BORDOGNI Marco (1789-1856)
Italie

Ténor, créateur de plusieurs rôles de Rossini

(Giulio) Marco Bordogni voit le jour le 24 janvier 1789 à Gazzaniga, près de Bergame (Italie). Il est un produit de l’école de Bergame, Giacomo David et Gaetano Crivelli. Bordogni fait ses débuts à La Scala de Milan en 1813 dans Tancredi de Rossini. Il sera toujours un actif défenseur de ce compositeur. Il apparait dans de nombreux opéras de Rossini lors de leur première présentation dans différentes villes et théâtres.

En 1825, il crée le rôle du Conte di Libenskof dans Il viaggio a Reims. Il chante pendant de nombreuses années au Théâtre des Italiens à Paris. Bordogni est également présent dans les premières représentations au Théâtre-Italien, dans les rôles de :

  • Ernesto dans Agnese di Fitz-Henry de Paër en 1819,
  • Giasone dans Medea in Corinto de Mayr en 1823,
  • Claudio dans Elisa e Claudio ossia L’amore Protetto la dall’amicizia de Mercadante (également en 1823),
  • Capellio dans Giulietta e Romeo de Vaccai en 1827.

Il devient professeur de chant au Conservatoire de Paris en 1820. Il continuera à y enseigner jusqu’à peu de temps avant sa mort. Bordogni est l’auteur d’une méthode de chant. Il compose aussi de nombreuses vocalises utilisées par les chanteurs pendant plus d’un siècle et encore en usage dans des transcriptions.

C’est le professeur qui a le plus d’influence sur le ténor anglais Sims Reeves, venu suivre son enseignement en 1843. Parmi ses autres élèves, on trouve Sophie Cruvelli, Giovanni Matteo Mario et Hermine Küchenmeister-Rudersdorf. Hector Berlioz écrit que Bordogni est le meilleur professeur de chant de cette période. Il meurt le 31 juillet 1856, à Paris. Sa fille Louise Angélina Bordogni épouse le compositeur français Jean-Baptiste Joseph Willent dit Joseph Willent-Bordogni (1809-1852). Elle chante avec succès, à New York, en 1834.

Extrait (de l’article d’Henri Berthould dans La Presse, édition du 04/06/1838) :

« Son père est un jeune abbé que l’amour avait fait renoncer aux ordres et qui s’était marié, préférant une vie obscure au fond du village de Gazzanina, à la profession ecclésiastique. Ce mariage fait le bonheur mais non pas la fortune de l’ex-séminariste et il fallut bien du travail et bien des efforts pour que le pauvre père de famille pût subvenir aux frais de son ménage et à l’éducation de ses enfants.

Aussi n’adressa-t-il que peu d’objections à Marco, l’un de ses fils, lorsque ce dernier vint lui proposer de quitter le logis paternel et d’aller vivre de son mieux à la ville voisine de Bergame, alléguant qu’il pourrait s’y livrer en liberté à son goût pour la musique; goût que contrariait singulièrement sa mère malade, et qui brisait, chaque jour, les cordes d’une malheureuse épinette dont les sons criards et cuivreux agaçaient étrangement les nerfs.

Marco partit donc avec ladite épinette, la bénédiction de son père et une caisse en bois qui contenait quatre chemises, deux paires de bas et un pantalon : il portait sur lui le reste de sa garde-robe. Arrivé à Bergame, il s’agissait de trouver un logement et du travail.

Le logement est choisi dans le grenier d’un marbrier qui demeurait au fond du quartier pauvre et désert du Pozzo Bianco dans la cité; quant au travail, après de nombreuses et décourageantes démarches, le jeune garçon trouve enfin de la musique à copier pour un maître de chapelle.

Chacun dans Bergame finit par s’intéresser au petit copiste, d’une physionomie fort intéressante d’ailleurs, et que recommandait sa conduite régulière. Un de ses protecteurs lui proposa de chanter quelques fois dans les églises, aux jours de grande fête, et il s’acquitta si bien la première fois d’un tantum ergo sacramentum qu’il ne se passa plus une solennité ecclésiastique, sans que Marco ne récitât quelques motets. »

Extrait (du dictionnaire universel des contemporains, par G. Vapereau, 1858) :

« Il débuta en 1813 au théâtre royal de Milan, dans Tancrède de Rossini. Il passa ensuite deux saisons au théâtre Carcano de la même ville, parcourut plusieurs scènes de l’Italie, et vint à Paris en 1819, engagé au Théâtre-Italien. Il y tint quatorze ans l’emploi de premier ténor, et ne s’en absenta que pour chanter près d’une année aux Italiens de Madrid (1825).

Dès 1820, M. Marco Bordogni, dont le goût et la méthode avaient été remarqués par Cherubini, est choisi par ce dernier pour diriger une des classes de chant au Conservatoire. Pour éviter les interruptions apportées dans son cours par ses travaux du théâtre, il quitta définitivement, en 1833, la scène pour l’enseignement.

Ses succès répondirent à l’excellence de sa méthode. Quatre-vingts prix ont été décernés à ses élèves, et c’est de sa classe que sont sorties Mmes Falcon, Sontag, Rossi, Garcia, etc. Au mois de juin 1856, la fatigue d’une longue carrière, et surtout la perte de Victor Morpurgo, son gendre, le décidèrent à prendre sa retraite. Quelques semaines après, il mourait lui-même à Paris, le 31 juillet 1856. »

Distinctions : Légion d’honneur (10 mai 1839).

Sources : Baker (Théodore), Slonimsky (Nicolas) Dictionnaire biographique des musiciens, Paris, Robert Laffont, 1995, p. 492 ; Base Léonore (Légion d’honneur), Wikipedia. Date de création : 2019-01-24.

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Monument

Inscriptions :

Marco BORDOGNI né à Bergame le 24 janvier 1789, mort à Paris le 31 juillet 1856.
Docteur Armand TROUSSEAU né le 15 janvier 1856, décédé le 15 novbre 1910, médecin de la clinique nationale des QUINZE-VINGTS.
Victor MORUGNO né à Trieste le 19 novembre 1806, mort à Paris le 3 mai 1856. Homme digne par son caractère et ses talents d’honorer ses deux patries. Sa veuve, Angiolina ses enfants et ses amis n’inscrivent sur sa tombe que son nom. Dieu et leur cœur savent le reste (Lamartine).

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Date de la dernière mise à jour : 25 avril 2021