DEVINCK François Jules (1802-1878)
France

photo anonyme - BNF-Gallica
Fabricant de chocolat

François Jules Devinck voit le jour le 26 avril 1802 à Paris. Il fonde à Paris, en 1830, une fabrique de chocolat, qui devient une des plus importantes de la capitale. Devinck devient juge au tribunal de commerce en 1837, puis président en 1848.

Il devient membre de la Chambre de commerce et membre du conseil général de l’agriculture, du commerce et des manufactures. Devinck fait partie, après 1848, de la commission municipale et départementale de la Seine. Il en devient, par la suite secrétaire et vice-président élu. Il est élu, sous les auspices de M. Thiers, le 30 novembre 1851, représentant de la Seine à l’Assemblée législative, par 52 369 voix, en remplacement du général Magnau, démissionnaire.

Cette élection est considérée alors comme un échec pour la politique du prince président. Elle précipite, peut être, le coup d’Etat, qui a lieu deux jours après. Dans ces circonstances, ni le procès-verbal des élections ni les journaux de l’époque ne mentionnent les chiffres des votants et des inscrits, et on ne vérifie jamais ses pouvoirs.

Trois mois après, le 29 février 1852, M. Devinck se présente, comme candidat officiel au Corps législatif, dans la 2ème circonscription de la Seine. Il l’emporte par 12,189 voix sur 21,974 votants et 36,082 inscrits, coutre 4,874 voix à M. Mortimer Ternaux, et 2,343 au général Lamoricière. Pour ses débuts oratoires (22 juin 1852), il promet au gouvernement « un concours loyal et sincère », et défend la commission du budget.

Il prend souvent la parole dans les discussions financières, et soutient eu toute occasion l’administration du préfet de la Seine. Réélu, le 29 juin 1857, par 10,472 voix sur 20,111 votants et 35,086 inscrits, contre 9,070 voix à M. Bethmont, et 126 au général Cavaignac, il est rapporteur de la loi sur la Banque de France (1857) et deux fois rapporteur du budget en 1858 et 1859.

Il demande, en avril 1858, qu’on établisse l’équilibre du budget en rognant les dépenses des neuf ministères, notamment du ministère de la guerre. En effet, celui ci, sur un budget de dépenses de 1,736 millions, en absorbe 51%. L’année suivante, il dépose son rapport le jour de la déclaration de guerre à l’Autriche (3 mai 1859). Il fait valoir les accroissements de recettes, tout en protestant discrètement contre la faculté d’ouvrir de nouveaux crédits dans l’intervalle des sessions.

En mars 1862, il signe et développe à la tribune l’amendement tendant à la substitution du vote du budget par chapitres au vote du budget par ministère « qui entrave toute liberté d’action pour le vote de l’impôt ». Mais il retire son amendement devant les protestations du ministre des finances, Magne, qui prétend « que le vote du budget par masses empêche les empiétements possibles du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif ».

En 1863, il est président de la commission du budget. On lui doit le nouveau système de comptabilité et de surveillance en matière de faillite, système qui en simplifie toutes les opérations. Aux élections générales du 1er juin 1863, il échoue dans son arrondissement avec 9,845 voix contre M. Thiers, qui obtient 11,112 suffrages.

Il n’est pas plus heureux aux élections du 24 mai 1869. Devinck échoue, au second tour, après une lutte des plus vives, avec 9,802 voix, contre 15,909 à Thiers député sortant, élu, et 5,721 à d’Alton-Shée, candidat radical. Il est président de l’association des voyageurs de commerce du département de la Seine. Il décède le 20 novembre 1878 à Paris.

Publications : Pratique commerciale et recherches historiques sur la marche du commerce et de l’industrie (1867).

Extrait (du journal Le Petit Parisien, du 22/11/1878, Nécrologie) :

« 20 novembre 1878. Mort de François Jules Devinck, le fabricant de chocolat de la rue Saint-Honoré. Nous apprenons la mort d’un des plus importants industriels de Paris, M. Devinck, ancien président du tribunal de commerce de la Seine, ancien député. M. Devinck est âgé de soixante-seize ans, mais il est encore très vigoureux, et rien dans son état de santé ne faisait prévoir cet événement : mardi encore il vaquait paisiblement à ses affaires. Hier il a été atteint subitement par la mort dans sa maison de la rue Saint-Honoré, que tous les Parisiens connaissent pour s’être arrêtés, devant la vitrine où on voit fabriquer son fameux chocolat.

On se rappelle sans doute que M. Devinck, après avoir été député de 1852 à 1863, échoua ensuite par deux fois contre M. Thiers ; à cette époque, on disait que, si le nom de M. Thiers restait gravé sur les tablettes de l’histoire, celui de M. Devinck n’était marqué que sur les tablettes de chocolat. Nous devons ajouter que, toute politique à part, la personnalité de M. Devinck a toujours été sympathique à Paris; il a rendu de réels services aux classes populaires, et il sera à coup sûr unanimement regretté. »

Distinctions : chevalier (10 décembre 1849), officier (10 septembre 1849), commandeur (23 aout 1860), grand-officier de la Légion d’honneur (30 juillet 1867).

Sources : Robert (Adolphe), Bourloton (Edgar), Cougny (Gaston) Dictionnaire des parlementaires français, 1789 1891, Bourloton éditeur, Paris, 1891 ; Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2012-01-31.

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Date de la dernière mise à jour : 22 avril 2021