DEMIDOFF, Elisabeth Alexandrovna STROGANOFF comtesse (1779-1818)
Russie

Demidoff Elisabeth Alexandrovna comtesse Stroganoff portrait par Robert Lefebvre Musée de L'Hermitage St Petersbourg Russie
Demidoff Elisabeth Alexandrovna comtesse Stroganoff portrait par Robert Lefebvre Musée de L'Hermitage St Petersbourg Russie
Une légende du Père-Lachaise

Elisabeth Alexandrovna Stroganoff, comtesse Demidoff, est une aristocrate russe née le 5 février 1779. A seize ans, elle épouse le comte Nicolas Demidoff dont elle aura deux enfants : Pavel, né en 1798 et décédé en 1840, et Anatoly, né en 1813 et décédé en 1869, qui sera fait prince de San Donato. Nicolas Demidoff entre dans la diplomatie. Le jeune couple s’installe à Paris. Ils sont d’ardents soutient de la cause de l’empereur Napoléon. Mais, les tensions et les divisions entre l’empereur et le tsar Alexandre 1er entraînent le rappel du couple dès 1805. Le jeune ménage s’installe dans un premier temps en Italie. Il ne rentre en Russie qu’en 1812 et s’installe alors à Moscou. Malgré sa sympathie pour Napoléon, le comte Demidoff lève un régiment pour combattre l’invasion de l’armée française. Les deux époux ont des caractères opposés et ils sont très souvent éloignés l’un de l’autre. Elisabeth s’ennuie ferme avec son mari. Après la naissance d’Anatoly en 1813, ils se séparent. Elle retourne vivre à Paris où elle décède le 27 mars 1818.

Le comte Nicolas occupe le poste d’ambassadeur de Russie auprès de la cour de Toscane où il construit la villa San Donato à Florence. Le Grand-Duc Léopold II de Toscane, par décret en date du 23 février 1827, le fait comte de San Donato pour service rendu à la Toscane par la création d’une manufacture de soieries. Nicolas Demidoff poursuivit l’accroissement de la fortune familiale : il est « batteur d’or », c’est-à-dire propriétaire de mines d’or, de cuivres et d’argent, dans l’Altaï (Asie Centrale), et créateur de nombreuses manufactures.

Légende : Bien des légendes entourent ce monument, elles font partie du folklore pèrelachaisien, et leur origine est perdue. En voici une : Le gigantesque et somptueux mausolée de la baronne russe Élisabeth Alexandrovna Stroganoff serait un lieu d’accès direct aux enfers ! Et voici la plus connue : le visiteur qui réussirait à passer un an dans le tombeau hériterait de la fortune des Demidoff.

Extrait (d’une interview du conservateur du Père Lachaise par Adolphe Brisson, dans le journal Le Temps le 2 novembre 1896) :

Cette légende naquit, voilà quelques années, à la troisième page d’un journal boulevardier. On y racontait, en termes mystérieux, dans le style amphigourique des romans feuilletons, qu’une grande dame moscovite, immensément riche, s’était fait enterrer au Père-Lachaise. On décrivait son monument, une colonne surmontée d’un dôme polychrome, et sa chapelle dallée de marbre précieux, et son cercueil en cristal de roche. On ajoutait que la princesse avait déposé son testament chez un notaire de Paris et qu’elle léguait la totalité de sa fortune (approximativement deux millions de roubles) à la personne de bonne volonté qui consentirait, pendant 365 jours et 366 nuits, à s’enfermer auprès de son corps dans la solitude du caveau, et à ne s’en éloigner sous aucun prétexte. La princesse désirait être veillée sans interruption ; elle ne s’opposait pas à ce qu’on fît à côté d’elle plantureuse chère, à ce qu’on lût des livres amusants. Mais il ne fallait point la quitter d’une seconde. Elle mettait cette condition expresse à ses libéralités. […]

Cette fable, renouvelée de Shéhérazade, est reproduite un peu partout en France, en Europe, en Amérique. Le conservateur a reçu des milliers de lettres (sic) lui demandant des renseignements sur la féerique princesse, et s’inquiétant des conditions à remplir pour devenir son héritier. Et l’on continue de lui écrire. » La dernière demande daterait de 1984, les légendes ont la vie dure ! Cette légende fait aussi suite à des articles de presse des années 1880-90, sous la plume de journalistes américains, déclarant après une visite du Père Lachaise, que cet enclos funèbre dégageait des effluves mystérieuses, se prêtant à toutes les légendes. A tout hasard, plus de 30 personnes reposent dans ce monumental tombeau, difficile de cohabiter, donc, même pour une année, avec une comtesse mystérieuse !

Pour en savoir plus sur l’histoire du mausolée.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2006-01-05.

Monument

Le monument est édifié au sommet du cimetière, dans la 39eme division, près de Masséna. C’est un monument imposant sur les plans de l’architecte Jaunet. Le tombeau, en marbre de Carrare, a la forme d’un temple avec des colonnes doriques qui abrite un sarcophage « en cuve cintré », sur le modèle de celui de St Jean de Latran (Rome, Italie). Vers 1845, son fils, le prince Demidoff, époux de la princesse Mathilde, cousine de Napoléon III, fait déplacer ce tombeau (donc le fait démonter et remonter, pierre à pierre !) et l’installe sur un énorme ouvrage de soubassement en pierres, permettant ainsi de consolider la « falaise de Charonne » en bordure du chemin du Dragon, dû à l’architecte Jean Charles Danjoy. Celui-ci fait sculpter dans le soubassement des marteaux de batteur d’or, des zibelines et de têtes de loup qui évoquent l’origine de la fortune de la famille dans les mines et le commerce des fourrures d’Asie centrale. Le monument est encadré de torchères.

Inscriptions : Ici reposent les cendres d’Elisabeth Demidoff née Baronne de Stroganoff décédée le 8 avril 1818.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 6 mars 2021