SCHOELCHER Victor (1804-1893)
France

photo par Etienne Carjat dans Galerie contemporaine
Artisan de l'abolition de l'esclavage en 1848

Le président de la république a choisi la date du 10 mai comme journée du souvenir de l’esclavage. On doit rappeler et condamner cette tare de l’humanité, au même titre que la peine de mort ou les génocides perpétrés au XXe siècle. Des millions d’hommes de femmes et d’enfants ont été déracinés, déportés, avilis humainement dans leur chair et dans leur esprit. C’est la plus grande migration forcée. Ils voyageaient dans des conditions abominables et, souvent, beaucoup mouraient avant le terme du voyage. Dans notre pays, comme dans d’autres pays européens, des villes portuaires doivent leur richesse et leur situation à la traite négrière, au commerce de « bois d’ébène ». Victor Schœlcher ardent défenseur des droits de la femme, adversaire résolu de la peine de mort, est l’initiateur du décret abolissant définitivement l’esclavage en France. (Régis Dufour Forrestier)

Victor Schœlcher nait le 22 juillet 1804, à Paris. Sa famille est originaire de Fessenheim en Alsace. Son père, Marc, est un porcelainier de renom. Sa mère, Victoire née Jacob (1767-1839), est enterrée dans la division 49, sous un beau gisant. Il juge le jeune Victor désœuvré et  l’envoie faire un séjour au Mexique pour affaires, en 1830. Au cours de sa visite à Cuba, il est épouvanté et révolté par le sort des esclaves.

Dès son retour en France, il publie des articles, des ouvrages, il multiplie les déplacements d’information, interpelle les élus et adhère à la Société pour l’abolition de l’esclavage. Cette lutte sera le but de son existence. A la Révolution de 1848, il fait partie du gouvernement provisoire comme sous-secrétaire d’état à la Marine et aux colonies dans le ministère de François Arago.

Il contribue, grâce à son poste, à faire adopter le décret sur l’abolition de l’esclavage dans les Colonies. Tous les membres du gouvernement signent le décret. Il est député de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1848 et 1850, il siège à gauche. Schœlcher, en tant que président de la commission d’abolition de l’esclavage, est l’initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l’esclavage en France et dans ses colonies.

Déjà, à l’initiative de l’abbé Henri Grégoire, la Révolution Française (4 février 1794, 16 pluviôse an II) avait aboli l’esclavage en France, puis Bonaparte l’avait rétabli en 1802. La France est le seul pays à avoir par deux fois aboli l’esclavage.

Schœlcher est un ardent républicain. Le second empire le proscrit. Il s’exile d’abord en Angleterre où il a de fréquents contacts avec son ami Victor Hugo. Il revient en France en 1870 après la défaite de Sedan et la capture de l’Empereur Napoléon III.

Après l’abdication de ce dernier, il se fait réélire député de la Martinique à l’assemblée Nationale, en 1871. Il devient sénateur inamovible, en 1875. Victor Schœlcher demeure célibataire toute sa vie et n’a pas d’enfant. A la fin de sa vie, il décide de donner tous ses biens. Victor Schœlcher décède à Houilles (Yvelines), le 25 décembre 1893. Sa dépouille et celle de son père sont transférées au Panthéon, le 20 mai 1949, en même temps que la dépouille mortelle de Félix Eboué, premier noir à avoir les honneurs de cette nécropole.

Sources : -. Date de création : 2006-05-11.

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Monument

Inscriptions :

Victor SCHOELCHER 1804-1893, libérateur des esclaves et son père Marc SCHOELCHER 1766-1832 furent solennellement transférés au Panthéon le 20 mai 1949.

A Marc SCHOELCHER Md de porcelaine né à Fessenheim, prés Colmar, le 26 avril 1766, mort à Paris le 14 octobre 1832, son fils, Victor Schoelcher reconnaissant.

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Date de la dernière mise à jour : 11 mars 2022