Gustav von Schlabrendorf voit le jour à Stettin (Allemagne, aujourd’hui Szczecin en Pologne), le 22 mars 1750. C’est le fils d’Ernst Wilhelm von Schlabrendorf, ministre de Silésie. Après une éducation soignée à la maison, il étudie le droit dans les universités de Francfort-sur-l’Oder et Halle. Cependant il se donne aussi une culture générale et approfondie des langues anciennes et modernes.
Après la mort de son père en 1770, il hérite d’une fortune considérable qui lui donne une indépendance financière. Sa curiosité intellectuelle le conduit à des voyages éducatifs à travers l’Allemagne, la Suisse et la France. En Angleterre, il passe six ans et fait des voyages en compagnie de Heinrich Friedrich Karl vom Stein. Il rencontre le philosophe Friedrich Heinrich Jacobi, avec qui il sera ami toute sa vie.
Il s’intéresse à la franc-maçonnerie et il entre, en 1777, dans la loge Minerva zu den drei Palmen à Leipzig (Allemagne).
Avant le début de la Révolution française, il s’installe à Paris. Il témoigne des changements qu’il approuve. Il rencontre ou correspond avec Nicolas de Condorcet, Louis Sébastien Mercier ou Jacques Pierre Brissot.
Au moment de la Terreur, il parvient à échapper par un hasard à la guillotine. Il est en contact étroit avec des compatriotes allemands pour les idées révolutionnaires, notamment Georg Forster, Johann Georg Kerner, Conrad Engelbert Oelsner et Adam Lux.
Mais ses idées et espoirs révolutionnaires d’origine s’érodent. Il agit alors dans des œuvres caritatives. Protestant fervent, il soutient une société biblique et la communauté protestante. Il s’engage aussi dans le développement de l’éducation et de l’assistance aux pauvres. Wilhelm von Humboldt écrit dans son journal que Schlabrendorf a rendu visite en prison à Mary Wollstonecraft dont il était impressionné par son engagement pour les droits des femmes.
Sa façon de vivre le fait passer pour un excentrique. On le surnomme le « Diogène de Paris ». Il préfère néglige son apparence et sa tenue vestimentaire. Pourtant beaucoup cherchent sa conversation et ses conseils. Dans son appartement, des politiciens et des diplomates se réunissent ainsi que des chercheurs et des artistes, allemands comme français.
Sa publication la plus célèbre est « Napoleon Bonaparte und das französische Volk unter seinem Konsulate », dont il nie pourtant être l’auteur. Le biographe Karl August Varnhagen von Ense estime que celle-ci est un « météore dans un ciel politique trouble ». Le lectorat allemand (dont Goethe, Johannes von Müller) y est confronté pour la première fois à un Bonaparte menaçant le développement démocratique de l’Europe. La censure française ne s’intéresse pas à cet écrit germanophone : il n’est donc pas considéré comme un adversaire politique.
Il apporte aussi un soutien financier aux prisonniers de guerre prussiens des guerres révolutionnaires. En 1813, il souhaite se rendre en Prusse au moment où elle s’oppose à Napoléon, mais il n’obtient pas le droit d’y entrer.
Dans les dernières années de sa vie, il commence à recueillir une collection d’écrits sur la Révolution française qu’il veut léguer à une université prussienne. Ne parvenant toutefois pas à fixer son héritage, on la vendra après sa mort, démembrée.
Il meurt quasiment pauvre, le 21 août 1824, à Paris.
Publications :
- Napoleon Bonaparte und das französische Volk unter seinem Konsulate (1804) – Napoléon Bonaparte et le peuple français sous son Consulat – ;
- Catalogue des livres de la collection de feu M. Gustave Adolphe, comte de Schlabrendorf, Paris (1826).
Sources : Wikipedia. Date de création : 2026-01-03.
