VIMAR Nicolas, comte de (1774-1829)
France

Comte de l'Empire et Pair de France

Nicolas Vimar voit le jour le 30 octobre 1744 à Mesnières-en-Bray (Seine-Maritime). Avocat de formation, il est membre du Parlement de Rouen, jurisconsulte réputé, au début des troubles révolutionnaires. Dès la formation des premiers corps municipaux en 1790, on le nomme procureur de la commune de Rouen. Il fait de cette ville un havre de paix pour les modérés et ceux qu’on nomme à l’époque les aristocrates.

Son sang-froid, le fait élire à l’Assemblée législative où il prend place parmi les constitutionnels. Il s’oppose constamment aux excès des Montagnards. Vimar épouse, le 22 septembre 1794, Louise-Henriette Guesdon. Membre du comité de législation et de la Commission des douze, son opposition aux extrémistes lui vaut d’être incarcéré plus de 6 mois pendant la Terreur.

Libéré après le 9 Thermidor, il rentre momentanément dans la vie civile. Juriste reconnu, il refuse pour la première fois le ministère de la Justice qu’on lui propose après le 18 Fructidor (4 septembre 1797) en remplacement de Merlin. Il consent toutefois à devenir membre du comité de bienfaisance dont il a provoqué l’établissement, puis bientôt du comité central de l’Instruction publique.

Vimar est élu en 1798 député de la Seine-Maritime, au Conseil des Anciens/ Puis il ne tarde pas à devenir secrétaire de cette assemblée dont il influence nombre de ses décisions. Il s’oppose ainsi de toutes ses forces à une résolution du Conseil des Cinq-Cents, qui veut déclarer irrévocables les ventes des domaines nationaux quoique irrégulières.

Son opposition au système de spoliation qu’on voulait ainsi consommer fait naître de violents mais salutaires débats. Peu favorable à la tyrannie directoriale, confident de Cambacérès, il fait partie du petit groupe de conjurés qui par le coup d’État du 18 brumaire porte Bonaparte au pouvoir. L’accession de Cambacérès au consulat requiert la nomination de son remplaçant au ministère de la Justice.

Sur les instances de son ami, Nicolas Vimar est donc une nouvelle fois pressenti pour ce portefeuille. Mais alors que le décret est rédigé, il se récuse. On le nomme, en revanche, le 19 brumaire an VIII, membre de la commission législative intermédiaire des Anciens qui donne à la France ses nouvelles institutions. Vimar entre au Sénat conservateur lors de sa création le 3 nivôse an VIII. Il a alors 60 ans.

Vimar est élu membre du conseil particulier de ce corps, dont il restera toujours un membre influent, pendant les sessions de 1805, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12, 1813. Il est doté de la très riche sénatorerie de Nancy en mai 1804. Le 3 juin 1808, par lettre patente, il devient comte. Fidèle à ses idées royalistes, il prend une part active à la déchéance de l’Empereur et au rappel des Bourbons.

Il vote la déchéance de l’Empereur le 3 avril 1814, et fait partie de la commission chargée de la rédaction de la Charte, condition posée au retour de Louis XVIII sur le trône de ses pères. Le 4 juin 1814, le Roi l’appelle à venir siéger dans la prestigieuse Chambre des pairs. Fidèle aux Bourbons, il s’abstient de siéger pendant les Cent-Jours. Il est, en revanche, élu comme représentant de la Seine-Inférieure à la Chambre, où il se montre parfaitement hostile à l’Empereur.

Il limite son activité au comité de législation de cette chambre. Après Waterloo, devant l’avancée des Alliés, la chambre veut l’inclure dans une députation pour présenter aux souverains coalisés la déclaration de ses principes. Mais le comte Vimar n’accepte pas cette mission. Après le retour du Roi en juillet 1815, il réintègre la Pairie où il défend les libertés octroyées par la Charte, régime monarchique à l’anglaise qui est toujours celui de ses vœux les plus chers.

Au procès du maréchal Ney, il vote la mort. Il est membre du comité du contentieux de cet ordre jusqu’à sa mort. Il reste titulaire de la sénatorerie de Nancy où il se montre généreux. A Paris, où il réside la plupart du temps, c’est un familier du salon de Cambacérès où il croise de vieux amis comme Boissy d’Anglas, Choiseul, Chaptal ou Daru.

On le connait pour sa modération, sa grande culture et sa vaste science juridique. Il meurt le 29 décembre 1829 dans son hôtel particulier de la rue Bellechasse à Paris.

Titres : Comte de l’empire (3 juin 1808), Pair de France (4 juin 1814). Distinctions : chevalier (2 octobre 1803), commandeur (14 juin 1804), grand-officier de la Légion d’honneur (30 juin 1811).

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2008-05-10

Monument

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Date de la dernière mise à jour : 10 avril 2021