PERIER Pierre Casimir (1777-1832)
France

portrait de Pierre Casimir Perier par Louis Hersent, 1827 - Château de Versailles
Premier ministre de Louis Philippe, mort du choléra

Casimir Pierre Perier nait le 8 décembre 1777, à Le-Pont-de-Beauvoisin (Isère). C’est le cinquième enfant de Claude Perier (1742-1801), écuyer, riche banquier et industriel d’origine dauphinoise, qui aide de ses deniers la préparation du coup d’État du 18 brumaire et, par ailleurs, est un des fondateurs de la Banque de France en 1801. Avec ses frères, il fait ses études chez les oratoriens de Lyon, puis à Paris. Stendhal le décrit alors ainsi : «Casimir Périer était peut-être alors le plus beau des jeunes gens de Paris : il était sombre, sauvage, ses beaux yeux montraient de la folie.» Atteint par la conscription, il rejoint en 1798 l’armée d’Italie, est promu adjoint à l’état-major du génie, et se distingue à San Giuliano, près de Mantoue.

Ayant perdu son père en 1801, Casimir Perier se retrouve à la tête d’une vaste fortune, quitte l’armée et, avec le concours de son frère Scipion, fonde à Paris une importante maison de banque qui s’occupe également d’armements maritimes, d’opérations sur les propriétés, de créances publiques et particulières, du commerce des bois, des manufactures, etc. Il est notamment l’un des gros actionnaires de la compagnie des mines d’Anzin.

Le , il épouse au château de Vizille, propriété de la famille Perier près de Grenoble, une riche héritière, Marie Cécile Laurence (dite Pauline) Loyer (1788-1861), fille de Laurent Ponthus Loyer, magistrat mort guillotiné en 1793, et de Joséphine Savoye des Grangettes, et petite-fille de l’architecte Toussaint-Noël Loyer. Ils auront deux fils : Auguste Casimir-Perier (1811-1876), qui sera ministre de l’Intérieur dans le gouvernement d’Adolphe Thiers (1871-1873), et Paul Casimir-Perier (1812-1897).

Ses affaires marchent bien et il devient juge au tribunal de commerce puis régent de la Banque de France. En 1817, il publie deux brochures financières, qui sont très remarquées, contre un emprunt de 300 millions contracté par le gouvernement à l’étranger à des conditions fort onéreuses. Aux élections générales du 20 septembre de la même année, il est élu député du département de la Seine.

En politique, ses sympathies sont pour la Charte et pour les Bourbons, et ses idées ne vont pas au-delà du « constitutionnalisme » le plus modéré. Toutefois, il se trouve, sur plusieurs questions, en opposition avec les ministres et la droite de la Chambre. Réélu député le  dans le 3e arrondissement de Paris, il incline davantage vers la gauche et, après avoir obtenu une nouvelle fois le renouvellement de son mandat le , il mène une guerre des plus vives au ministère Villèle.

Le , il est réélu député dans l’Aube et se rallie au ministère Martignac. On le vit même figurer au jeu du roi au palais des Tuileries et il est question de lui pour la présidence de la Chambre et pour le ministère des Finances. Aussi garde-t-il, pendant les sessions de 1828 et 1829, un silence à peu près complet. Il ne remonte à la tribune qu’après l’avènement du ministère Polignac (août 1829). Sa popularité est ravivée par son opposition et il signe naturellement l’adresse des 221.

Réélu à Troyes le , il fait, à l’approche de l’insurrection et dans les réunions de députés et d’hommes politiques, tout ce qu’il peut pour arrêter le mouvement. Pendant les Trois Glorieuses, il s’efforce de montrer une neutralité absolue. La victoire de l’insurrection le porte au pouvoir malgré lui. Il ne se rallie définitivement au duc d’Orléans que lorsque la chute de la branche aînée lui parait consommée. Élu président de la Chambre des députés le 6 août, il laisse le vice-président, Jacques Laffitte, exercer cette fonction à sa place.

Quelques jours plus tard, le 11 août, il est nommé ministre sans portefeuille dans le premier ministère du règne de Louis-Philippe Ier. Il est réélu député de Troyes le 21 octobre.

Après la démission de Lafitte, Casimir Perier est appelé, le , à former un ministère dans lequel il devint président du Conseil et ministre de l’Intérieur. Sa politique vise, à l’intérieur, à rétablir l’ordre par des mesures énergiques et, au besoin, par la force, pour arrêter le cours de la révolution et, à l’extérieur, à garantir la paix avec les puissances étrangères.

Casimir Perier a longtemps médité ce que doit être la présidence du Conseil, et a théorisé un régime quasi-parlementaire, dans lequel le cabinet est fort et « le roi règne mais ne gouverne pas », selon la fameuse maxime de Thiers.  Pour s’imposer à la chambre, il fait une sorte de discours d’investiture où il développe son programme de gouvernement, résumé dans une formule célèbre qui définit l’idéal du « juste milieu » : « Au-dedans, l’ordre sans sacrifice pour la liberté ; au-dehors, la paix sans qu’il en coûte rien à l’honneur. »

De haute taille, le regard ardent, le geste énergique, parfois sec, froid, cassant, doué pour le commandement et aimant l’exercer, Casimir Perier est doté d’un charisme et d’une autorité naturelle que soulignent tous les contemporains. C’est un travailleur acharné, soucieux de son état et du rôle de la France en Europe.

Les luttes continuelles du ministère et l’état de suractivité et d’excitation dans lequel il vit en permanence minent sa santé fragile. Anticipant la pandémie de choléra qui touche la France en 1832, il donne des instructions pour le renforcement des contrôles sanitaires. Le 6 avril 1832, il est chargé par le roi d’accompagner le duc d’Orléans à l’Hôtel-Dieu, pour visiter des malades du choléra.  Il succombe quelques jours plus tard, le 13 mars, à Paris.

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (29 octobre 1828). Histoire du cimetière : La belle avenue qui conduit au Rond Point a pris le nom de Casimir Périer.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2006-04-13.

Photos

Monument

On lui élève un superbe mausolée en 1837, grâce à une souscription publique et à une concession accordée par la Ville de Paris. Celui-ci est l’œuvre de l’architecte Achille Leclère et les trois sculptures sur les côtés (L’Eloquence, de face, la Justice, à droite et la Fermeté, à gauche), tout comme la statue en pied de taille plus grande que nature, sont de Jean-Pierre Cortot. Ce monument a été restauré et a retrouvé toute sa splendeur.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 26 février 2021