DEMIDOFF Nicolas, comte de San Donato (1773-1851)
Russie

portrait anonyme - Collection privée

Nicolas Demidoff voit le jour le 9 novembre 1773, en Russie. C’est le fils de Nikita Akinfievitch Demidoff (1724-1786) et de sa troisième épouse Alexandra Safonova. A 15 ans, il hérite de l’empire industriel de son père. Il se met à dépenser de manière si inconsidérée que le gouvernement doit le placer sous curatelle.

En septembre 1795, il épouse la baronne Élisabeth Alexandrovna Stroganoff (1779-1818). Ils auront quatre enfants : Alexandra (1796-1800), Pavel (1798-1840), Nikolaï (1799-1800) et Anatoly, prince de San Donato (1813-1870). Il entre dans la diplomatie et le jeune couple s’installe à Paris.

Là, tous deux soutiennent Napoléon Ier. Ils logent alors dans l’hôtel de Brancas-Lauragais, à l’angle de la rue Taitbout et du boulevard des Italiens. Mais la montée des tensions entre la France et la Russie entraîne le rappel de Nicolas. Il rentre donc en Russie en 1812 et s’installe à Moscou. Il se distingue durant la guerre russo-turque (1806-1812). Après la naissance d’Anatoly en 1812, ils se séparèrent. Elle retourne vivre à Paris où elle meurt le 8 avril 1818.

En 1812, après le début de la campagne de Russie, il finance la création d’un régiment d’infanterie dont il prend le commandement.

En 1813, il fait don au musée minéralogique de Moscou d’importantes collections pour remplacer celles qui avaient été perdues dans l’incendie lors du siège de la ville par Napoléon. Il donne également à l’Université de Moscou d’importantes collections d’art. Il finance aussi la construction de quatre ponts à Saint-Pétersbourg.

Avec l’âge, il devient lui aussi un industriel avisé. Il modernise l’infrastructure technique de ses usines et double sa fortune. Il dote sa patrie de plusieurs industries, y crée des établissements d’utilité publique, perfectionne l’exploitation des mines, et particulièrement la mine de malachite de Nijni Taguil, à Iekaterinbourg (en Oural), la mine de cuivre de Mednoroudiansky où un filon de 250 tonnes sera découvert. Le plus gros bloc de malachite trouvé dans cette mine pèse 40 tonnes. Par l’exploitation minière de malachite, Nicolas se constitue un revenu qui s’élève à 5 millions de roubles.

C’est lui qui acclimate en Crimée les vignes de Bordeaux et de Champagne, ainsi que l’olivier de Lucques. En 1814, il achète à l’église catholique 42 hectares de terrains marécageux au nord de Florence. il compte y établir sa résidence et y construire un palais. Il finance également la création d’écoles, d’hôpitaux et autres institutions charitables en Toscane. À San Donato, il crée un théâtre et une académie de langues étrangères.

Stendhal raconte que, lors d’un séjour à Rome au palais Ruspoli, Demidoff fait venir une troupe de comédiens français dont une pièce offense les autorités religieuses. Ce scandale l’empêche de mener à bien un projet de déblaiement du Forum, alors couvert de plusieurs mètres de terre.

En 1819, il commande au sculpteur-fondeur français Pierre Philippe Thomire, « Le vase Demidoff ». Celui-ci est de style empire, en placage de malachite (provenant de sa mine d’Oural), monté en or moulu, haut de 1,715 mètre.

En 1819, il devient ambassadeur de Russie auprès de la cour de Toscane et s’installe à Florence, au Palazzo Serristori. Sur le terrain acheté en 1814, il fait construire la villa San Donato, de 1827 à 1831. Elle comprend, outre des appartements privés richement meublés, une suite de quatorze salles abritant une énorme collection d’art, constituant un véritable musée (la Collection Demidoff).

Sa collection d’œuvres d’art se répartit entre ses résidences de Paris, Moscou, Saint-Pétersbourg et San Donato. C’est alors la plus importante collection privée d’Europe. Elle compte des maîtres flamands et italiens, des arts décoratifs, et une célèbre série d’armes, aujourd’hui conservée à la Wallace Collection à Londres. Sa collection de statues grecques et romaines se trouve désormais au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Par décret du 23 février 1827, le grand-duc Léopold II de Toscane le fait « comte de San Donato », pour services rendus au Grand-Duché de Toscane. En effet, il a créé une manufacture de soieries et a utilisé ses ressources financières pour des actions humanitaires. Il passe ses dernières années en France et en Italie, vivant dans la société des savants.

Il décède en 1851, à l’âge de 70 ans, à Paris (2ème), et est inhumé au cimetière de Montmartre le 3 février. Ses fils héritent de son empire industriel en Russie : armes, munitions, forges et aciéries, mines de malachite, avec quinze villages-usines et neuf usines dans l’Oural.

Il rejoint le mausolée fait par son fils Anatoly au Père Lachaise, le 12 décembre 1851, et retrouve son épouse, la baronne Élisabeth Alexandrovna Stroganoff (1779-1818). Il repose aussi avec son ami le dessinateur Louis Auguste de Sainson (1800-1874).

En 1880 a lieu la dispersion des objets d’art de la collection Demidoff, par son fils Paul Demidoff. Le vase est acheté par le milliardaire américain William Henry Vanderbilt, qui l’exposera, en 1881, dans le hall du Triple Palais Vanderbilt, à New York. Puis le vase sera mis en vente en 1944, par la veuve de Cornelius Vanderbilt III. Il sera alors acheté par le Metropolitan Museum of Art (New York), grâce au mécénat du contre-amiral Frederic R. Harris.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2026-04-20.

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Inscriptions : Aucune le concernant.

 

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Date de la dernière mise à jour : 23 avril 2026