Schavarch Missakian voit le jour en 1884, à Zmara, prés de Sivas (Turquie, alors une province à majorité arménienne). Il devient journaliste à l’âge de 16 ans.
En 1911, il s’installe pendant un an à Erzurum (Turquie), où il remplace le chroniqueur arménien assassiné Yeghiché Topjian pour le journal dachnak Haratch. Il se rend alors dans les régions de Moush et de Sassoun, escorté d’une compagnie armée dirigée par Stepan Zorian (alias Rostom). Ensuite, il retourne à Istamboul et intègre la rédaction du journal Azatamart.
Il échappe à la rafle des intellectuels arméniens de la capitale ottomane du 24 avril 1915 et vit alors en clandestinité. Il envoie alors au journal Hayastan de Sofia (Bulgarie) des informations sur les exactions exercées envers les Arméniens. Les autorités ottomanes ne parvenant pas à le localiser, elles décident la déportation de son père à Konya, d’où ce dernier s’échappera. Un espion bulgare le dénonce, alors qu’il tente de gagner la Bulgarie. Il se fait arrêter le 26 mars 1916, puis est emprisonné et torturé. Condamné à mort, sa peine est ensuite commuée à cinq ans de prison. Mais l’armistice de Moudros le libère.
Après la grande guerre, il devient rédacteur en chef du journal Djagadamard. En 1919, il participe au neuvième congrès de la Fédération Révolutionnaire Arménienne (FRA) à Erevan. Puis il se fait élire au Parlement de l’éphémère Première République d’Arménie.
En novembre 1922, il doit s’exiler à Sofia (Bulgarie). Là, il épouse Dirouhie Azarian (1891-1964), enseignante, puis comptable du journal Djagadamard. La FRA l’envoie à Paris en novembre 1924 pour animer la communauté arménienne qui s’y est formée. Là, il participe au dixième congrès de la FRA où il se fait élire membre du Bureau de la FRA, rôle qu’il tient jusqu’en 1933.
Il participe aussi au journal Troshak, organe de la FRA, arrivé en exil dans la capitale française après 1925, avec Arshag Jamalian et Simon Vratsian, dernier Premier ministre de la Première république d’Arménie.
Peu après, il fonde, le 1er août 1925, son propre nom le journal Haratch, quotidien en langue arménienne. Celui-ci donne des nouvelles des régions d’Arménie et des communautés arméniennes de France. Il a des correspondants à Marseille, Lyon, Valence, Grenoble et Vienne. Il permet ainsi aux membres d’une même famille victime de la tragédie arménienne de 1915 de se regrouper et de garder l’espoir d’un retour. Ce qui fait son succès, ce sont aussi ses signatures : Chahan Chahnour (Armen Lubin), Schavarch Nartouni, Zaréh Vorpouni, Hrant Samvel, Hrant Zartarian, etc…
Le journal paraît sans interruption jusqu’à l’Occupation, lorsqu’il le saborde volontairement par antinazisme. En 1942-1943, il fait paraître la revue clandestine Haygachên, puis la revue Aradzani, en 1944-1945. Puis il fait reparaître Haratch, après la Libération. Sa femme y participe en signant des billets d’humeur sous les pseudonymes de Sossi ou Nodji.
En 1945, il organise les jeunes de la « nouvelle génération » arménienne de France en fondant le Nor Séround (principale organisation de jeunesse militante, affiliée à la FRA) et en créant leur journal, Haïastan, encore publié aujourd’hui.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’URSS autorise et encourage le « Nerkaght », c’est-à-dire l’immigration des arméniens de la diaspora en RSS d’Arménie. Environ 150 000 personnes répondent à l’appel. Schavarch tente alors en vain de décourager les candidats au départ en les mettant en garde contre les fortes déceptions.
Il décède le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et est inhumé le 31 janvier. Il repose avec son ami, l’écrivain Chahnour Kerestedjian, alias Armen Lubin (1903-1974) et sa fille, Arpik Missakian (1926-2015), qui lui succède à la tête du journal.
Œuvre : Jours et heures, Paris, 1958.
Hommage : Une place porte son nom (et celui de sa fille Arpik) à Paris (9ème).
Sources : Wikipedia. Date de création : 2011-06-03.
