ALEXANDRE Paul Edouard (1847-1921)
France

photo par Eugène Pirou, avant 1909

Paul Édouard Alexandre, voit le jour le 31 janvier 1847 à Amiens (Somme). Il est le fils de Samuel Alexandre, agent de change, et d’Esther Weill. Il épouse Jeanne Levy, fille du médecin général Michel Lévy, le 10 février 1881. Le couple s’installe à Dieppe, ville dans laquelle Paul Edouard Alexandre exerce ses fonctions d’ingénieur des Ponts et Chaussées. Deux enfants naîtront : Madeleine Alexandre, née le 16 avril 1882, qui épousera en 1906 Paul Léon, et Michel Alexandre. Il est élève des lycées Saint-Louis (1856) puis Bonaparte (1857-1864).

Il est admis à l’École Polytechnique (1864-1866), puis à l’École impériale des Ponts et Chaussées (1866-1869). Nommé Ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, le 18 octobre 1869, il est d’abord envoyé dans le département de la Charente. Il y fait construire les ponts de Jarnac et Chatenay ainsi que deux barrages sur la Charente, mais il est interrompu par la guerre de 1870, pendant laquelle il est, sur sa demande, attaché au Génie Civil du 15e Corps d’Armée. Il se trouve lorsque celle-ci est obligée de battre en retraite et de se réfugier en Suisse. Sa conduite, dans ces tristes circonstances, lui vaut un témoignage de satisfaction du ministre de la Guerre.

En 1877, il est attaché à la résidence de Dieppe, aux services Ordinaires et maritimes de la Seine-Inférieure ; sept ans plus tard, il est élevé sur place au grade d’Ingénieur en Chef et il dirige jusqu’en 1890 une des sections du service maritime de la Seine-Inférieure ainsi que le service d’études et de contrôle de travaux de chemins de fer. C’est l’époque de l’exécution des travaux du programme Freycinet (1880) et il y prend une part active en construisant, tant à Dieppe qu’au Tréport, un ensemble d’ouvrages maritimes : jetées, brise-lames, quais, forme de radoub, pont tournant, etc. représentant une dépense totale d’environ vingt-quatre millions de francs.

L’agrandissement du port de Dieppe (1881-1888) reste son œuvre majeure avec le creusement d’un nouveau chenal qui modifie significativement la morphologie du quartier populaire de pêcheurs du Pollet. Ces travaux comprennent la construction d’un arrière-port, de deux nouveaux bassins en eaux profondes (le Bassin du Canada et le Bassin de Paris), d’une forme de radoub et surtout d’un nouveau pont tournant de type « Eiffel », à machinerie hydraulique, toujours en activité aujourd’hui, qui permet de traverser le chenal et de créer ainsi le premier axe routier transversal, la RN25, entre Lille et Le Havre. Paul Alexandre présente un projet de pont ultra-moderne, et durable avant l’heure, à l’Exposition Universelle de 1900 et est primé par une médaille d’Argent.

En même temps, il fait exécuter pour le compte de la ville de Dieppe d’importants travaux d’adduction et de distribution d’eau et de construction d’égouts. Il est appelé en 1891 au Secrétariat du Conseil Général des Ponts et Chaussées où il remplit successivement l’emploi de Secrétaire de Section et celui de Secrétaire du Conseil. Élevé en 1901 au grade d’Inspecteur Général des Ponts et Chaussées, il est chargé de différents arrondissements d’inspection du service ordinaire et du service maritime. Il préside la 3e Section du Conseil Général, lorsqu’en 1914, il est nommé Vice-Président du Conseil Général des Ponts et Chaussées.

C’est dans l’exercice de ces hautes fonctions, auxquelles étaient venues depuis plus d’un an s’ajouter celles de Vice-Président suppléant du Conseil Supérieur des Travaux Publics, que le trouve le décret du 10 juin 1919 qui l’admet à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er août 1919. M. Alexandre a joué un rôle très important dans le fonctionnement des Commissions et Comités institués auprès du Ministère des Travaux Publics. Il est notamment membre de la Commission mixte des Travaux Publics, de la Commission des phares, du Conseil de l’École des Ponts et Chaussées et du Comité consultatif des chemins de fer.

Il est aussi président du Comité de règlement amiable des entreprises de travaux publics (1914-1919). Au sein du Ministère des Travaux Publics, il est aussi responsable d’une commission de surveillance du fonctionnement des travaux d’assainissement de la commune de Gennevilliers, et pour les régions d’Achères, de Carrières, Triel et de Méry Pierrelaye, de 1909 à 1910. Il est aussi membre de la Commission chargée d’étudier les questions soulevées par l’extension de Paris, en 1911. Il décède le 2 janvier 1921 à son domicile à Paris. Il repose avec l’historiographe Léon Paul (1874-1962) et le professeur de médecine Michel Lévy (1809-1872).

Publications :

  • Mémoires sur la distribution des eaux de Dieppe, sur l’écluse d’aval du bassin de mi-marée de Dieppe et sur les mortiers hydrauliques, (mémoires pour lesquels des médailles d’or lui sont décernées par le Ministre des Travaux Publics) ;
  • Rapport sur les méthodes d’essai des matériaux de construction (mémoire qui lui vaut une médaille d’or) ;
  • Mémoire sur le pont tournant du Pollet (renommé en 1925 pont Colbert, mémoire qui lui vaut une médaille d’argent à l’exposition universelle de 1900), tous dans Annales des Ponts et Chaussées.

Distinctions : officier d’Académie (13 juillet 1889). Sources : Wikipedia. Date de création : 2108-01-31.

Monument

Photos


Date de la dernière mise à jour : 12 février 2021