres.
Proche des idées nouvelles du siècle des Lumières, il devient célèbre dès 1788 par son Essai sur les privilèges. Puis, en 1789, il lance un opuscule, «Qu’est-ce que le Tiers Etat?» qui lui confère immédiatement une grande popularité. Elu député du Tiers par les parisiens après son éviction par l’ordre du clergé, il joue un rôle déterminant dans la mutation des Etats Généraux en Assemblée Nationale et dans l’opposition au roi Louis XVI, rôle qu’il perdra très vite.
Le 4 août, il est contre la suppression de la dîme, impôt dévolu à l’église. Par la suite, il accepte la nationalisation des biens du clergé que si l’état subvient au traitement des prêtres, à l’entretien des écoles, des hôpitaux et des établissements de charité.
Élu président de l’assemblée en juin 1790, il travaille à la rédaction de la constitution. Il est aussi membre de la société des Amis des Noirs, fondée par Jacques Pierre Brissot, qui milite pour l’abolition progressive de l’esclavage. En septembre 1792, il se fait élire député à la convention nationale. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort.
Durant la période de la Terreur, il cesse de s’exprimer à la Convention. Mais Robespierre lui est hostile et l’appelle « la taupe de la Révolution ». Il ne prend pas part à la chute de Robespierre. Puis, en mars 1795, il se fait élire membre du Comité de Salut public et en avril, président de la Convention.
Après l’adoption de la nouvelle constitution, il devient professeur d’économie politique à l’École centrale de Paris, puis membre de l’Institut, à sa création. Il est élu président Conseil des Cinq-Cents en novembre 1796. Puis le Directoire le nomme ambassadeur à Berlin, en mai 1798. Réélu député dans l’Indre-et-Loire en avril 1799, il entre, en mai, au Directoire.
Soucieux de fomenter un coup d’état qui assurerait le pouvoir civil avec le soutien des militaires, il prépare avec Bonaparte le 18 brumaire qui lui donne le titre de consul provisoire. Mais son projet de constitution de l’an VIII déplaît au premier consul qui l’écarte du pouvoir. Il est pourtant président du Sénat en 1800.
Absent de la séance du Sénat qui proclame la déchéance de Napoléon, le 3 avril 1814, il reste à l’écart durant la Première Restauration. Créé pair de France pendant les Cent Jours sans avoir formellement adhéré à la Restauration, il choisit de se fixer à Bruxelles. Il ne rentre en France qu’en 1830, à la faveur de la révolution de Juillet.
Contrairement à Cambacérès, il reste discret toute sa vie sur ses affinités électives. Il meurt le 20 juin 1836, à Paris, à l’âge de 88 ans, et est inhumé le 22 juin.
Titres : comte de l’Empire (mai 1808).
Sources : Wikipedia. Date de création : 2005-07-08.
