Henri (Louis Marie) Bouvelet voit le jour le 16 juin 1888, à Louveciennes (Yvelines).
En 1906, à peine âgé de 18 ans, il fait paraître à compte d’auteur une plaquette de vers, assez banalement intitulée « Premiers poèmes ».
Ce mince recueil de douze pièces attire l’attention de Pierre Vanneur :
« À la fraîcheur de la jeunesse, s’allie, dans les vers de M. Bouvelet, un sens très délicat du rythme qui parfois prend un accent très personnel. »
En 1907, deux de ses nouveaux poèmes, « L’Orgueil et Versailles » et « Parc d’orgueil » sont insérés dans la revue le « Penseur ». En janvier 1908, les quarante poèmes qu’il signe font la une du « Gil Blas » sous la plume de Jean de Bonnefon. « Les Annales politiques et littéraires » comprennent le poème encore inédit « Les Énergies » et cinq autres paraissent en mars dans la rubrique Anthologie du Gil Blas, ainsi introduits par Gustave Kahn :
« Très jeune encore, Henri Bouvelet s’est déjà fait connaître par des recueils de poèmes d’une allure très sereine et d’un goût idéologique marqué. Les vers inédits que nous publions aujourd’hui de lui sont très nobles et s’ajoute bien à l’œuvre déjà heureuse du jeune artiste. »
Puis il fait partie des cercles de François Mauriac. En mars 1909, la revue Gil Blas publie cinq de ses poèmes et le 7 juin Henri de Régnier dans Le journal des débats en parle comme
« un poète très remarquablement doué ».
En 1909, il se lie avec Jean Cocteau et Maurice Rostand, lors de la création de la revue Schéhérazade. Il devient co-directeur de la revue puis rédacteur en chef. Puis, il fait publier dans la revue homosexuelle Akademos, le poème « Les Bâtards », le 15 décembre 1909.
La femme de lettres Gérard d’Houville, fille de José-Maria de Heredia, voit en lui un grand poète et admire le vers d’un sonnet « La terre à notre enfance accordait le printemps ». Pour elle, il a
« le sens spécial de cette composition difficile et serrée. Il sait courber les quatrains comme un bel arc d’où les tercets s’élancent avec la force ailée et précise de la flèche ».
De son côté Lucien Daudet en parle comme d’un « Subtil et ardent poète ». Il s’appuie sur ses réseaux homosexuels pour assurer sa carrière. Le bruit court dans Paris qu’il serait l’amant de la baronne Deslandes qui a vingt ans de plus que lui, mais il a d’autres goûts, « poudrerisé », comme le note Léon Blum dans Coemedia.
En 1910, il monte avec son frère Jehan deux pièces, Le poupard, en 1910, et Le philanthrope, en 1911.
Il décède le 7 octobre 1912, à Paris (8ème), à l’âge de 24 ans, des suites d’un accident automobile, et est inhumé le 10 octobre.
Œuvres :
- Premiers poèmes (1906) ;
- L’Appel au soleil, poèmes, Sansot et Cie (1908) ;
- Schéhérazade (1909) ;
- Le Royaume de la terre (1910) – prix François Coppée de l’Académie Française en 1911 ;
- Poésies (1914) ;
Sources : « Certains d’entre eux : portrait d’une jeunesse homosexuelle foudroyée. À propos d’Henri Bouvelet (1888-1912) et d’André Lafon (1883-1915) », Akademos. La Première revue homosexuelle française – 1909 – Mode d’emploi, Patrick Cardon et Nicole G. Albert (dir.), Gaykitschcamp, 2022. ; Wikipedia ; BNF-Gallica. Date de création : 2024-01-20.
