MARILHAT George Antoine Prosper (1811-1847)
France

portrait de Marilhat par Théodore Chassériau, 1835 - Musée du Louvre
Peintre orientaliste

Georges Antoine Prosper Marilhat voit le jour le 26 mars 1811 à Vertaizon (Puy-de-Dôme). L’enfance et l’adolescence de Prosper Marilhat, fils du banquier Pierre-Luc Marilhat et de Jeanne Boudal Delapchier Du Chasseint, se déroulent entre le château de Sauvagnat à Vinzelles et Thiers (Puy-de-Dôme) où il suit ses études classiques. Le « pauvre et médiocre » dessinateur italien Valentini et l’artiste régional Goutay l’initient au dessin et à la peinture.

Sa famille bourgeoise lui souhaite une carrière dans la traditionnelle coutellerie thiernoise. Pendant dix-neuf mois, Marilhat s’improvise commis-voyageur dans le midi de la France pour le compte d’un oncle industriel coutelier. Mais Marilhat remplit plus ses carnets de dessins que les bons de commande. Ses parents cèdent aux pressions du baron de Barante.

Prosper Marilhat quitte Thiers, en 1829, pour Paris où il intègre l’atelier de Charles Cicéri qu’il abandonne rapidement pour celui de Camille Roqueplan. Il débute au Salon de 1831 avec un « Site d’Auvergne ». Son goût pour Poussin et les grands classiques le font surnommer « Précis ». Le baron von Hugel qui prépare une expédition scientifique au Moyen-Orient le remarque et l’invite. Il s’embarque à Toulon sur le brick D’Assas avec toute l’expédition, début mai 1831.

Dans sa correspondance avec sa famille, Marilhat donne des descriptions de son voyage qui font l’admiration de Théophile Gautier « Marilhat aurait pu acquérir, comme écrivain, le nom qu’il a conquis comme peintre ». Marilhat laisse l’expédition à Alexandrie et, pour subsister, il peint des portraits et quelques décors de théâtre. Il retourne en France sur le Sphinx, qui remorque l’obélisque de Louxor, en compagnie du lieutenant de vaisseau et graveur Léon de Joannis et avec lequel il collaborera pour sa publication « Campagne du Luxor« .

Mi-Mai 1833, il débarque à Marseille fort de dix albums de croquis et dessins. G. Schurr se trompe en écrivant « on le baptisa l’Égyptien ». En effet, Marilhat écrit, en rade de Toulon, le 18 mai 1833 un courrier adressé à sa sœur et signe « L’Égyptien Prosper Marilhat ». Après un passage en Auvergne où il peint dans la région de Royat, Marilhat s’installe à Paris qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort, hormis les deux mois de vacances qu’il passe dans la région thiernoise chaque année, et, les deux voyages qu’il effectue en Italie et en Provence.

Il fréquente le « Cercle des Arts » où il rencontre Prosper Mérimée. Au Salon de 1834, ses œuvres à sujets égyptiens, dont « La place de l’Esbekieh« , suscitent l’enthousiasme de Théophile Gautier. Au Salon de 1835, le succès se poursuit avec des paysages d’Auvergne « Intérieur d’un village, environs de Thiers » et d’Orient. Il reçoit la Médaille d’Or pour le « Souvenir de la Campagne de Rosette« .

Marilhat grave seulement deux eaux-fortes représentant ses deux chefs-d’œuvre : « La place de l’Esbekieh » et « Souvenir de la campagne de Rosette« . On ne peut que regretter un chiffre aussi faible car Marilhat se place parmi les pionniers de l’orientalisme. En revanche, ses tableaux sont largement diffusés par la lithographie et la gravure. L’été 1835, sur les conseils de Caruel d’Aligny, il effectue le traditionnel voyage en Italie (Rome, Livourne, Venise, Bologne, Milan). Charles Philippe Auguste Carey (1824-1897) grave en 1850 « La conversation dans un parc » qui représente la Villa Pamphili.

Il rapporte un tableau « Crépuscule » qui est refusé par le jury du Salon. Pendant l’été 1836, il voyage en Provence (Viviers, Villeneuve-lès-Avignon) en compagnie de Corot et d’un ami de ce dernier Achille Adolphe Francey ainsi que de Lacroix. Au salon de 1837, Marilhat expose « Paysage pastoral de Grèce » dans lequel D. Menu perçoit « l’influence de son ami le peintre Caruel d’Aligny ». Au Salon de 1838, il expose  le Pont du Gard. Il subit l’influence de Cabat et d’Aligny. Marilhat expose aux salons de 1839, 1840, 1841,1844.

Un envoi de Marilhat au Salon de 1844 influence Fromentin. Malade, Marilhat ne peut retourner en Orient et exécute à Paris trois commandes royales en 1844 et 1845. En 1846, ses amis Prosper Mérimée et Corot interviennent pour qu’une bourse de 1 200 francs lui soit attribuée. Il meurt le 13 septembre 1847 à Paris après avoir perdu la raison, victime d’une cruelle maladie. Son atelier (61 tableaux, 22 dessins…) est vendu les 13 et 15 décembre 1849.

Sources : -. Date de création : 2008-12-21.

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Date de la dernière mise à jour : 30 mars 2021