MONTAL Claude (1800-1865)
France

Véritable créateur de la fonction d’accordeur de piano

Claude Montal voit le jour le 28 juillet 1800, dans une famille modeste, à Lapalisse (Allier) où son père est sellier. À l’âge de quatre ans, il perd totalement la vue, suite d’une fièvre typhoïde. Malgré ce handicap l’enfant montre d’indéniables capacités intellectuelles, manuelles et musicales qui impressionnent le maître de poste de Droiturier, bourgade située à quelques kilomètres de Lapalisse où les parents s’étaient transportés pour ouvrir une auberge sur la route entre Paris et Lyon. A la fin du printemps 1816, à Vichy, la famille Montal rencontre lors d’une audition Marie-Thérèse Charlotte de France.

L’année suivante, Claude est accueilli à l’Institution royale des Aveugles, à Paris, nouvellement dirigée par le Docteur Guillié, médecin en chef et, par ailleurs, ophtalmologiste de la bienveillante Madame Royale. Montal poursuit dans l’Institution d’excellentes études aux côtés de son camarade de classe Louis Braille. Dès 1820, il devint répétiteur au sein de l’institution. C’est pendant ces années passées à l’institut, que Claude Montal prend conscience de la médiocrité des accordeurs intervenant sur les pianos de l’école.

Rapidement il constate l’empirisme, les approximations des professionnels responsables des instruments de l’Institution. Il décide de se consacrer à l’étude de cette science avec son ami Tourasse. En mars 1830, suite au décès de ce dernier, Montal quitte l’Institution. En autodidacte et grâce à ses connaissances musicales et mathématiques, il porte la précision et la qualité de l’accord du piano à un degré encore jamais atteint. Montal met au point une méthode rationnelle et sophistiquée pour la réalisation de la partition, réelle pierre angulaire du métier d’accordeur.

Il devient aussi un ardent défenseur du tempérament égal. Il se lance dans la fabrication de pianos à partir de 1835, d’abord avec un seul ouvrier puis en 5 ans, en comptant jusqu’à une douzaine. Sous son impulsion, une classe d’accord-facture de piano est créée à l’Institution royale des Aveugles, en 1836. Il milite également pour l’établissement d’une fréquence fixe pour le diapason. Il se marie le 19 mai 1836 avec Astasie Denis dont il aura deux filles, Pauline née en 1838 et Clémentine, née en 1842.

La même année, il publie le premier traité sur l’accord du piano : L’Art d’accorder soi-même son piano, d’après une méthode sûre, simple et facile, déduite des principes exacts de l’acoustique et de l’harmonie, contenant en outre la manière d’enseigner l’accord aux aveugles et un traité d’acoustique. En 1843-1844, à l’issue d’un concours de facteurs de pianos, le ministre de l’intérieur le nomme Facteur de l’Institution royale des Aveugles. Il décède à Paris le 7 mars 1865.

Prix : onze médailles auprès des plus hautes instances : Académie de l’Industrie, Société d’Encouragements pour l’Industrie Nationale, Société Libre des Beaux-arts, Athénée des Arts, Expositions industrielles et Expositions Universelles, fournisseur breveté de l’Empereur et de l’Impératrice des français (1853), fournisseur de la Maison impériale du Brésil (1854). Il est plus tard honoré par le roi George V du Royaume de Hanovre.

Distinctions : chevalier de la légion d’honneur (22 novembre 1851).

Postérité : En 2015, un collectif d’institutions et d’associations a commémoré le 150e anniversaire de sa disparition.

Sources : Montal (Claude) Abrégé de l’art d’accorder soi-même son piano, Meissonnier, 1834 ; Guadet (Joseph) Notice biographique sur Claude Montal, imprimerie de Fain et Thunot, Paris, 1845 ; Les Cahiers Bourbonnais, été 2015, n°232, page 34 ; Édition commémorative Claude Montal, VIP, 2015, Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2017-08-23.

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Date de la dernière mise à jour : 14 février 2021