DAUDET Lucien (1878-1946)
France

photo en 1905 - Collection privée, Vente Sotheby 31/05/2016 lot 189

Lucien Daudet voit le jour à Paris 3ème, le 9 juin 1878. C’est le fils de l’écrivain Alphonse Daudet (1840-1897), et de Julia, née Allard (1847-1940). Il a deux frères : Léon, l’aîné (1867-1942) et Edmée, le cadet (1886-1937). Tout le monde dans la famille écrit : père, mère, frère, sœur, belle-sœur (Marthe Allard sous le pseudonyme de « Pampille ») et oncle (Ernest Daudet).

Il fait publier lui-même une quinzaine d’ouvrages. Jules Renard écrit dans son Journal, le 2 mars 1895 : « Un beau garçon, frisé, lingé, pommadé, peint et poudré, qui parle avec une toute petite voix de poche de gilet. ». Jeune homme cultivé, « très beau, très élégant, mince et frêle, au visage tendre et un peu efféminé », selon Jean-Yves Tadié.

Il mène une vie mondaine qui lui fait rencontrer Marcel Proust, d’abord aux jeudis de sa mère, Mme Alphonse Daudet. Ils ont ensemble une liaison au moins sentimentale, que révèle Jean Lorrain dans sa chronique du Journal. C’est pour cette indiscrétion que Proust et Lorrain se battent en duel en 1897. Il est également l’ami de Jean Cocteau.

Par ailleurs, Lucien Daudet est aussi peintre. Après avoir pris des cours à l’Académie Julian, il est l’élève de Whistler et fait une exposition chez Bernheim-Jeune en 1906. Ses tableaux ne sont plus connus que par des allusions littéraires (correspondance de Proust, catalogue d’Anna de Noailles). Il est également, dans les dernières années de sa vie, l’ami du peintre Léon Gard, qui exécute son portrait en 1943.

Toute sa vie, il est écrasé par son père en littérature (« Je suis le fils d’un homme dont la célébrité et le talent comptent pour plusieurs générations, je reste sous son ombre »), et par Whistler en peinture (« Il m’a donné un certain goût en peinture, mais m’a donné en même temps un très grand mépris pour ce qui n’est pas de premier ordre… et j’applique ce mépris à ce que je fais »).

C’est aussi un admirateur fidèle jusqu’à ses derniers jours de l’impératrice Eugénie, qu’il a connue par l’intermédiaire de la nièce de celle-ci, la marquise de Casa Fuerte. Vers la fin de sa vie, en 1943, il épouse Marie-Thérèse, sœur cadette de Pierre Benoit. On connait Lucien Daudet aujourd’hui surtout pour sa biographie de l’impératrice Eugénie.

Il décède en 1946. Il repose avec son père, l’écrivain Alphonse Daudet (1840-1897), et sa mère, la femme de lettres et salonnière, Julia Daudet, née Allard (1844-1940).

Œuvres :

  • Le Chemin mort, 1908 ;
  • La Fourmilière, 1909 ;
  • Le Prince des cravates, 1910 ;
  • L’Impératrice Eugénie, Fayard, 1911 ;
  • Calendrier, Editions de la Sirène, 1922 ;
  • L’Âge de raison, Flammarion, 1923 ;
  • L’Inconnue, Flammarion, 1924 ;
  • Le Paradis perdu, pièce en 3 actes de Lucien Daudet et Edouard Ferras, jouée au Théâtre des Mathurins, 1926 ;
  • Autour de 60 lettres de Marcel Proust, 1928 ;
  • Dans l’ombre de l’impératrice Eugénie, Gallimard, 1935 ;
  • Vie d’Alphonse Daudet, 1941.

Sources : Mon cher petit, Lettres de Marcel Proust à Lucien Daudet, Paris, Gallimard, édition préparée par Michel Bonduelle, 1991 ; Tadié (Jean-Yves) Marcel Proust Biographie, Gallimard, 1999 ; Giocanti (Stéphane) C’était les Daudet, Flammarion, 2013. Date de création : 2014-10-30.

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Date de la dernière mise à jour : 13 juin 2021