STEPHANE Nicole née de ROTHSCHILD (1923-2007)
France

Nicole Stéphane, née de Rothschild, voit le jour le 27 mai 1923 à Paris. C’est la fille du baron James Nathanael Charles Léopold Henri de Rothschild et de Claude Andrée Stéphane Marie Dupont (1904-1964). Elle dit : « C’est à 16 ans que j’ai appris que j’étais juive ». À la suite, elle commence à mettre des étoiles de David dans sa chambre. Elle s’engage ensuite dans l’armée puis connait la prison en Espagne en 1942 lorsqu’elle franchit les Pyrénées pour rejoindre les Forces Françaises libres. Nicole rentre à l’école des cadets de la France Libre, à Ribbesford (Angleterre), avec sa sœur Monique de Rothschild et quatre autres volontaires françaises. Elle devient sous-lieutenant et agente de liaison en Allemagne. Puis elle s’engage à Londres.

Sa famille proche évolue dans le monde artistique. Son grand-père paternel, le baron Henri de Rothschild, était un producteur de théâtre qui a aussi écrit sous le nom de Charles des Fontaines et d’André Pascal et qui possédait le Théâtre Antoine et le Théâtre Pigalle. Sa cousine, Philippine de Rothschild, est une actrice de la Comédie Française, sous le pseudonyme de Philippine Pascal. Son oncle, le producteur de vin, Philippe de Rothschild, écrit des pièces et produit aussi des films.

Après avoir échoué au conservatoire, elle est repérée en 1948 par Jean-Pierre Melville dans le cours d’art dramatique Bauer-Thérond. Elle choisit le pseudonyme de Nicole Stéphane, son nom de famille étant trop connu. Elle tourne alors dans son film Le Silence de la mer. Jean-Pierre Melville la présente à Jean Cocteau qui lui propose le rôle d’Elizabeth dans Les Enfants terribles.

En 1948 et a seulement 22 ans, elle voyage en Palestine, alors en pleine guerre, pour interviewer David Ben Gourion, fondateur de l’état d’Israël. Suite d’un accident de voiture, elle s’éloigne du jeu d’acteur et se tourne vers la réalisation de films.

Elle réalise deux courts métrages sur Israël, La Génération du désert (1958) et Une guerre pour une paix (1967), et En attendant Godot à Sarajevo (1993).

En 1962, Nicole Stéphane obtient les droits d’adaptation du roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Débute alors une aventure au cours de laquelle elle collabore avec Luchino Visconti, Ennio Flaiano, Harold Pinter, Joseph Losey, Peter Brook et Volker Schlöndorff.

Au début des années 1970, elle vit une relation amoureuse avec Susan Sontag, dont elle produit le film Promised Lands en 1973, un documentaire tourné en Israël à la fin de la guerre du Kippour. Puis elle est amie d’Hélène Delprat qu’elle rencontre en 2001. Cette dernière réalise, en 2018, un documentaire intitulé Nicole Stéphane, A displaced person.

Nicole Stéphane meurt le 14 mars 2007. Elle repose avec son père, le baron James Nathanael Charles Léopold Henri de Rothschild (1896-1984), banquier, l’ingénieur Paul Worms de Romilly (1838-1937), son arrière-grand-père, avec le directeur du journal La Situation, Ernest Hollander (1829-1869), et avec Sophie Worms de Romilly, veuve de Camille Léon, morte pour la France le 26 mars 1944.

Actrice :

  • Le Silence de la mer (1949) – la nièce ;
  • Les Enfants Terribles (1950) – Elisabeth ;
  • Né de père inconnu (1950) – Jacqueline Mussot ;
  • Le défroqué (1954) – Catherine Grandpré ;
  • Monsieur et Madame Curie (1956, Short) – Marie Curie ;
  • Agent secret S.Z. (1958) – Denise Bloch.

Productrice :

  • Le Tapis volant d’Arié Mambouch, court métrage d’animation (1959) ;
  • Mourir à Madrid par Frédéric Rossif (1962) – Prix Jean-Vigo 1963 ;
  • La Vie de château par Jean-Paul Rappeneau (1965) ;
  • L’Une et l’Autre par René Allio (1967) ;
  • Phèdre par Pierre Jourdan (1968) ;
  • Détruire, dit-elle par Marguerite Duras (1969) ;
  • Promised Lands par Susan Sontag (1973) ;
  • Sarah par Edgardo Cozarinsky (1988).

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (non documenté dans la Base Léonore), chevalier des Arts et des Lettres.

Sources : -. Date de création : 2021-05-13.

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Monument

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Date de la dernière mise à jour : 18 juin 2021