RANDON Charles Joseph, comte de PULLY (1751-1832)
France

portrait par Louis Prost - Musée de l'Armée, Paris

Charles Joseph Randon nait le 18 décembre 1751 à Paris. Le 22 avril 1768, il entre comme volontaire dans le régiment des hussards de Bercheny. Il passe, le 2 décembre suivant, avec le grade de lieutenant, dans la 1e compagnie de Mousquetaires de la maison du roi. Le 11 avril 1770, il reçoit le brevet de capitaine commandant dans le régiment de dragons de La Rochefoucauld.

En 1776, il se rend au camp de Vaussieux, sous les ordres du maréchal de Broglie. Il sert en 1783, sur les côtes de Normandie, avec le maréchal de Vaux. Nommé chef d’escadron en mai 1788, il devient ensuite lieutenant-colonel du 10e régiment de cavalerie (Royal-Cravate) le 17 mai 1789.

Bien qu’appartenant à une famille noble, il se rallie franchement aux principes de la Révolution française. Il rend d’importants services pendant les troubles qui agitent les premières années de la Révolution. Élevé au grade de colonel le 5 février 1792, on l’emploie à l’armée de Dumouriez.

Il se signale à l’ouverture de la campagne et devient général de brigade le 19 septembre de cette année. Il contribue puissamment à la prise des hauteurs de Wavren. Le 15 décembre, la seconde colonne, dirigée par Pully, arrive au pied de la montagne de Hamm. Les retranchements sont bientôt enlevés, les canons pris ou démontés, les canonniers tués sur leurs pièces et 3 000 Autrichiens forcés d’abandonner leurs positions à 1 200 Français.

Le général Beurnonville, sous les ordres duquel se trouve Pully, écrit à la Convention nationale pour lui rendre compte de la conduite de cet officier  dans cette affaire. Le 8 mars 1793, il reçoit le brevet de général de division, comme un témoignage de la satisfaction du gouvernement. Le 17 mai, il coopère, sous les ordres de Custine, en avant de Herscheim et de Rehinzabern, à arrêter un corps prussien de beaucoup supérieur en nombre.

Apellé au commandement du corps des Vosges, on accuse le général Pully de trahison et d’avoir abandonné le camp d’Hornebach pour se réunir aux émigrés. Il s’empresse de démentir énergiquement cette nouvelle. Il écrit, en même temps, au général en chef et au Comité de salut public pour demander une réparation de cette calomnie.

Le général Pully n’est point écouté et est suspendu de ses fonctions le 1er août 1793. Réintégré le 25 germinal an III, on l’autorise à faire valoir ses droits à la retraite. Il est réemployé à l’armée du Nord, lorsqu’un ordre du 4 vendémiaire an IV lui enjoint de nouveau de cesser ses fonctions. Un arrêté du Directoire, du 23 floréal an IV, le nomme inspecteur général de cavalerie à l’armée de Rhin-et-Moselle.

Mais informé que Schérer a commencé cette opération, Pully ne se rend à sa destination. Il reste sans emploi jusqu’au 19 nivôse an VIII. A ce moment là, le premier Consul lui confie le commandement de la 15e division militaire. Il est un des premiers qui, au 18 brumaire, offrent leurs services au général Napoléon Bonaparte.

Il concourt ensuite, avec le général Gardanne, au désarmement de la 14e division militaire. Envoyé à l’armée du Rhin le 3 germinal, puis à celle des Grisons le 26 brumaire an IX, sous les ordres du général Macdonald, il franchit le Splügen. Il se signale à la prise de Saint-Alberto. Il contribue, le 17 nivôse, à la reddition de la ville de Trente.

Après la suspension des hostilités, il occupe militairement une partie du Tyrol. Puis on l’envoie, le 24 fructidor, dans la République cisalpine, pour y commander un corps de cavalerie. Il devient membre du collège électoral du département de la Seine. Il obtient, peu de temps après, le commandement d’une division de cuirassiers, faisant partie de l’armée du maréchal Masséna.

Cette armée se dirige vers les États autrichiens par le nord de l’Italie, tandis que la grande armée marche sur Vienne. Le général Pully prend une part glorieuse au passage du Tagliamento.

Le 21 brumaire an XIV, la cavalerie des généraux Pully et Mermet engage, d’une rive à l’autre de ce fleuve, une vive canonnade qui dure toute la journée. Le lendemain, à la pointe du jour, l’armée effectue sans obstacles le passage de cette rivière et marche sur l’Isonzo. Le 7 octobre 1809, il devient inspecteur général de cavalerie aux armées de Naples et d’Italie. Puis il exerce, en 1808, les mêmes fonctions dans les 27° et 28e divisions militaires. Ensuite, il fait avec une grande distinction la campagne de 1809 à la grande armée.

On le charge, le 4 septembre 1809, de la formation et de l’inspection des corps de l’armée du Nord, puis, le 20 novembre, de l’organisation de douze régiments de dragons et de leurs dépôts. Il s’acquitte de ces deux fonctions avec autant de zèle que de talent. En 1810 et 1811, il doit inspecter les troupes de cavalerie stationnées en Italie, et organiser les dépôts de remonte dans les 6e et 18e divisions militaires.

Nommé gouverneur du palais de Meudon le 5 janvier 1812, il doit organiser, à Versailles, le ler régiment des Gardes d’honneur, dont Napoléon le nomme colonel le 8 avril 1813. Lors de la première abdication de l’Empereur, le général Pully envoie sa soumission à Louis XVIII. Après avoir été, en 1814 et 1815, inspecteur général de cavalerie, on l’admet à la retraite le 4 septembre de cette dernière année.

Il accueille la révolution de Juillet 1830 avec autant d’enthousiasme que celle de 1789. Randon est admis, le 7 février 1831, dans le cadre de réserve de l’état-major général. Il rentre dans sa position de retraite le 1er mai de la même année. Il meurt à Paris, le 20 avril 1832.

Titres : comte de l’empire (1813). Distinctions : légionnaire (19 frimaire an XII), commandeur (23 prairial an XII), grand-officier de la Légion d’honneur (23 août 1814), croix de Saint-Louis (23 août 1814).

Hommages : Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Nord.

Sources : Mullié (Charles) Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer, de 1789 à 1850, Paris, 1852 ; Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2008-03-30.

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Monument

Inscriptions : Ci-git Charles Joseph RANDON comte de PULLY lieutenant-général, grand-officier de la légion d’honneur, chevalier de St Louis et de la couronne de fer, décédé le 19 avril 1832 dans sa 81ème année.

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Date de la dernière mise à jour : 24 avril 2021