BROCHANT de VILLIERS André Jean Marie (1773-1840)
France

André Jean Marie Brochant de Villiers nait au château de Villiers, près de Mantes (Yvelines), le 6 août 1772, pendant l’exil de son père, magistrat au Parlement de Paris dissous par un édit royal du 13 avril 1771.

Devenu orphelin, les Oratoriens du collège de Juilly l’élèvent. Là, il reçoit une forte éducation classique et prend le goût de l’histoire naturelle. En 1791, à l’âge de 19 ans, il part pour Freiberg attiré par la renommée de Werner. Mais il a l’intention de suivre, plus tard, les cours de l’Ecole des mines de la Monnaie.

Mais il subit un sort analogue à celui de Duhamel ; quand il revient en France, l’École de Sage a disparu. En novembre 1798, il entre à celle des Ponts et chaussées, le seul établissement qui a échappé à la tourmente.

Lorsqu’on envisage la création de l’École polytechnique, on constitue une école préparatoire réunissant des sujets d’élite, des « chefs de brigade » destinés à l’encadrement des élèves. En août 1794, Brochant de Villiers y est admis à la suite d’un concours où Monge le distingue.

Malgré ce succès, il n’est pas élève de l’École Polytechnique définitivement créée le 7 vendémiaire an III (28 septembre 1794). En effet, dans l’intervalle, on crée l’Agence des mines. Puis on ouvre alors un concours pour le recrutement d’élèves destinés au Corps des mines, la même année.

Brochant retrouve ainsi sa voie. Il est le major de cette première promotion. Déjà son mérite le fait choisir comme adjoint au professeur d’un cours préparatoire. Brochant devient ingénieur « en pied » en 1800.

La loi du 30 vendémiaire an IV ne se borne pas à réorganiser l’Ecole des mines. Elle la transforme en école pratique et la transporte – on a dit la déporte -, de Paris à Pesey, en Tarentaise, puis à Moutiers. Elle y reste jusqu’en 1814, avec la perte de la Savoie.

Brochant de Villiers y donne des leçons de minéralogie et de géologie. Il conserve cet enseignement, particulièrement brillant, jusqu’en 1815 quand on ramène l’École à Paris. On lui doit d’être le premier organisateur de sa belle collection de minéraux.

Il devient plus tard inspecteur général et est très absorbé par les affaires administratives du ressort du Conseil général des mines, et notamment par le règlement sur les Sociétés anonymes formées pour l’exploitation minière. Il se fait alors suppléer dans son enseignement par Dufrénoy, en 1825, puis, à partir de 1827, par Dufrénoy, pour la minéralogie et par Elie de Beaumont pour la géologie.

Enfin il abandonne définitivement le professorat en 1835. Mais il fait, au préalable, consolider l’indépendance des chaires consacrées à ces deux sciences. Il fait aussi titulariser ses deux élèves, les réalisateurs de la Carte géologique de la France. C’est celle ci, plus que toute autre œuvre, assure la pérennité de sa mémoire.

Après de longs mois de maladie, Brochant de Villiers, parvenu au faîte des honneurs dans le Corps des mines, s’éteint le 16 mai 1840.

Publications : Traité élémentaire de Minéralogie, suivant les principes du professeur Werner, Conseiller des mines de Saxe, rédigé d’après plusieurs ouvrages allemands, augmenté des découvertes les plus modernes, et accompagné de notes pour accorder sa nomenclature avec celle des autres minéralogistes français et étrangers.

Sources : Notice historique sur le troisième fauteuil de la section de minéralogie, lue dans la séance publique annuelle du 17 décembre 1928 par Alfred Lacroix, Secrétaire perpétuel. Date de création : 2008-11-15.

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Monument

Inscriptions : André Jean Marie, BROCHANT de VILLIERS, membre de l’académie des sciences, inspecteur gal des mines, officier de la légion d’honneur, membre du conseil gal de Seine et Oise, admteur de la manfure des glaces de St Gobin, décédé à Paris le 16 mars 1840 dans sa 68ème année. Savant illustre, chrétien sage et modeste, délices des siens, ami incomparable, patron des malheureux de tous… Un vide immense demeure après lui.

(Latin) Homini bono in conspecti suo dedit deus sapientiam et scientiam et loetitiam. Eccl. Chap.II v.26. (À l’homme qui lui est agréable, Dieu donne sagesse, savoir et joie)

Anne Flore DESAVENELLE de GRANDMAISON, veuve de Mr BROCHANT de VILLIERS, décédée le 23 août 1844, dans sa 62ème année.

(Latin) Hoec erat plena operibus donis et eleemosinis quas faciebat. Act. Chap. IX v.36. (Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait).

REQUIESCAT IN PACE

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Date de la dernière mise à jour : 18 janvier 2024