LA VALETTE Marie, née CARROW-BIRKETT, marquise de (1806-1831)
États-Unis

buste en plâtre par Jean-Baptiste Carpeaux - Musée d'Orsay (Paris)
Américaine, épouse du ministre de l'intérieur de Napoléon III

Marie, marquise de La Valette, née Marie Carrow Birkett, voit le jour aux Etats-Unis le 4 septembre 1806. Elle est la première épouse de Charles Félix, comte de La Valette. La marquise s’éteint prématurément le 19 août 1831. Le comte de la Valette, né à Senlis (Oise), le 25 novembre 1806, devient ministre de l’Intérieur du 28 mars 1865 au 13 novembre 1867 (avec l’intérim des Affaires étrangères du 1er septembre au 2 octobre 1866), puis ministre des Affaires étrangères du 17 décembre 1868 au 17 juillet 1869.

Ami de Rouher (dont son fils adoptif épouse la fille aînée), le marquis de La Valette est appelé au ministère de l’Intérieur en 1865, alors que son protecteur est au faîte de la puissance. Ancien député guizotin (1846-1848) et sénateur depuis 1853, bonapartiste de tempérament autoritaire, il est, dans son administration, l’instrument docile de Rouher, et pousse ce dernier à freiner l’évolution libérale de l’empire. Lorsque après le 19 janvier 1867, sont mises en chantier de nouvelles lois sur la presse et sur les réunions, et que la résistance aux réformes n’est plus possible, La Valette préfère démissionner.

En outre, les ministres doivent désormais défendre eux-mêmes leur action devant le Corps législatif, et il n’a pas les qualités d’un orateur ; il ne s’est d’ailleurs jamais vraiment senti à sa place au ministère de l’Intérieur : « Mon affaire à moi, c’est une ambassade.  » En effet, entré dans la carrière diplomatique sous Louis-Philippe, il représente la France à Constantinople de 1849 à 1853 et en 1860-1861.

Libre penseur anticlérical, marié à une protestante d’origine américaine, il est l’instrument de la politique de Thouvenel auprès du Saint-Siège en 1861 et 1862. En raison de ces opinions, et parce qu’il est un partisan notoire de l’évacuation du corps expéditionnaire français de Rome, il ne peut, comme cela a d’abord été envisagé, être nommé aux Affaires étrangères aussitôt après son départ du ministère de l’Intérieur.

A cette date, en effet, le rebondissement de la question romaine impose le retour des troupes françaises dans la capitale pontificale. La Valette doit donc attendre un an pour être titulaire de ce portefeuille, dont il assure l’intérim au moment du renvoi de Drouyn de Lhuys, et qui est l’aboutissement normal de sa carrière. Son retour au gouvernement inquiète les catholiques, mais la priorité est désormais aux affaires d’Allemagne. Déjà, lors de son intérim, il a à endosser la responsabilité de la circulaire qui porte son nom mais qui est rédigée essentiellement par Rouher et Napoléon III.

Celle-ci a pour but de justifier la neutralité française entre la Prusse et l’Autriche, au lendemain de Sadowa, et comporte notamment cette phrase : « La grandeur d’un pays ne dépend pas de la faiblesse de ses voisins. » Fidèle à cette orientation, La Valette agit dans un sens favorable à la Prusse, à l’acceptation de l’unité allemande et à la paix, répugnant à un rapprochement avec l’Autriche, que la politique contraire suppose. Il a aussi à régler l’affaire des chemins de fer belges, qui est un échec diplomatique.

Les élections de 1869, en amenant la disgrâce de Rouher et un nouveau pas dans le sens libéral, sont à l’origine de son renvoi. Nommé ambassadeur à Londres, où il demeure jusqu’à l’avènement du cabinet Ollivier, il s’oppose à l’empire parlementaire et reste fidèle, après la défaite, à la famille impériale.

Sources : Yvert (B.) Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990. Date de création : 2007-11-19.

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Date de la dernière mise à jour : 25 février 2021