PRONY, Gaspard Clair François Marie RICHE, baron de (1755-1839)
France

Directeur de l'Ecole des Ponts et Chaussées pendant 41 ans

Gaspard Clair François Marie Riche voit le jour à Chamelet (Rhône), le 22 juillet 1755. Il étudie les mathématiques et réussit le concours des ponts et chaussées, le 5 avril 1776.

Prony exerce d’abord diverses missions en province, notamment la campagne des Sables-d’Olonne en 1779. Celle ci lui vaut le brevet de sous-ingénieur. En mai 1782, il épouse Marie de La Poix de Fréminville, parente du général Camus. Poétesse, musicienne, elle fait de son salon l’un des plus courus de la capitale sous le Consulat et l’Empire.

En 1783, le ministre Calonne l’appelle à Paris, pour aider Jean Rodolphe Perronet, directeur de l’École des ponts et chaussées. Prony se pose en défenseur du pont de Neuilly quand cette construction de Perronet fait l’objet de critiques à l’académie. Gaspard Monge lui témoigne sa satisfaction. Il l’initie lui-même à la théorie des courbes enveloppes et des équations aux dérivées partielles.

C’est Prony qui a la part principale à la restauration du port de Dunkerque en 1785. Il fait alors un voyage en Angleterre, d’où il rapporte des observations sur les méthodes géodésiques et topographiques.

Il fait partie de ceux qui font les études pour le pont Louis XVI à Paris. Celles ci terminées, on lui en confie la construction avec le brevet d’inspecteur, le 23 mars 1787. Il travaille encore quatre ans aux côtés de Perronet, cumulant les avantages de sa position à l’école et les appointements d’inspecteur.

Le 21 août 1791, nommé ingénieur en chef du département des Pyrénées-Orientales, il met tout en œuvre pour éviter de quitter Paris. L’Assemblée constituante vote le cadastre général de la France. Il obtient sa nomination de directeur du cadastre, effective le 6 octobre 1791. Il en pose largement les bases, mais trop lentement aux yeux de ceux qui voient dans le cadastre le moyen d’asseoir l’impôt foncier.

Parallèlement aux travaux du cadastre, à partir de 1793, il fait confectionner des grandes tables de logarithmes à 14, 19, 25 et 29 décimales. Ces tables l’emportent sur toutes celles qui existent alors, imprimées ou manuscrites. Toutefois, le gouvernement révolutionnaire, puis le Directoire, n’a pas les moyens d’imprimer ces tables. Celles ci resteront manuscrites à l’Observatoire de Paris et à l’Institut de France et serviront ensuite aux calculs astronomiques.

En 1794, il s’implique aux côtés de Monge dans la création de l’École polytechnique. Quoique Joseph Louis Lagrange et Prony y soient chargés en commun de l’enseignement de la mécanique, c’est Prony qui occupe le plus souvent la chaire.

Les cours qu’il fait deviendront une série d’ouvrages auxquels la formation professionnelle au 19ème siècle (Écoles centrales, Arts et Métiers) empruntera beaucoup. Vers le même temps, l’Académie des sciences est reconstituée comme partie de l’Institut. Prony en est nommé membre dès l’origine, puis, il en devient secrétaire, puis président. Il est aussi avec Cuvier et Vicq d’Azyr un des premiers fondateurs de la Société philomathique de Paris.

L’assainissement des Marais Pontins

Foyer notoire de paludisme, c’est déjà un défi ancien pour les ingénieurs lorsque Prony décide de s’y consacrer. En 1797, Bonaparte revient de la campagne d’Italie et se plait à paraître à l’Institut. Joséphine de Beauharnais reçoit Madame de Prony, que la naissance et l’éducation ont toujours tenue en relation avec la noblesse.

En 1798, à la mort d’Antoine Chézy, Prony est nommé directeur de l’École des ponts et chaussées. Il le restera jusqu’à sa mort, soit pendant 41 ans. En août 1808, il visite la Vendée pour étudier les mesures à prendre pour assécher les marais poitevins, pour canaliser la Sèvre et pour améliorer les ports.

Napoléon le charge de semblables missions en Italie. Prony fait alors trois voyages : le premier en 1805, pour inspecter le cours du Pô et pour exécuter plusieurs travaux au port de Gênes et au golfe de La Spezia, le second en 1806, pour l’amélioration des ports d’Ancône, de Venise et de Pola, le troisième en 1810 et 1811, pour l’assainissement des marais pontins.

Lors de sa première expédition, accompagné d’un officier du génie, il traverse le Pô et voyage dans les anciennes provinces vénitiennes et à Venise. Là, la police autrichienne l’arrête et le soupçonne d’activités de renseignement. Après un minutieux interrogatoire, les deux Français sont mis aux arrêts (10 juillet 1805). Bonaparte, furieux, fait arrêter un conseiller aulique de Vienne qui se trouve à Paris, et il ne le relâche qu’à l’annonce de la relaxe de Prony.

Prony, pendant son dernier voyage en Italie, poursuit ses études sur l’assèchement des marais pontins et recueille une masse considérable de documents. Son projet lui vaut une médaille d’or du pape Léon XII, en 1812, mais les difficultés financières du gouvernement impérial ne permettent plus d’envisager l’exécution de ses plans.

Le retour des Bourbons n’afflige pas profondément Prony. S’il garde la direction de l’École des ponts et chaussées, il doit en revanche céder sa place de professeur à l’École polytechnique.

Il remplit accomplit diverses missions, pendant la Restauration, dont l’inspection de 1827, dans le département du Rhône, pour éviter l’impact sur la contrée des crues du fleuve. Il propose des remèdes avec des dépenses si fortes que le département, le gouvernement et les villes y renoncent.

La Monarchie de juillet le nomme en 1835, pair de France, baron de Prony. Il tient ce nom de la seigneurie de Prony, à Oingt (Rhône). Prony s’intéresse à beaucoup de domaines scientifiques. Il publie notamment, en 1832, un traité sur les intervalles musicaux, peut-être influencé par sa femme, et crée une unité d’intervalle qui porte son nom, le prony.

Prony développe également un mécanisme pour la machine à vapeur, appelé frein de Prony. Celui ci est utilisé lors d’un essai à Paris pour une machine destinée à fournir de l’eau à certains quartiers de la rive gauche. Au commencement de 1839, sa santé donne de graves inquiétudes. Il demeure alors à l’hôtel de Carnavalet, où se trouve l’École royale des ponts et chaussées.

C’est là qu’il combine ses dernières équations et qu’il compose plusieurs articles de la Biographe Universelle reprise plus tard par Louis Gabriel Michaud. Il meurt le 29 juillet 1839, à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Publications : 

  • Exposition d’une méthode pour construire les équations déterminées qui se rapportent aux sections coniques, à l’usage des ponts et chaussées, Paris (1790) ;
  • Mécanique philosophique, ou analyse des diverses parties de la science de l’équilibre et du mouvement, Paris (1800) ;
  • Analyse du système du monde de Laplace, Paris (1801) ;
  • Analyse raisonnée du cours de mécanique de M. Prony, Paris (1801) ;
  • Rapport sur le mémoire de Ducros sur les quantités d’eau qu’exigent les canaux de navigation, Paris (1801) ;
  • Rapport sur les expériences faites avec un instrument français et un instrument anglais, pour déterminer le rapport du mètre et du pied anglais, et pour comparer entre eux les étalons originaux des mesures appartenant à l’Institut national de France (1802) ;
  • Recherches physico-mathématiques sur la théorie des eaux courantes, Paris (1804).
  • Mémoire sur le calcul des longitudes et des latitudes, Paris (1806) ;
  • Sommaire des lois sur le mouvement des corps solides, l’équilibre et le mouvement des fluides, donnés à l’école polytechnique, Paris (1809) ;
  • Leçons de mécanique analytique données à l’école royale polytechnique, Paris (1815) ;
  • Description hydrographique et historique des marais Pontins, Paris (1815) ;
  • Nouvelle méthode trigonométrique, Paris (1823) ;
  • Notice sur les grandes tables logarithmiques et trigonométriques adaptées au nouveau système métrique et décimal, Paris (1824) ;
  • Résumé de la théorie des formules fondamentales relatives au mouvement de l’eau dans les tuyaux et les canaux, Paris (1825).

Titres : baron (25 juin 1828). Distinctions : officier (5 août 1814), commandeur de la Légion d’honneur (24 aout 1833), chevalier de l’ordre de Saint-Michel (1816).

Hommages : Son nom est inscrit sur la tour Eiffel. Une rue, la rue de Prony, porte son nom dans le 17e arrondissement de Paris. Le lycée professionnel d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) porte son nom. L’école d’Orningt, dans le Beaujolais, porte son nom depuis le 6 novembre 2010, jour de son inauguration : « École Gaspard-Riche-de-Prony ». Une unité d’écart de fréquence en musique porte son nom, le « prony ». Un mécanisme de frein  pour la machine à vapeur est appelé « frein de Prony ».

Un grand merci à Hanna Budzynska pour les informations concernant la restauration du monument.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2015-07-22.

Monument

L’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées a restauré le monument, en 1997.

Inscriptions :

Riche de PRONY, né le 22 juillet 1755, à Chamelet, depment du Rhône, décédé le 29 juillet 1839, à Asnières, depment de la Seine. Pair de France, membre de l’Institut, commandeur de la légion d’honneur.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 17 septembre 2022