DAVAINE Casimir Joseph (1812-1882)
France

Casimir Joseph Davaine voit le jour le 20 mars 1812, à Saint-Amand-les-Eaux (Nord). C’est le fils du distillateur protestant Benjamin Joseph Davaine et de Catherine Vanautrève, issue d’une famille catholique de distillateurs de Deinze (Flandre orientale).

Il commence ses études à Saint-Amand-les-Eaux, les poursuit à Tournai (en Belgique) en 1828, et à Lille. En 1830, il s’inscrit à la Faculté de médecine de Paris.

En 1835, à l’Hôpital de la Charité, il rencontre Claude Bernard, avec lequel il se lie d’amitié. Il obtient son titre de médecin, en 1837, et le président du jury de sa soutenance de thèse est Alfred Velpeau.

À partir de 1838, il exerce la médecine à Paris, avant de s’installer en Provence. En 1848, il est membre fondateur de la Société de biologie.

En 1850, il observe avec Pierre Rayer des « petits corps filiformes » dans le sang d’animaux atteints par le charbon. L’antériorité de cette découverte est toutefois revendiquée par le médecin allemand Aloys Pollender, qui avait lui aussi parfaitement identifié le bacille charbonneux décrit par lui comme des « corpuscules en forme de bâtonnets », mais qui ne publie qu’en 1855 ses observations faites en 1849.

À partir de 1863, il fait des recherches sur le charbon et la septicémie du bétail qui lui vaudront son élection en 1868 à l’Académie de médecine. En 1866, il est à Saint-Julien-en-Beaujolais (Rhône) auprès de Claude Bernard souffrant et profite de ce court séjour à la campagne pour étudier les moisissures de fruits.

En janvier 1869, il épouse Maria Georgina Forbes avec qui il a eu un fils, Jules, en 1845.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il est médecin d’ambulances au sein des troupes françaises. La guerre finie, il se fait construire une maison à Garches (Hauts-de-Seine), et se passionne pour le jardinage.

À partir de 1875, sa santé se dégrade et il publie peu. Il meurt le 14 octobre 1882 à Garches, veillé par sa femme, son fils Jules et son neveu Alphonse.

Sa maison est léguée, en 1891, par sa veuve à l’Assistance publique. Celle-ci est aujourd’hui une fondation, la Fondation Davaine.

Travaux sur le charbon

En 1850, Davaine découvre, avec le dermatologue français Pierre Rayer (1793-1867), un micro-organisme dans le sang de moutons malades et morts du charbon. Ce bacille isolé dans le sang malade est connu depuis étant l’agent de la maladie du charbon. L’essai de Rayer sur le charbon (1850)10 contient ainsi la première description du Bacillus anthracis. Rayer y décrit le résultat de l’inoculation de sang charbonneux à des moutons sains et constate que le sang de moutons sains inoculés a les mêmes caractéristiques que celui des animaux atteints de cette maladie.

En 1863, Davaine démontre que ce bacille peut être directement transmis d’un animal à un autre. Il publie dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences deux articles dans lesquels il explique qu’il a transmis le charbon à divers animaux par injection de sang d’animaux charbonneux. À la fin du second article, il considère comme prouvé que la bactérie est l’agent causal de la maladie.

Plus tard, le médecin allemand, Robert Koch (1843-1910), apportera des éléments sur l’épidémiologie du charbon.

Autres travaux

Casimir Davaine est aussi connu pour ses travaux de pionnier sur la « septicémie bovine ». Il fait expérimentalement la distinction entre cette maladie et le charbon, mais il ne réussit pas à isoler le germe responsable (une Pasteurella).

En 1860, il publie un monumental Traité des Entozoaires qui synthétise toute la parasitologie de son temps. Il découvre Pentatrichomonas hominis (1854), un flagellé non pathogène, symbiote du tube digestif. Il décrit le cycle d’Anguina tritici, ver parasite du blé, et propose des moyens de le combattre (1854-1856).

C’est l’un des premiers à pratiquer le diagnostic parasitologique par la recherche d’œufs dans les selles (1857). Il étudie expérimentalement le développement d’Ascaris lumbricoides et Trichuris trichiura (1858, 1862)16.

Il découvre les propriétés bactéricides de l’iode, ce qui conduira à l’utilisation d’antiseptiques iodés, en solution aqueuse (solution de Lugol) ou alcoolique (teinture d’iode, alcool iodé).

Enfin, en 1852, il résout le problème du sexe des huîtres en montrant qu’il s’agit d’un hermaphrodisme successif.

Davaine et son époque

Davaine est ami avec les grands médecins de son temps : Charcot (avec qui il a collaboré), Brown-Séquard, Robin, Vulpian, Lasègue et Laboulbène (son biographe). C’est aussi le médecin traitant et l’ami de Claude Bernard, de Pierre Rayer, son maître, et la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Il a, de plus, des relations cordiales avec Louis Pasteur, comme l’indique sa correspondance.

C’est aussi l’un des médecins les plus réputés sous le Second Empire. Il est médecin par quartier de Napoléon III ; d’Alphonsine Plessis, et de grands financiers comme les Rothschild et les d’Eichthal. Il est également lié avec le compositeur Gioacchino Rossini.

Publications :

  • De l’hématocèle de la tunique vaginale, Thèse de médecine (1837) ;
  • Traité des entozoaires et des maladies vermineuses de l’homme et des animaux domestiques, J.B. Baillière (1860, nouvelle édition revue 1877) ;
  • Recherches sur l’anguillule du blé niellé (1856) ;
  • Recherches sur la génération des huîtres, E. Thunot (1853) ;
  • Les éléments du bonheur, Grassart (1871) ;
  • Charbon, septicémie, parasitisme, microbisme, anatomie, physiologie, anomalies, tératologie. J.-B. Baillière et Fils, complétée par A. Laboulbène et A. Davaine (1889).

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (11 août 1855).

Prix :

  • de physiologie expérimentale de l’Institut (1854) pour ses recherches sur la génération des huîtres ;
  • de physiologie expérimentale (1856) pour ses recherches sur le nématode (anguillule du blé niellé) responsable de la maladie du blé connue sous le nom de Nielle ;
  • de médecine et chirurgie de l’Institut (1860) pour son Traité des entozoaires ;
  • Prix Bréant (1865) pour ses recherches sur le charbon ;
  • Prix Behague de la Société nationale d’agriculture de France (1879) ;
  • de physiologie (1879).

Hommages : Une famille et un genre de cestodes sont nommés Davaineidae et Daveinea.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2022-01-05.

Photos

Monument

Inscriptions : Famille DAVAINE

Docteur Casimir Joseph DAVAINE, 1812-1882.
Jules DAVAINE, 1845-1890.
Mme Maria DAVAINE, née FORBES, 1824-1895.
Priez pour eux.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 30 août 2023