La baronne Elisabeth Alexandrovna Stroganoff est une aristocrate russe née le 5 février 1779. A seize ans, elle épouse Nicolas Demidoff (1773-1851). Ils auront quatre enfants : Alexandra (1796-1800), Pavel (1798-1840), Nikolaï (1799-1800) et Anatoly, prince de San Donato (1813-1870). Nicolas Demidoff entre dans la diplomatie et le jeune couple s’installe à Paris.
Ils sont d’ardents soutient de la cause de l’empereur Napoléon. Mais, les tensions entre l’empereur et le tsar Alexandre 1er entraînent le rappel du couple dès 1805. Le jeune ménage s’installe dans un premier temps en Italie. Il ne rentre en Russie qu’en 1812 et s’installe alors à Moscou. Malgré sa sympathie pour Napoléon, le comte Demidoff lève un régiment pour combattre l’invasion de l’armée française.
Les deux époux ont des caractères opposés et ils sont très souvent éloignés l’un de l’autre. Elisabeth s’ennuie ferme avec son mari. Après la naissance d’Anatoly en 1813, ils se séparent. Elle retourne vivre à Paris (2ème) où elle décède et inhumée le 8 avril 1818, à l’âge de 39 ans, dans la division 39.
Le 3 décembre 1851, son fils Anatoly fait déplacer de l’ancien tombeau vers le tombeau actuel :
- sa mère, la baronne Elisabeth Alexandrovna Demidoff, née Stroganoff, inhumée le 8 avril 1818,
- Alexandre Yvanoff (mort à 17 ans à Paris 1er), inhumé le 4 janvier 1833,
- Joseph Augros (mort à 15 ans à Paris 1er), inhumé le 28 mars 1835,
- Espérance Letacheff (morte à 35 ans), inhumée le 1er juin 1835,
- Marie Le Floch de la Carrière (morte à 37 ans à Paris 1er), inhumée le 18 septembre 1838,
- Alexy d’Yvanoff (mort à 56 ans à Paris 4ème), inhumé le 20 septembre 1841,
- Nicolas Staïti (mort à 72 ans à Paris 1er), inhumé initialement au cimetière de Montmartre le 14 mars 1850 et réinhumé le 7 mai 1850.
Les rejoignent ensuite dans ce tombeau :
- son père, Nicolas Demidoff, comte de San Donato (1773-1851, mort à 70 ans à Paris 2ème), inhumé initialement au cimetière de Montmartre le 3 février 1851, le 12 décembre 1851,
- Yvan Alexandrovitch Narischkine (mort à 50 ans à Paris 2ème) inhumé initialement le 7 mars 1840, le 12 décembre 1851,
- le général Léon Kiel (mort à 62 ans à Paris 1er) inhumé initialement au cimetière de Montmartre le 13 novembre 1851, le 19 décembre 1851,
- une boite contenant des entrailles embaumées non identifiées retrouvées dans l’ancien tombeau, le 23 septembre 1852, (les restes de sa sœur Alexandra, décédée à l’âge de 3 ans ou ceux de son frère Nikolaï mort à l’âge de 1 an ?),
- Fanny Berthe Pochez (venant du cimetière du Nord), le 7 mars 1857,
- Mathilde Caroline Pochez (morte à 17 ans à Paris 1er), le 20 octobre 1858,
- Catherine Maité née Gervasio (morte à Saint-Denis), le 3 novembre 1859,
- Alexis d’Yvanoff (mort à 45 ans à Paris 8ème), le 28 juillet 1860,
- René Armand Gourbillon (mort à 41 ans à Paris 8ème) inhumé initialement le 1er juillet 1854, le 23 avril 1862,
- Adolphe Jean Robert Lawson (mort à Puteaux), le 22 décembre 1862,
- Jean Charles Desloges (mort à Rome, Italie), le 19 décembre 1863,
- André Pierre Marie Lawson (mort à 4 ans à Paris 8ème), le 22 mai 1865,
- Anatole Auguste François Kaltenbach (mort à 26 ans à Paris 8ème), le 27 novembre 1867,
- Charles François Joseph Pochez (mort à Nanterre), le 16 janvier 1868,
- Léon Weier (mort à 61 ans à Paris 17ème), le 29 mai 1868,
- Kaltenbach (morte-née), le 4 décembre 1868,
- Alexandra Ivanoff, née Arsenieff (morte à 78 ans à Paris 8ème), le 14 avril 1869,
- François Albert (mort à 52 ans à Paris 7ème), le 29 juin 1869,
- Barthélémy Desarnand (mort à 52 ans à Paris 8ème), le 23 décembre 1869,
- Anatoly Demidoff (mort le 29 avril 1870, à 57 ans à Paris 8ème), le 20 mai 1870,
- Marie Madeleine Ivanoff, née Labiche (morte à 49 ans à Paris 17ème), le 24 mai 1870,
- Marie de Sainson, née Miquet (morte à 65 ans à Paris 17ème), le 12 juin 1872,
- le dessinateur Louis Auguste de Sainson (1800-1874, mort à 74 ans à Paris 17ème), le 7 novembre 1874…
Légende :
Bien des légendes entourent ce monument, elles font partie du folklore pèrelachaisien, et leur origine est perdue. En voici une : Le gigantesque et somptueux mausolée serait un lieu d’accès direct aux enfers ! Et voici la plus connue : le visiteur qui réussirait à passer un an dans le tombeau hériterait de la fortune des Demidoff.
Extrait (d’une interview du conservateur du Père Lachaise par Adolphe Brisson, dans le journal Le Temps le 2 novembre 1896) :
Cette légende naquit, voilà quelques années, à la troisième page d’un journal boulevardier. On y racontait, en termes mystérieux, dans le style amphigourique des romans feuilletons, qu’une grande dame moscovite, immensément riche, s’était fait enterrer au Père-Lachaise. Son monument, une colonne surmontée d’un dôme polychrome, et sa chapelle dallée de marbre précieux, avec son cercueil en cristal de roche étaient longuement décrits.
On ajoutait que la princesse avait déposé son testament chez un notaire de Paris et qu’elle léguait la totalité de sa fortune (approximativement deux millions de roubles) à la personne de bonne volonté qui consentirait, pendant 365 jours et 366 nuits, à s’enfermer auprès de son corps dans la solitude du caveau, et à ne s’en éloigner sous aucun prétexte. La princesse désirait être veillée sans interruption ; elle ne s’opposait pas à ce qu’on fît à côté d’elle plantureuse chère, à ce qu’on lût des livres amusants. Mais il ne fallait point la quitter d’une seconde. Elle mettait cette condition expresse à ses libéralités. […]
Cette fable, renouvelée de Shéhérazade, est reproduite un peu partout en France, en Europe, en Amérique. Le conservateur a reçu des milliers de lettres (sic) lui demandant des renseignements sur la féerique princesse, et s’inquiétant des conditions à remplir pour devenir son héritier. Et l’on continue de lui écrire. » La dernière demande daterait de 1984, les légendes ont la vie dure ! Cette légende fait aussi suite à des articles de presse des années 1880-90, sous la plume de journalistes américains, déclarant après une visite du Père Lachaise, que cet enclos funèbre dégageait des effluves mystérieuses, se prêtant à toutes les légendes. A tout hasard, plus de 30 personnes reposent dans ce monumental tombeau, difficile de cohabiter, donc, même pour une année, avec une comtesse mystérieuse !
Sources : Wikipedia. Date de création : 2006-01-05.
