THIEBAULT Dieudonné (1733-1807)
France

Dieudonné (Adrien Paul) Thiébault voit le jour à La Roche en 1733. Il est élevé par les jésuites qui, frappés de sa vive intelligence, le pressent d’entrer dans leur ordre, ce qu’il fait, sans recevoir toutefois la prêtrise. Thiébault professe d’abord les humanités dans divers collèges de sa compagnie, se livra en même temps à des travaux littéraires et écrit des poésies françaises et latines.

En 1762, il quitte l’habit de jésuite et se met à étudier le droit. Mais, s’étant rendu quelque temps après à Paris, il résout de suivre la carrière des lettres. Il entre en relation avec les hommes les plus distingués du parti philosophique, commence à se faire connaître par quelques ouvrages écrits avec une extrême facilité et obtient, en 1765, sur la recommandation de d’Alembert et de d’Olivet, la chaire de grammaire générale à l’École militaire de Berlin.

Parfaitement accueilli par Frédéric Il, il gagne bientôt entièrement la confiance du roi, devient le lecteur de tout ce que ce prince envoie à l’Académie des sciences de Berlin, le correcteur d’un grand nombre de ses ouvrages et l’éditeur de presque tout ce qu’il fait imprimer. Pendant vingt ans, Thiébault vit dans l’intimité de ce souverain qui lui donne une pension et une place à l’Académie. Toutefois, en 1784, il retourne en France et s’y fixe.

C’est alors qu’il rédige deux projets, l’un sur la formation d’une compagnie d’assurance contre l’incendie, l’autre sur la réorganisation de la librairie. Le premier de ces projets, qui devait être réalisé plus tard, est repoussé alors comme inexécutable. Le second, au contraire, plait tellement à Vidaud de La Tour, directeur de la librairie, que celui-ci le nomme chef de ses bureaux (1785), place à laquelle il joint ensuite celle de garde des archives et inventaires du Garde-Meuble de la Couronne.

Lors de la convocation des états généraux, Thiébault reçoit le privilège de créer l’unique journal qui serait autorisé à parler des travaux de ces assemblées. Il dirige, au commencement de la Révolution, la direction de la librairie. Peu après, il perd les diverses fonctions qu’il occupe, mais, il est très favorable aux idées nouvelles.

Il devient successivement inspecteur des rôles à Épinal, commissaire pour la réunion du Tournaisis à la France, directeur d’une poste aux chevaux, chef du secrétariat du Directoire (1795) et président de l’École centrale de la rue Saint-Antoine (qui occupe les locaux de l’actuel lycée Charlemagne), où il enseigne la grammaire générale (1799).

Enfin, en 1803, il devient proviseur du lycée de Versailles. Indépendamment, il publie des mémoires insérés dans le Recueil de l’Académie de Berlin, des articles publiés dans le Journal littéraire de Berlin (1772-1776) et dans le Journal de l’instruction publique (1793-1794). Il décède à Versailles en 1807. Il repose avec son son fils, le général François Charles Adrien Henri Dieudonné baron Thiébault (1769-1846).

Publications :

  • Apologie des jeunes ex-jésuites qui ont signé le serment prescrit par arrêt du 6 février 1764 (1764) ;
  • Discours sur la prononciation, Berlin (1765) ;
  • Les adieux du duc de Bourgogne et de l’abbé de Fénelon ou Dialogues sur les différentes formes de gouvernement (1772) ;
  • Essai synthétique sur l’origine et la formation des langues (1774) ;
  • De l’enseignement dans les écoles centrales (1796) ;
  • Traité de l’esprit public (1798) ;
  • Traité du style, un des meilleurs ouvrages de l’auteur, publié en 1774 sous le titre d’Essai sur le style ; Grammaire philosophique, 1802, 2 vol. ; Principes de lecture et de prononciation (1802) ;
  • Mes souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, Paris, 5 vol. (1804).

Sources : Larousse (Pierre) Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1863-1890, vol. 15, Administration du grand Dictionnaire universel, p. 123. Date de création : 2013-12-26.

Monument

Inscriptions :

Ici repose Dieudonné Thiebault né à Laroche (Vosges) le 26 décembre 1733, décédé à Versailles le 5 décembre … transféré dans cette tombe le 22 juillet 1820. La vénération publique, l’amour de tous les siens, l’estime et l’amitié de Frédéric Le Grand furent le prix du mérite et des vertus patriarcales de mon père. Le Lieut Gal. Baron Thiebault.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 10 mai 2021