Françoise Marie Antoinette Saucerote voit le jour le à Paris. C’est la fille de François Saucerotte dit Raucourt, comédien ambulant, originaire du village de Raucourt (Meurthe-et-Moselle), et d’Antoinette de La Porte.
En 1770, à 14 ans, elle connaît son premier succès sur la scène du théâtre de Rouen puis vient à Paris, à la Comédie-Française où elle devient l’élève de Mademoiselle Clairon et de Brizard. Extrêmement jolie, elle fait ses débuts à seize ans et connait son premier grand succès en 1772 dans le rôle de Didon. Elle devient sociétaire de la Comédie Française trois mois plus tard, à 17 ans !
Les grands lui proposent des sommes considérables en échange de ses faveurs, mais elle quitte le marquis de Bièvres, au bout de quelques mois, pour nouer une liaison avec l’actrice Sophie Arnould. Malgré son attirance pour les femmes, d’autres riches protecteurs issus de la Cour ou de la finance succèdent rapidement au marquis de Bièvres. Devenue une célèbre courtisane, sa vie relève alors de la chronique libertine et scandaleuse et elle mène un train de vie très luxueux.
Pendant plus de trois ans, elle continue à vivre dans la splendeur et le luxe : elle a une maison de campagne, un hôtel particulier à Paris, des tableaux, des livres, des bijoux, des robes à profusion « grâce au crédit que les prêteurs font aux jeunes actrices dont la beauté est valeur marchande ».
En juin 1776, criblée de dettes, elle est en banqueroute et quitte brusquement la scène pour se réfugier dans l’enclos du Temple, asile alors ouvert aux débiteurs insolvables. La Comédie-Française l’exclue aussitôt pour sa conduite. Dans l’enclos du Temple, elle fait la connaissance de Jeanne Françoise Marie Sourques, dite Madame Souck. Un mois plus tard, elle s’évade de nuit de l’enclos du Temple et quitte la France en compagnie de Madame Souck.
En octobre 1776, elle revient à Paris toujours en compagnie de Madame Souck chez qui elle s’installe. Mais le 26 mars 1777, elle est arrêtée et conduite à la prison du For-l’Évêque où elle ne reste que quelques heures, libérée sur une intervention attribuée à la reine Marie-Antoinette. celle-ci, en novembre 1777, fait preuve de faveurs particulières son égard et paie ses dettes s’élevant à plus de 200 000 livres.
Pour échapper à nouveaux à leurs créanciers, Françoise Raucourt et Madame Souck s’exilent en novembre 1777 aux Pays-Bas autrichiens. Elles y et vivent pendant près d’un an chez le prince de Ligne, qui les entretient. En 1779, elle réapparait à Paris et réintègre la Comédie Française, grâce à Marie-Antoinette.
Très royaliste, elle fait partie, sous la Révolution française, des acteurs du Théâtre -Français emprisonnés en septembre 1793 à la prison Sainte-Pélagie où elle reste six mois. Elle y rencontre Marie-Henriette Simonnot-Ponty, dite Madame de Ponty, avec laquelle elle commence une liaison et qui sera sa compagne jusqu’à la fin de sa vie.
Elle est libérée après le coup d’état du 9 Thermidor. Puis, elle fonde, en 1796, un second « Théâtre-Français » au théâtre Louvois dont elle est expulsée par ordre du Directoire. En 1799, à 43 ans, elle réintègre la Comédie-Française et y joue les reines de tragédie avec une autorité exemplaire. En 1801, chargée de recruter une élève pour la Comédie-Française, elle prend en charge la formation de Mademoiselle George, âgée de quatorze ans.
Intime de Joséphine de Beauharnais, qu’elle a connue lors de son incarcération en 1793, elle et bientôt présentée à Napoléon. Il en devient un grand admirateur de ses talents de tragédienne, la pensionne et lui confie la direction des théâtres français en Italie.
En 1801, elle devient la châtelaine du Château des Hauts (La Chapelle-Saint-Mesmin) près d’Orléans (Loiret), officiellement acheté par sa compagne Henriette Simonot-Ponty qui lui fait un bail à vie, ceci sans doute pour soustraire ses biens à ses créanciers. Sa passion pour la culture florale semblant primer maintenant pour elle sur l’art théâtral. Là, elle reçoit le tragédien François Joseph Talma, et son amie l’impératrice Joséphine de Beauharnais qui vient la visiter pour admirer ses fleurs.
Elle annonce sa retraite formelle de la Comédie-Française pour le 1er avril 1815. Elle meurt le 15 janvier 1815, à l’âge de 58 ans, dans le petit appartement au 2 rue du Helder, à Paris (9ème), où elle vit avec Madame de Ponty.
Ses obsèques donnent l’occasion au peuple de Paris de montrer son affection à celle qui avait été l’une de ses plus grandes bienfaitrices. Le curé de Saint-Roch ayant refusé de célébrer les obsèques de la tragédienne (certains disent à cause de sa profession, d’autres du fait de son homosexualité), le peuple envahit l’église et l’oblige à bénir le cercueil. Après quoi, une foule immense – 15. 000 personnes dit-on – suit le convoi funèbre.
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Sources : Wikipedia. Date de création : 2005-07-13
