LESPINASSE Augustin, comte de (1736-1816)
France

portrait par Angelica Kaufmann, 1798 - Musée de l'Armée, Paris

Augustin, comte de Lespinasse, nait à Reuilly (Indre) le 16 octobre 1737. Il sert d’abord dans les Mousquetaires noirs de la maison du roi, et entre ensuite, en 1769, dans les carabiniers, en qualité de cornette. Aide-de-camp du colonel de Poyanne, il fait en cette qualité les dernières campagnes de la guerre de Sept-Ans, et, après la paix de 1763, ii est réformé et entre dans l’artillerie, où il devient lieutenant dans le courant de la même année.

Le duc de Choiseul, alors ministre de la guerre, rend justice à son mérite, en le chargeant de composer un traité sur la Théorie et la pratique de la trigonométrie et sur celle du nivellement, imprimé en 1768. Il est fait capitaine le 24 mars 1767. Un avancement aussi rapide lui fait des envieux, et il a à soutenir plusieurs duels dans lesquels il se montre brave et généreux. Attaché à la place de Strasbourg, il a bientôt l’inspection des manufactures de Saint-Etienne et de Maubeuge. Major le 25 mai 1788, il est chargé par le ministre de la guerre d’établir un dépôt central d’artillerie à la Charente-sur-Loire, projet que la Révolution fait avorter.

Nommé lieutenant-colonel en 1791, il commande en second l’artillerie à l’armée du Rhin. Envoyé à l’armée des Pyrénées-Occidentales, avec le grade de colonel du 2e régiment d’artillerie, il se distingue à la Croix-des-Bouquets, et reçoit en récompense le grade de général de brigade que lui confèrent les représentants du peuple à cette armée. Suspendu de ses fonctions par le Comité de salut public, puis rappelé à l’armée qu’il vient de quitter, il sert sous le général Muller, et reçoit l’ordre de bombarder Fontarabie : il prend Bera, passe la Bidassoa sous le feu de l’ennemi, sauve le parc d’Irun, et le 14 thermidor an II, Fontarabie est à nous.

Elevé au grade de général de division par les représentants, le ministre, non-seulement ne le reconnait pas dans ce grade, mais encore il le laisse sans emploi. Envoyé, quelque temps après, par le Directoire, en Italie, il arrive à Milan au moment où le général en chef Bonaparte vient de décider le siège de cette ville; et les moyens d’attaque en les comparant aux ressources de la défense, étant de très-mince importance, la reddition de la citadelle, après onze jours de tranchée ouverte, fait le plus grand honneur an général Lespinasse.

Il concourt aux victoires de Castiglione, de Seravole, de Roveredo, aux deux attaques de Saint-Georges, au blocus de Mantoue, à Arcole, où il se couvre de gloire (expressions du bulletin), lorsque Berthier marche sur Rome pour venger Duphot, Lespinasse commande l’artillerie; enfin, à la suite de la bataille de Rivoli, le général Bonaparte demande et obtient pour lui le grade de général de division. Rentré en France, on lui confie le commandement en chef de l’artillerie de l’armée d’Angleterre, et il concourt avec le général Hédouville aux négociations de la paix avec les insurgés de la Bretagne.

Le premier Consul le fait entrer au Sénat, et quelques mois plus tard, en l’an VIII, Lespinasse publie un «Essai sur l’organisation de l’arme de l’artillerie», dont il a conçoit l’idée à l’armée du Rhin, et qu’il a appliquée à l’armée des Pyrénées-Occidentales; mais il ne met la dernière main à son travail qu’à l’armée d’Italie, lorsqu’il combine sa pensée avec les principes du général en chef, principes qu’il a adoptés d’une manière absolue :

« Organisons, dit-il, l’arme de l’artillerie, non comme elle devrait être organisée pour vaincre, mais comme elle a vaincu, dirigée par ce grand capitaine. »

L’Empereur lui donne, par décret du 2 du même mois (prairial an XII), la sénatorerie de Pau, et plus tard, celle de Dijon, et le nomme président du collège électoral de la Nièvre. Le général Lespinasse est un de ceux qui votent la déchéance de l’Empereur. Louis XVIII le nomme et Napoléon n’ayant pas jugé à propos de le rappeler à lui, il meurt à Paris le 28 décembre 1816. On lui doit les embellissements du jardin du Luxembourg.

« Le plus beau triomphe est un crime, si du monde il fait le malheur ; L’effort de la vertu sublime est de l’emporter en grandeur. »

Titres : comte de l’Empire (1808), Pair de France (4 juin 1814). Distinctions : légionnaire (9 vendémiaire an XII), grand-officier de la Légion d’honneur (25 prairial an XII), chevalier de la Couronne de Fer en 1807, chevalier de Saint-Louis (4 juin 1814).

Sources : Dictionnaire des braves et des non-girouettes, 1816 ; Mullié (Charles) Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer, de 1789 à 1850, Paris, 1852 ; Base Léonore (Légion d’honneur) Date de création : 2008-09-11.

Monument

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Date de la dernière mise à jour : 25 février 2021