ARGOUT Antoine Maurice Apollinaire, comte d’ (1782-1858)
France

gravure par Jules Porreau, 1854, d'après un dessin de Jean-Baptiste Mauzaisse
Gouverneur de la Banque de France

Le comte Antoine Maurice Apollinaire d’Argout nait à Veyssilieu (Isère) le 28 août 1782. Issu d’une vieille famille du Dauphiné, Antoine d’Argout débute dans l’administration comme receveur des contributions à Anvers (1806) avant d’être nommé inspecteur des contributions (1811), maître des requêtes au Conseil d’État (1814), conseiller d’État en service extraordinaire et préfet des Basses-Pyrénées (1815). Nommé ensuite préfet du Gard (16 février 1817), il contribue à apaiser les passions politiques, très excitées dans ce département. À la Chambre des pairs, il défend le ministère, notamment contre les violentes attaques de Clausel de Coussergues, et vote constamment avec la droite modérée.

Lors de la Révolution de 1830, il s’efforce d’obtenir de Charles X le retrait des ordonnances de Saint-Cloud. Avec Sémonville, grand référendaire de la Chambre des pairs, il engage, mais sans succès, le maréchal Marmont à arrêter les ministres et à transiger, au nom du roi, avec les insurgés. Le 29 juillet, il se rend avec Sémonville au château de Saint-Cloud auprès du roi qui se laisse convaincre d’appeler le duc de Mortemart à former un nouveau ministère. Ils vont ensuite à l’hôtel de ville pour en apporter la nouvelle, mais ils sont éconduits. d’Argout, seul, se rend alors chez Jacques Laffitte, à la chaussée d’Antin, où il est mieux reçu par les députés présents qui l’engagent à aller chercher à Saint-Cloud le duc de Mortemart, que Charles X a chargé de former un nouveau gouvernement, succédant à celui du prince de Polignac.

Malgré ses tentatives sincères pour sauver la monarchie légitime, le comte d’Argout s’accommode fort bien de la monarchie de Juillet, qui convient à ses opinions modérées. Dès le 17 novembre 1830, il entre comme ministre de la Marine et Colonies dans le ministère Laffitte, succédant au général Sébastiani. Il contracte le choléra en avril 1832 mais en réchappa et reste comme ministre du Commerce et des Travaux publics dans le ministère Perier (13 mars 1831). Il conserve ce portefeuille dans le premier ministère Soult jusqu’au 31 décembre 1832, date à laquelle il devient ministre de l’Intérieur en remplacement d’Adolphe Thiers, jusqu’au 4 avril 1834, date à laquelle un remaniement l’écarte du ministère.

Il est alors nommé gouverneur de la Banque de France, fonctions qu’il occupe de façon continue jusqu’au 9 juin 1857, sous réserve d’un intervalle de quelques mois en 1836, pendant lequel il est remplacé par le baron Jean-Charles Davillier, tandis qu’il remplace, comme ministre des Finances, Georges Humann, démissionnaire du ministère Broglie (18 janvier 1836). Il conserve ce portefeuille dans le premier ministère Thiers, jusqu’à sa chute le 6 septembre 1836 et retrouve son poste de gouverneur de la Banque de France qu’il ne quitte plus. Il est également vice-président de la Caisse d’épargne en 1842. Il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1844. Doté d’un appendice nasal important, il est la cible privilégiée d’Honoré Daumier, qui ne le ménage point. Il fait partie de la première promotion des sénateurs du Second Empire, le 26 janvier 1858. Il meurt à Paris le 15 janvier 1858.

Titres : pair de France (5 mars 1819). Distinctions : grand-croix de la Légion d’honneur (7 octobre 1847).

Sources : Moiroux (Jules) Guide illustré du cimetière du Père Lachaise, Paris, 1922, p.49 ; Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2008-11-17.

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Date de la dernière mise à jour : 9 février 2021