MERODE Cléo de (1875-1966)
France

photo par Neue Photographische Gesellschaft, 1903

Cléopâtre Diane de Mérode, dite Cléo de Mérode, voit le jour le 27septembre 1875, à Paris (5ème). Sa mère, autrichienne, la baronne Vincentia de Mérode, a quitté son château familial de Mödling. Elle vient à Paris pour accoucher puisqu’elle est fille mère. Son père est peut-être le comte de Duba. Elle n’a que huit ans quand sa mère la présente à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Elle est reçue dans la classe de Mademoiselle Théodore.

Sans peine, elle gravit rapidement tous les échelons pour entrer dans le corps de ballet à l’âge de onze ans. Le directeur, Pedro Gailhard admire son jeune talent. Il l’entoure de sa bienveillance et de son intérêt. A l’âge de 13 ans de Coryphée elle est nommée petit sujet, ce qui lui confère le droit de fréquenter le foyer de la Danse où elle fait, entre autres, la connaissance de Marcel Proust, Reynaldo Hahn etc.

C’est à cette époque qu’elle adopte sa coiffure en bandeaux qui devient vite célèbre et lui cache les oreilles. La critique est unanime et la couvre de fleurs. Tout le monde l’admire et s’empare de son image.

En 1895, le roi des belges, Léopold II, en visite à Paris, la voit à l’opéra Garnier et demande à lui être présentée. C’est l’origine de la rumeur sur leur liaison supposée. Les journaux l’appellent « Cléopold ». Elle proteste vigoureusement, mais cette histoire restera attachée à sa personne.

On lui propose alors le rôle de Phryné de Louis Ganne au Casino de Royan. Avec l’accord de l’Opéra et devant le corps de ballet de l’Opéra de Bordeaux, elle obtient un triomphe mérité.

Elle est élue Reine de beauté, en 1896, par les lecteurs du journal L’Illustration. Le sculpteur Alexandre Falguière présente au Salon la Danseuse, représentant Cléo dans son plus simple appareil. A tout juste 21 ans, sa réputation est déjà perdue. Pour échapper aux rumeurs, elle part en Amérique où elle obtient un succès colossal.

Elle ploie sous les propositions. Elle remplit toutes les salles où elle se produit parfois plusieurs semaines de suite. Au Canada, La presse de Montréal écrit :

« Ses yeux sont d’un brun velouté et leurs victimes ne se comptent plus. Sa chevelure est brune, et l’art qu’elle met à l’arranger n’a pas peu contribué à faire de cette tête un modèle. Son visage est mince et délié ; ses traits sont parfaits. »

En 1900, on peut l’admirer à l’Exposition Universelle, dans une suite de danses cambodgiennes, avec les musiciens du roi du Cambodge, aux Folies Bergères dans Lorenzo. En 1905, on la voit dans Tanagra. Souvent ses partenaires sont féminines, ainsi pour Endymion et Phoebe, le rôle est tenu par une certaine Régina Badet. La critique est flatteuse à souhait.

En 1909, elle est au Théâtre du Châtelet. A la déclaration de la Grande Guerre, elle se réfugie à Bordeaux. Elle y rencontre Léon Blum, alors critique dramatique. Quelques mois après, elle s’installe à Biarritz. Elle donne alors des représentations pour les blessés de guerre.

Elle rentre à Paris en 1915. On lui propose beaucoup de rôles. Elle danse à l’Opéra-comique, puis quitte Paris pour Pau.

Après la guerre, elle reprend sa carrière et retrouve intacte la ferveur du public. En 1934, elle remporte un grand succès dans La Revue 1900. Elle a presque 60 ans ! Bien qu’on lui propose des tournées, elle désire en rester là.

Edgar Degas, Giovanni Boldini, Henri de Toulouse Lautrec, Jean-Louis Forain font son portrait, sans parler des photographes Paul Nadar ou Cecil Beaton (pour Vogue, en 1964).

En 1950, Simone de Beauvoir publie Le deuxième sexe où elle parle des « cocottes » du 19ème auxquelles elle assimile Cléo. Elle croit celle-ci morte depuis longtemps mais Cléo porte plainte puis gagne son procès et 1 franc de dommages.

Cléo de Mérode écrit aussi ses mémoires, Le Ballet de ma vie (Paris, Pierre Horay, 1955). Elle s’éteint le 17 octobre 1966, à Paris (8ème). Elle repose avec sa mère.

Pour voir de nombreuses images de Cléo

Sources : Ripa Yannick, Cléo de Mérode, icône de la Belle Epoque, Taillandier, 2022. Date de création : 2006-02-20.

Photos

Monument

La tombe, une belle dalle de granit rose, est ornée d’une statue en marbre, œuvre de Luis de Périnat. Ce grand d’Espagne, sculpteur de talent, est son amant de 1906 à 1919. L’œuvre représente une femme assise sur la dalle et qui apporte des fleurs.

Inscriptions :

Ici repose Vincentia, Bne de MERODE, Mödling (Autriche), 27 octobre 1856, Paris, 29 juin 1899.

Cléo de MERODE, 1875-1966.

A ma maman, chagrin.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 25 octobre 2022