CAMBACERES Joseph Antoine de (1801-1868)
France

Joseph Antoine de Cambacérès voit le jour à Nîmes (Gard), le 28 juin 1801. C’est le fils de Pierre Leonard de Cambacérès (1776-x) et d’Isabelle Durand. Il fait ses études à la faculté de Montpellier, où il suit certainement les cours de Chaptal, puis devient chimiste.

En 1824, Antoine de Cambacérès débarque à Buenos Aires à la demande du gouvernement argentin. Le président de la République Jean Larrea, le charge du développement de l’industrie de l’huile de pied de bœuf (ingrédient chimique utilisé dans le traitement des cuirs).

Peu après son arrivée, il épouse Rufina Alais Bedoya, dont il aura six enfants : Antonino (1833-1888), Leocadia (1836), Segunda (1839), Eugenio (1843-1889), Emiliano (1848) et Delphine (1860-1887). Delphine épousera Lucio Lucero (1860-1900) dont elle aura une fille, Maria Teresa (1889-1934). Elle passera toute sa vie à Buenos Aires où elle rejoindra le caveau familial.

Avec l’héritage de son beau-père, Antoine achète des terres et devient un important éleveur bovin. En plus de ses activités chimiques, il fait fortune en vendant de la viande de bœuf salée et des cuirs.

Antoine décède à Bordeaux (Gironde), le 26 mai 1875. Il est inhumé au Père Lachaise, le 3 juin 1875 (acte n°310375 – Archives des cimetières parisiens). Ses fils rapatrient ensuite son corps à Buenos Aires : depuis le 18 juin 1884, il repose dans le caveau familial du cimetière de la Recoleta. Ce caveau est donc désormais vide.

Ses deux fils, Antonino et Eugenio, deviendront des hommes politiques influents et siègeront au Sénat argentin. Eugenio Cambacérès est également un écrivain argentin connu. Son œuvre se situe dans la mouvance naturaliste d’Émile Zola. L’un des fils d’Antonino sera vice-président du Sénat et représentera l’Argentine à l’Exposition Universelle de Paris, en 1889.

Un quartier de Buenos-Aires et un club de football portent encore le nom de Cambacérès. Le caveau familial, dans le cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires, de style art nouveau, fait partie de toutes les visites guidées sur place.

NB : Nous n’avons pas réussi à raccrocher ce rameau de la famille Cambacérès à celui du maire de Montpellier, Jean Antoine Cambacérès (1715-1801), père de Jean Jacques Régis, duc de Parme (1753-1824), et du général Jean Pierre (1778-1826).

Sources : genealogiafamiliar.net ; Jouin (Henry) La sculpture dans les cimetières de Paris, Nouvelles archives de l’art français, 1898 ; Moiroux (Jules) Guide illustré du cimetière du Père Lachaise, Paris, 1922, p.94 ; Gabrielli (Domenico) Dictionnaire historique du Père Lachaise (XVIIIème-XIXème siècles), Editions de l’Amateur, Paris, 2002, p. 82 ; Bauer (Paul) Deux siècles d’histoire au Père Lachaise, cimetière et nécropole de Paris, Paris. Date de création : 2016-02-23.

Photos

Monument

La tombe est ornée d’un buste en marbre blanc représentant Delphine de Cambacérès, si l’on en croit l’inscription, signé par Amédée Jouandot et daté de 1869. A l’époque, Delphine a neuf ans et elle ne peut pas être la personne représentée ! Donc, mystère : pourquoi ce buste est-il là … et avec cette inscription ?

Si vous le savez, n’hésitez pas à nous écrire.

Par ailleurs, le duc de Morny (1811-1865) dont le mausolée est juste en face, ne peut pas voir été ni le père, ni l’amant de cette femme qui a toujours vécu à Buenos Aires, comme le voudrait une légende.

Inscriptions :

Ici repose, Joseph Antoine, de CAMBACERES, décédé à Bordeaux, le 26 mai 1875.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 26 septembre 2023