LE SUEUR Jean François (1760-1837)
France

Intendant de la musique du Roi

Jean François Le Sueur est né à Abbeville en 1760. Dès son plus jeune âge, il est enfant de cœur à la collégiale d’Abbeville, puis ensuite à la cathédrale d’Amiens, où il suit ses études au collège. En 1778, il obtient le poste de maître de chapelle de la cathédrale Saint Gervais de Sées. Il conserve ce poste six mois. Avec l’abbé Nicolas Roze (1745-1819) il étudie l’harmonie. Ce dernier l’emploie comme sous-maître. En 1779, il dirige la maîtrise de la cathédrale de Dijon, celle du Mans en 1782, celle de Saint-Martin de Tours en 1783.

Enfin, il succède à l’abbé Nicolas Roze aux Saints-Innocents de Paris. Il est choisi en 1786, au poste de maître de chapelle de Notre-Dame de Paris. Pour le jour de l’Assomption, il ajoute «de la symphonie» à sa musique habituelle. Le succès est énorme. Le Sueur emploie alors l’orchestre pour les fêtes de Pâques, de la Pentecôte et de Noël. Tout ceci provoque des discutions parmi les ecclésiastiques. Il publie son «Exposé d’une Musique une, imitative et particulière à chaque solennité», en 1787.

Il se rend à Londres où il séjourne quelques temps, à son retour, il est licencié pour avoir abandonné son poste. Il réside, de 1788 à 1792, chez le chanoine Bochard de Champigny. Le chanoine décède en 1792, Lesueur doit quitter sa retraite. En 1793, il crée l’Opéra La Caverne ou le Repentir, qui est donné pendant plus de quatorze mois de suite, avec plus de cent représentations. Il donne en 1794, «Paul est Virginie ou le Triomphe de la vertu», d’après l’œuvre de Bernardin de Saint Pierre, et en 1796, «Télémaque dans l’île de Calypso ou le Triomphe de la sagesse».

En 1795, il est élu membre de la Commission des études, et inspecteur au Conservatoire. Il rédige, la même année en compagnie de Méhul, Langlé, Gossec et Catel, «Les Principes élémentaires de la Musique et des solfèges du Conservatoire». Mais, il se brouille avec le Conservatoire en raison d’un conflit avec Catel pour lequel l’Opéra a une préférence. Il est destitué de son poste d’inspecteur. En 1804, Paisiello, maître de la chapelle des Tuileries, souhaite retourner en Italie. Le Sueur est nommé à sa place.

Il écrit un Opéra : «Ossian» (ou les Bardes) qui triomphe à l’Opéra et remporte un succès extraordinaire. Il crée ensuite «La Mort d’Adam». Pour le couronnement de l’Empereur Napoléon, il écrit une marche triomphale et dirige à Notre-Dame de Paris une messe de Paisiello, et un «Vivat» de l’abbé Roze. A la restauration, Le Sueur est nommé compositeur de la chapelle de la Cour et chef d’orchestre de l’Opéra. Il est membre de l’Institut le 27 mai 1815.

En 1818, il est professeur de la classe de composition au Conservatoire, parmi ses élèves citons : Hector Berlioz, Chrétien Urhan, Charles Gounod, Pierre Louis Philippe Dietsch, Henri Reber, Antoine Marmontel, Louis Désiré Besozzi, Louis Fanart, qui sera un jour maître de chapelle à Reims, Antoine Elwart, Jules Joseph Godefroy, Jean Baptiste Guiraud, Louis Schlösser, et Ambroise Thomas.

Parmi les œuvres qu’il nous a laissé, les Opéras «Tyrtée», «Artaxerxés, Alexandre à Babylone,» trente-trois messes oratorios et œuvres religieuses, «Deborah, Rachel, Ruth et Noémie, Ruth et Booz, l’Oratorio de Noël». Jean François Le Sueur est décédé à Paris en 1837.

Sources : -. Date de création : 2006-05-02.

Photos

Monument

La tombe était ornée d’un buste en bronze signé par Elshoëcht Jean-Jacques, dit Carl, et daté de 1831 mais qui a disparu. La plaque de marbre a été brisée. La stèle est décorée d’une lyre, ce qui est fréquent pour les musiciens de cette période, bas-relief d’une facture inconnue.

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Date de la dernière mise à jour : 16 février 2021