HEIDSIECK Bernard (1928-2014)
France

photo anonyme - Ecole Supérieure d'Art et de Design, Marseille

Bernard Heidsieck, voit le jour le 30 novembre 1928. À la suite de la parution du recueil Sitôt dit, en 1955, Bernard Heidsieck constate l’état moribond de la poésie, cantonnée selon lui à l’espace blanc de la page dans laquelle elle finit par se « noyer ». C’est après avoir assisté aux concerts du Domaine Musical de Pierre Boulez, où il entend notamment le Chant des adolescents de Stockhausen, puis aux performances des artistes de Fluxus au Domaine Poétique (créé par Jean-Loup Philippe et Jean-Clarence Lambert en 1961), qu’il prend conscience du « retard » de la poésie sur les expérimentations musicales et artistiques du temps.

Il entreprend alors de sortir le poème de la page imprimée, et crée, à partir de 1955 ses premiers « poèmes-partitions », avant d’utiliser le magnétophone comme principal outil de création à partir de 1959, fondant ainsi, avec François Dufrêne, Gil J. Wolman et Henri Chopin, la « poésie sonore », c’est-à-dire, selon sa définition restreinte, une poésie faite par et pour le magnétophone. Mais, en plus de la dimension sonore, la dimension visuelle du poème prend pour Heidsieck une importance majeure : le poème, tel qu’il est conçu, trouve son achèvement sur la scène, dans le moment de sa performance. C’est la raison pour laquelle il rebaptise sa pratique, à partir de 1963,

Extrait de Poésie action :

«Ce que je cherche toujours, c’est d’offrir la possibilité à l’auditeur/spectateur de trouver un point de focalisation et de fixation visuelle. Cela me parait essentiel. Sans aller jusqu’au happening loin de là, je propose toujours un minimum d’action pour que le texte se présente comme une chose vivante et immédiate et prenne une texture quasiment physique. Il ne s’agit donc pas de lecture à proprement parler, mais de donner à voir le texte entendu.»

Poète, Bernard Heidsieck exerce parallèlement une carrière de banquier : il est vice-président de la Banque Française du Commerce Extérieur à Paris. Le lien entre les deux activités est notamment au cœur du poème-partition « B2-B3. Exorcisme » (1963) et de certains poèmes de Derviche/Le Robert.

Invité de très nombreux festivals, il organise lui-même le Panorama International de poésie sonore en 1976, à la Galerie Annick Lemoine (Paris), ainsi que les Rencontres internationales 1980 de poésie sonore qui se déroulent à Rennes, au Havre et au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou à Paris. Il est également auteur d’une importante œuvre plastique, avec ses planches d' »écritures-collages », dont « Les Foules » constituent le premier ensemble, en 1970. Conçu entre 1973 et 1979, Canal Street se construit autour de la réalisation d’un ensemble de planches à partir de transistors trouvés sur l’avenue du même nom, à New York.

Toujours avec le matériau « sonore », dont des bandes magnétiques, il réalise également plusieurs abécédaires. Il reçoit en 1991 le grand prix national de la poésie et été président de la Commission Poésie du Centre national du livre. Il meurt à Paris le 22 novembre 2014, à 85 ans. Il repose avec sa femme, la peintre et photographe Françoise Janicot Heidsieck (1929-2017).

Sources : Wikipedia. Date de création : 2017-07-18.

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Date de la dernière mise à jour : 14 février 2021