DECAUX Alain (1925-2016)
France

Créateur de la tribune de l’histoire, L’histoire pour tous …

Alain Decaux voit le jour le 23 juillet 1925 à Lille. C’est le fils de Francis Decaux (1888-1958), avocat, et de Louise Tiprez (1896-1983). Son grand-père, Henri Decaux, instituteur faisant partie des Hussards noirs de la Troisième République, donne à Alain Decaux sa vision de l’Histoire de France comme celle de la construction d’un « roman national » qui mythifie le passé. Enfant, il va à l’école à Wattignies, ensuite, à Lille au lycée Faidherbe, puis à Paris au lycée Janson-de-Sailly et à la faculté de droit. Influencé par les romans d’Alexandre Dumas et la Petite histoire de G. Lenotre, il s’intéresse dès l’adolescence à l’histoire et décide de suivre des cours dans ce domaine à la Sorbonne.

Dès l’âge de 13 ans, il voue une grande admiration à Sacha Guitry et fait sa connaissance après lui avoir demandé l’autorisation de jouer une de ses pièces de théâtre. En 1944, alors qu’il est mobilisé comme secouriste aux Équipes nationales, Alain Decaux apprend l’arrestation du « maître » et s’arrange pour faire partie des militaires chargés de garder la maison de ce dernier, située au 18, avenue Élisée-Reclus à Paris. En souvenir de ce geste, Guitry invite Decaux à revenir régulièrement, ce que Decaux fait quotidiennement durant plusieurs années, jusqu’au moment de la rencontre de Guitry avec Lana Marconi. Celle-ci lui offre l’émeraude que Guitry portait et qui orne par la suite la poignée de son épée d’académicien.

Journaliste en 1944, il publie ses premiers articles en 1946. Son premier livre édité en 1947, Louis XVII retrouvé, soutient la thèse survivantiste – ou naundorffiste -, qui perd par la suite tout crédit chez les historiens. Son deuxième livre, Letizia : Napoléon et sa mère, est récompensé par le prix d’histoire de l’Académie Française. Le 18 octobre 1951, il crée pour la radio Paris-Inter, La Tribune de l’Histoire, avec André Castelot et Jean-Claude Colin-Simard, puis Jean-François Chiappe. Le programme sera diffusé jusqu’en juin 1997 sur France Inter.

En 1957, pour la télévision, avec Stellio Lorenzi et André Castelot, il crée la série historique, La caméra explore le temps, pour RTF Télévision, devenue la première chaîne de l’ORTF. Les 39 épisodes de la série sont diffusés du 14 septembre 1957 au 29 mars 1966. Il fonde en 1960 la revue L’Histoire pour tous et devient directeur d’Historia-Magazine de 1969 à 1971. Il collabore aussi à Miroir de l’histoire, Les Nouvelles littéraires. En 1966, il coécrit avec Bernard Borderie et Francis Cosne, le scénario du film « Angélique et le Roy » réalisé par Bernard Borderie et adapté du roman d’Anne et Serge Golon.

Connu pour ses talents de conteur, il crée en 1969, pour l’Office de Radiodiffusion Télévision Française (ORTF), l’émission « Alain Decaux raconte », diffusée sur la deuxième chaîne de l’ORTF puis sur Antenne 2. Chaque mois, entre le 10 juillet 1969 et le 13 juillet 1987, il traite en direct d’un personnage ou d’un événement de l’Histoire. Cette émission forge le style Decaux : avec ses lunettes d’écaille carrées et ses costumes sobres, il « parle assis, se lève pour présenter des cartes, des photos, des croquis ». Son travail de vulgarisateur permet « à une génération entière de se réapproprier des personnages et des événements, pas toujours faciles, grâce à sa faconde et à son sens de la dramaturgie.

De façon simpliste et biaisée pour certains, qui lui ont reproché de donner dans la facilité, parfois, l’inexactitude en mettant plus en avant le roman national et ses grands hommes que l’exégèse du métier ». En 1974, il signe l’« appel de chrétiens pour la libération de tous les hommes », en faveur de la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle. Parallèlement, il poursuit l’écriture d’ouvrages historiques, de pièces de théâtre et de films. Il est élu à l’Académie Française le 15 février 1979, le même jour qu’Henri Gouhier. Il succède à Jean Guéhenno au 9e fauteuil. Il est reçu sous la coupole en 1980 par André Roussin. Il reçoit Bertrand Poirot-Delpech en 1987 et Max Gallo en 2008.

Du 28 juin 1988 au 16 mai 1991, sous la présidence de François Mitterrand, il est ministre délégué, dans le deuxième gouvernement Rocard, auprès du ministre d’État et des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie. En 1999, la fondation de Lille crée le prix Alain-Decaux de la francophonie qui se déroule tous les deux ans et récompense des nouvelles d’écrivains francophones. Alain Decaux en est le parrain à partir de 2003. En 2005, il est avec Frédéric Beigbeder, Mohamed Kacimi, Richard Millet, Daniel Rondeau et Jean-Pierre Thiollet, l’un des participants du Salon du livre de Beyrouth et contribue au renouveau de cette manifestation. Le 1er juin 2010, il reçoit, dans l’enceinte de l’UNESCO, le 34e prix de la fondation Pierre Lafurne pour l’ensemble de son œuvre.

Il est membre du comité d’honneur du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), président-fondateur de la Société des amis d’Alexandre Dumas et membre étranger de l’Académie roumaine. Il épouse, en 1957, Madeleine Parisy, puis se remarie, en 1983, avec Micheline Pelletier, journaliste et photographe, proche d’Anne Sinclair. Il a deux filles et un fils. De confession catholique, il se réclame de la « gauche Victor Hugo ». Il meurt le 27 mars 2016, jour de Pâques, à l’âge de 90 ans, à l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris 15ème). Ses funérailles sont célébrées le 4 avril suivant en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides et son éloge funèbre est prononcée par le président François Hollande.

Distinctions : grand-croix de la Légion d’honneur (2013), grand-croix de l’ordre national du Mérite, commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres, commandeur de l’ordre d’Henri le Navigateur, commandeur de l’ordre national du Lion du Sénégal, officier de l’Ordre national de la Valeur (Cameroun).

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur), Wikipedia. Date de création : 2016-04-06.

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Date de la dernière mise à jour : 26 juin 2021