BARRILLON Jean Joseph François Alexandre (1762-1817)
France

portrait anonyme sur une tasse
Un des fondateurs de la Banque de France, qui a fait sa fortune dans les fournitures militaires sous l’empire

Jean Joseph François Alexandre Barrillon voit le jour à Serres (Hautes-Alpes) le 1er juillet 1762. Il est élevé en partie à Bayonne. Barillon  s’embarque à 20 ans pour Haïti, où il entre chez un riche planteur, M. d’Anglade. Il peut bientôt, grâce à son travail et son esprit d’ordre, acheter, de moitié avec un autre colon, une vaste plantation. Au moment de la révolte des noirs de St Domingue, il est mis à la tête des blancs. Il réussit à rejeter les insurgés hors de son territoire après 6 mois de combats, à l’un desquels il est blessé.

Mais, las ce cette lutte, il rentre en France et défend Lyon insurgé contre la convention. Après la prise de la ville, il se cache dans sa région natale. Après la terreur, il crée à Paris une maison de Banque (1793). Cette dernière, d’abord très prospère, manque de sombrer en 1803 lors de la déclaration de guerre à l’Angleterre. Il désintéresse complètement tous ses créanciers.

Barillon est administrateur de la Caisse des Comptes Courants en 1799. Il devient régent de la Banque de France, 14ème siège du 16 février 1800 au 18 octobre 1803, date de sa démission pour cessation de paiements de sa maison de banque. Barillon s’associe avec Martin-Puech à Montpellier,   Chegarray frères à La Rochelle et Gramont à Bordeaux. Il possède également deux bateaux ancrés à Bordeaux, le Pondichéry et le Terrail en association avec Buffault.

Barrillon détient de nombreux intérêts dans les fournitures militaires : par exemple, le contrat de fourniture des vins et viandes de la marine de 1796 à 1802 qui rapporte plus de 80.000 francs par an à chacun des associés. «La Compagnie des Laines» qu’il détient conjointement avec Récamier, s’associe avec Grandin (propriétaire de la manufacture Amelin, Van Robais & Cie à Abbeville) dans l’Entreprise générale de l’habillement des troupes de la République.

Barrillon regroupe toutes les autres participations dans le holding Limoges & Mazères : la Cie Freydier qui fournit en pain Paris et ses environs, l’Entreprise des Equipages d’Artillerie qu’il exploite via Gramagnacq & Cie et Lauchère & fils, auxquelles s’ajoutent trois affaires liées à Ouvrard, la Cie Chérubini pour la fournitures des vivres de la Marine, la Cie Duboeuf qui cautionne l’affaire des fournitures de vivres à la Flotte espagnole de Brest et la Cie Noë pour la fourniture de fourrage aux Armées de l’Intérieur et d’Angleterre.

Récamier est souvent lié à Barrillon dans les fournitures militaires, notamment via la Compagnie des Laines. Il commandite de nombreuses sociétés :

  • la Compagnie Montessuy pour la fourniture des hospices de la marine et des hôpitaux des invalides (Paris, Louvain et Avignon),
  • Crucy frères, chantiers navals nantais qui construisent des navires de guerre pour la marine
  • la Compagnie Pasquier pour les fournitures à la marine de Brest.

Récamier s’associe avec Michel le jeune dans la Cie Maréchal, entreprise de fournitures générales de la marine. Il devient capitaine dans la garde nationale parisienne en 1814. Il se bat le 30 mars à la barrière du Roule contre les troupes russes, quand on vient lui annoncer l’armistice signé aux Buttes-Chaumont.

Afin d’éviter une inutile effusion de sang, il prend avec lui un tambour et traverse le champ de bataille au plus fort de la lutte. On l’encercle et les cosaques manquent de le massacrer. Mais il peut enfin arriver auprès du général russe, qui fait aussitôt cesser le feu. Le 16 mai 1815, les Hautes Alpes l’envoient à la Chambre des 100 jours par 29 voix sur 48 votants dans le collège électoral de Gap.

Il y prend la parole une seule fois pour appuyer un projet de loi à régulariser le service des réquisitions. Alexandre Barrillon possède une superbe propriété à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) et une grande maison à Paris.

Il s’éteint à Paris le 19 mai 1817. Il repose avec son fils, le député François Sophie Alexandre Barrillon (1801-1871), Alexandre Barrillon (décédé le 19/05/1817 à 54 ans), Françoise Marguerite Chassy-Poulet, son épouse (décédée le 21/02/1842 à 83 ans), Marie-Félicité Margantin veuve Barrillon (21/02/1812-12/12/1894), Marie-Marguerite Barrillon (décédée le 25/11/1855), François Collart-Dutilleul, officier de la Légion d’Honneur (07/03/1825-06/05/1907) et Roger Collart-Dutilleul (1872-1956).

Sources : M. Gérard Orsel. Date de création : 2009-05-24.

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Monument

Inscriptions : Disjunxit hodie cras vero conjungit (Il désunit aujourd’hui, en vérité, demain il réunit)

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Date de la dernière mise à jour : 7 mai 2021