LEBLANC César Nicolas Louis (1787-1835)
France

Le pionnier du dessin industriel

César Nicolas Louis Leblanc nait le 8 juillet 1787 à Paris. C’est le second fils de Nicolas Leblanc, inventeur du procédé d’extraction de la soude du sel marin. Il est l’un des premiers élèves de l’école de dessin du Conservatoire des arts et métiers, où il étudie de 1804 à 1806 avant de travailler au cadastre. En 1812, il est graveur dessinateur et épouse, à Paris, Henriette Joséphine Catherine Henry, la fille d’un officier de cavalerie. En 1815, il entre au Conservatoire des arts et métiers en qualité de dessinateur, sa maîtrise de la gravure ayant joué en sa faveur.

Progressivement, il assume seul l’enseignement du dessin de machines, une spécialité dans laquelle il excelle. Leblanc est un pionnier du dessin technique : il enseigne aux élèves non seulement le dessin linéaire et la théorie des projections, de la perspective et des ombres, mais s’efforce de leur donner une méthode pour comprendre le fonctionnement d’une machine et l’articulation de ses différents éléments.

Dans le préambule de son Recueil des machines, instruments et appareils qui servent à l’économie rurale (1819), il explique sa méthode de dessin :

« Je m’attacherai à choisir l’aspect le plus convenable et le plus propre à donner une idée parfaite de la disposition générale de la machine, et j’ombrerai entièrement cette vue. Dans les autres figures, les parties cylindriques et celles qui n’ont pas l’angle seront légèrement ombrées. Les parties coupées seront exprimées par des hachures diagonales. Quant aux détails, ils seront autant que possible développés sur une échelle double afin qu’on les saisisse plus facilement et qu’à l’aide de l’échelle et du compas, on puisse trouver exactement chaque dimension. »

Synthèse de dix années d’enseignement, il publie en 1830, Choix de modèles appliqués à l’enseignement du dessin de machines avec un texte descriptif, ouvrage dans lequel il développe sa conception du dessin de machines. Il s’agit pour lui non seulement de dessiner des machines déjà réalisées, mais aussi de dessiner correctement des machines en projet. Ainsi les machines ou leurs détails ne sont pas côtés, mais l’échelle figure sur chaque planche et permet de retrouver les dimensions et de reproduire les machines.

Dans ses dessins, Leblanc privilégie le trait, ce qui leur donne une certaine sècheresse, mais facilite leur reproduction et donc leur diffusion. L’enseignement de Leblanc comporte une autre originalité, ses contacts avec les industriels et les constructeurs de machines, chez qui il se rend très fréquemment avec ses élèves pour effectuer sur place des levés de machines. Ce lien enrichit les collections du Conservatoire, qui se tient ainsi au courant des derniers procédés, à une époque où la priorité est de bien connaître les machines anglaises.

Cet enseignement attire alors des fils d’industriels, qui peuvent également acquérir au Conservatoire une formation théorique de haut niveau. Les dessins de machines de Leblanc connaissent un grand succès. A partir de 1824, il grave ainsi les planches de dessins du Bulletin de la Société d’encouragement de l’industrie nationale, puis les planches du journal L’Industriel. Il illustre de nombreux ouvrages techniques. Leblanc crée son propre atelier de dessin, dans lequel il fait travailler ses meilleurs élèves, comme Jacques Eugène Armengaud, et qui produit quantité de planches, toutes signées Leblanc, et dont il assure lui-même l’impression.

Leblanc décède, à 48 ans, le 23 novembre 1835, à Fontenay (Val-de-Marne). Après sa mort, sa veuve poursuit l’édition de ses travaux sous la signature « Vve Leblanc, qui devint V. Leblanc, ce qui est à l’origine d’une confusion quant au prénom de l’auteur, qui signait toujours ses dessins Leblanc.

Sources : André (Louis) César Nicolas Leblanc et le dessin des machines, in Les Cahiers d’histoire du CNAM, 1994, no 4, p. 71-92. Date de création : 2011-01-30.

Monument

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Date de la dernière mise à jour : 16 février 2021