ROBERTSON, Etienne ROBERT dit (1763-1837)
France

Lorsque l’on se dirige vers le rond-point Casimir Périer, se trouve une sépulture devant laquelle tous les touristes s’arrêtent : croyant découvrir une célébrité, ils sont souvent déçus de découvrir l’identité de son propriétaire, Etienne Robert, dont ils ne savent rien. Le beau tombeau a dès lors moins d’attrait et ils poursuivent leur chemin (Régis Dufour Leforrestier).

Etienne Robert, dit Robertson, est tout à la fois peintre, physicien de talent, aérostier persévérant, inventeur génial. Il est également un mystificateur qui escroqua la société émotive du Directoire. En réalité, Etienne Robert s’inscrit très précisément dans son époque, celle du premier XIXème siècle, durant laquelle la science en plein essor n’était pas encore parvenue à s’affranchir de sa part de mysticisme, d’expériences galvaniques et de magies. Physicien, il publia des articles, se lia avec Volta dont il est un assistant. Il n’invente pas -contrairement à ce que l’on lit trop souvent- le parachute, mais le perfectionne. Il crée un lance-flammes qui a peu de succès. S’intéressant à l’électricité, ses recherches le mènent à l’invention du « fantascope », machine optique permettant de diffuser à travers un rideau, des images mobiles et évanescentes.

Dès lors, deux personnes cohabitent : Etienne Robert, le savant, le professeur de physique du département de l’Ourthe (où il n’exerce jamais) qui dépose le brevet de son étrange invention. De l’autre, Robertson, le « fantasmagore », effrayant le public de sa salle du Nouveau Tivoli (actuelle 88 rue de Clichy) en faisant apparaître à une foule encore traumatisée par la Révolution, les fantômes de Marat, Robespierre ou Danton. Mais Robertson est également un aérostier qui totalise 59 ascensions dans toute l’Europe, ainsi qu’en Chine. Il vit confortablement de ses diverses activités et s’éteint aux Batignolles.

Sources : Lassalle et Rousseau Promenades pittoresques aux cimetières du Père-Lachaise, de Montmartre, du Montparnasse et autres, Ed. Amédée Bédelet, Paris, 1839, 86 planches et notices. Date de création : 2006-04-11.

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Monument

Le tombeau étonnant est une illustration de cette vie trépidante. Il est l’œuvre, non signée ni datée, de l’architecte Guillard et est divisé en trois parties : à la base, un gigantesque socle contenant la porte du tombeau proprement dit. Au-dessus, un bloc rectangulaire sur lequel figure, outre son nom et ses dates, deux bas-reliefs signés par le sculpteur Hardouin, mais non datés.

Le premier figure une séance de fantasmagorie : des squelettes sont projetés à une foule paniquée (on aperçoit une mère cachant la vue de ce spectacle à son enfant). Le seconde représente l’une des 59 ascensions de Robertson en aérostat : restée au sol, la foule est médusée par le spectacle. Au sommet de ce tombeau culminant à 4 mètres, un sarcophage à l’antique surmonté d’un dais figure le cénotaphe de Robertson : il est encadré par des figures rappelant la mort (têtes squelettiques, chouettes.).

Deux passions d’un homme étonnant pour un tombeau, relativement mégalomane, voulu dès son vivant comme un témoignage pérenne de son œuvre. Le fait que nous en parlions aujourd’hui atteste que son but est atteint.

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Date de la dernière mise à jour : 11 février 2021