ROLLIN, Jean Michel ROLLIN ROTH LE GENTIL, dit Jean (1938-2010)
France

Le spécialiste du Vampirisme … et du X

Jean Michel Rollin Roth Le Gentil, dit Jean Rollin, voit le jour le 3 novembre 1938, à Neuilly-sur-Seine (Hauts de Seine). Il se passionne dès son enfance pour le cinéma, ayant vu, à l’âge de huit ans, le Capitaine Fracasse d’Abel Gance. Durant son adolescence, il regarde avec avidité les séries américaines ainsi que les films fantastiques américains de la compagnie Universal.

Pendant son service militaire, il s’initie à la réalisation en participant au tournage de films de recrutement. Une fois revenu à la vie civile, il tente de devenir assistant-réalisateur auprès de Luis Bunuel. Puis il tourne, à la fin des années 1950, quelques courts métrages tels que Les Amours jaunes, Ciels de cuivre ou Les Pays loin.

Ces petits films, qui témoignent de son vif intérêt pour le nouveau roman, passent inaperçus. De cette période se détache un projet de collaboration avec Marguerite Duras, L’Itinéraire marin (1963), qui aurait dû constituer le premier long métrage de Rollin mais qui ne voit jamais le jour. C’est en 1968 que Jean Rollin réalise son premier long métrage, Le Viol du vampire.

A sa sortie, Le Viol du vampire est une des rares productions dans les salles parisiennes à cause des événements de mai. Il provoque de violentes réactions de rejet chez la plupart des spectateurs. Ceux-ci ne s’attendent pas à un film expérimental surréaliste mais à un film d’épouvante conventionnel.

Devant le scandale, Rollin songe un moment à abandonner le cinéma. Mais il se ravise et décide de poursuivre sa carrière. Il réalise ainsi d’autres films, toujours sur le vampirisme (La Vampire nue en 1969, Le Frisson des vampires en 1970, Requiem pour un vampire en 1971).

Néanmoins, aucun d’entre eux ne connaît le succès. Ils se heurtent de surcroît à une hostilité de la part de la critique. Les difficultés financières résultant de ces échecs commerciaux contraignent Jean Rollin à tourner sous pseudonyme des films érotiques soft alimentaires comme Jeunes Filles impudiques (1973) et Tout le monde il en a deux (1974). Il réalise toutefois au milieu des années 1970 Les Démoniaques (1974) et Lèvres de sang (1975). Ce sont deux films fantastiques assez ambitieux, comparables dans leur inspiration à ses précédentes œuvres.

Malheureusement, eux aussi ne récoltent que l’échec. Jean Rollin doit alors, pour vivre, tourner des films pornographiques. Il le fait jusqu’à ce que ce genre devienne moins rentable, sous l’effet des contraintes fiscales imposées par le classement X.

Il s’oriente alors vers des productions de série B, théoriquement plus susceptibles de drainer un large public. Parmi celles ci, il fait trois films gore sur le thème des zombies (Les Raisins de la mort en 1977, Le Lac des morts vivants en 1981 – sous le pseudonyme de J. A. Lazer – et La Morte vivante en 1982), deux thrillers (La Nuit des traquées en 1980 et Les Trottoirs de Bangkok en 1984) et une comédie (Ne prends pas les poulets pour des pigeons en 1985).

Parmi ses œuvres de cette époque, plusieurs sont produites par la société Eurociné, notamment Le Lac des morts vivants. Au milieu de ces réalisations émergent quelques films plus personnels, comme Fascination (1979). Celui ci marque l’un des premiers grands rôles de Brigitte Lahaie dans le cinéma traditionnel.

Néanmoins, pendant cette période, Jean Rollin ne rencontre pas un grand succès populaire. La critique lui demeure systématiquement hostile. En 1988, il achève le tournage d’Emmanuelle 6, l’une des multiples séquelles du célèbre classique de Just Jaeckin. Puis il ajoute en 1990, pour le compte d’Eurociné, quelques séquences à un vieux film de Jess Franco qui ressort sous le titre A la poursuite de Barbara.

L’année suivante, en 1991, il réalise aux Etats-Unis, en France et en Italie un film expérimental, Perdues dans New-York. Puis il se lance en 1993 dans un ultime thriller : Killing Car (aussi intitulé La Voiture rouge sang). Ce dernier est un échec commercial. Cela incite Rollin à abandonner les tournages. Il apparaît alors comme  acteur dans les films de son ami Norbert Moutier. Surtout, il se consacre alors à la littérature.

Il publie ainsi plusieurs romans et nouvelles, le plus souvent dans le genre fantastique (Monseigneur Rat, La Petite Ogresse, etc…). Cependant, passé 1995, il décide de revenir au cinéma. Ses films tardifs, comme Les Deux Orphelines vampires (1997) ou La Fiancée de Dracula (2002), ressemblent beaucoup à ses premières œuvres. Mais ils bénéficient de budgets plus importants.

En 2007, après une nouvelle période de silence, il tourne avec Ovidie, La Nuit des horloges. C’est une sorte de rétrospective de ses films les plus personnels. Il réalise encore, en 2010, un ultime long métrage, Le Masque de la Méduse.

Jean Rollin meurt des suites d’une longue maladie, le 15 décembre 2010. Sa dépouille mortelle est crématisée.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2010-12-27.

Photos

Monument

Inscriptions : Sépulture de la famille LEFEBVRE BEZAULT

Carel, ROLLIN ROTH LE GENTIL, 1973-2001.
Jean ROLLIN, 1938-2010.
Simone ROLLIN ROTH LE GENTIL, née MOREL, 1934-2016.

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Date de la dernière mise à jour : 20 octobre 2023