PIERROT-DESEILLIGNY Nicolas Alfred (1828-1875)
France

Ministre des Travaux Publics puis de l'Agriculture et du Commerce

Nicolas Alfred Pierrot-Deseilligny voit le jour à Paris le 9 mai 1828. C’est le fils de Jules Pierrot-Deseilligny (1792-1845), proviseur du lycée Louis-le-Grand, et de Clémence Schneider. C’est aussi le neveu de Jean-Charles Persil par son père et d’Adolphe et d’Eugène Schneider par sa mère.

Il sort diplômé de l’École centrale et devient directeur des forges du Creusot en 1853. Il est administrateur des mines de Decazeville en 1867. Son frère Gustave Deseilligny sera sous-directeur du Creusot et président de la Lyonnaise des eaux.

Maire du Creusot de 1855 à 1866, il épouse sa cousine germaine, Félicie Schneider, fille d’Eugène, en 1858. Ils seront les parents de Jules Alfred Pierrot Deseilligny.

Conseiller général de l’Aveyron pour le canton d’Aubin, il se fait élire, le 24 mai 1869, député de la 3e circonscription de l’Aveyron. Il s’associe à la politique de l’empire libéral. Il soutient donc le cabinet Ollivier et vote la déclaration de guerre à la Prusse.

Réélu député 8 février 1871, il prend d’abord place au centre gauche, dont il devint vice-président. C’est l’un des quinze représentants adjoints à Adolphe Thiers et Jules Favre pour discuter les préliminaires de paix. À la Chambre, il s’exprime sur la fabrication des armes de guerre, sur l’impôt des matières premières et sur l’impôt sur les bénéfices commerciaux et industriels. Il fait partie de la commission des expositions internationales et de la commission du budget. Il vote pour la paix, les prières publiques, l’abrogation des lois d’exil et le pouvoir constituant de l’assemblée.

En 1873, il quitte le centre gauche pour passer au centre droit, devient un des adversaires de la politique plus nettement républicaine de Thiers et vote, le 24 mai, pour l’acceptation de la démission de Thiers. Le lendemain, il accepte le portefeuille des Travaux publics dans le cabinet de Broglie. Il est ministre des Travaux publics du 25 mai 1873 au 25 novembre 1873.

Il se prononce pour la circulaire Pascal, pour l’arrêté contre les enterrements civils et pour le septennat. Ce dernier vote provoquant un remaniement du ministère, Deseilligny devient ministre de l’Agriculture et du Commerce, du 26 novembre 1873 au 21 mai 1874. Il prend souvent la parole sur le budget, sur les impôts nouveaux, etc. Il vote pour le maintien de l’état de siège et pour le ministère de Broglie qu’il suit dans sa chute, le 16 mai 1874.

Pierrot-Deseilligny se prononce également contre le retour du parlement à Paris, contre la dissolution, contre l’amendement Wallon et pour les lois constitutionnelles de 1875. Il meurt de la fièvre typhoïde en cours de législature, à Paris, le 17 avril 1875.

Extrait (de Pierre Poujol : Decazeville, une histoire d’homme, des origines à 1940) :

« Il est grand temps de mettre en relief Alfred Deseilligny, un grand homme (industriel, politicien et humaniste), et tout ce qu’il a apporté à Decazeville durant le XIXe siècle. Pourquoi donc cet oubli, ce manque d’intérêt, voire une absence de reconnaissance ? d’ailleurs, il n’a pas de statue, seule une petite rue porte son nom dans le quartier de Fontvergnes, et beaucoup d’habitants, jeunes et moins jeunes, en ignorent la présence.

Il faut également savoir que le quartier de Fontvergnes est baptisé «faubourg Deseilligny», en 1887. Mais cette nouvelle appellation n’a pas réussi à «prendre», comme si la mémoire collective n’arrivait pas à enraciner dans ses pensées cet homme singulier. Alfred Nicolas Pierre Deseilligny nait en 1828. Il étudie la carrière industrielle au Creusot, chez son oncle Eugène Schneider, un puissant homme d’affaires.

Alfred devient également le gendre d’Eugène Schneider, car il épouse sa fille, en 1858. La même année, Alfred Deseilligny est nommé maire du Creusot. Mais, et c’est une chance pour Decazeville, le gendre et le beau-père se disputent. La rancœur va loin et Eugène Schneider déshérite sa fille.

Du coup, Alfred Deseilligny jette son dévolu sur les usines et les houillères de Decazeville, qui connaissent une grave crise, suite au retrait de François Cabrol et à la forte concurrence que connaît la production des rails pour les chemins de fer. Decazeville est sauvée par Deseilligny qui enchérit victorieusement lors de la mise à prix de la compagnie, en 1867.

Il crée la Société nouvelle des houillères et fonderies de l’Aveyron. Il devient maire de la ville, puis député et plusieurs fois ministre, de l’Industrie et du Commerce, ce qui lui permet de protéger ses entreprises ».

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (24 août 1860)

Sources : Pierre Poujol, «Decazeville, une histoire d’homme, des origines à 1940» ; Wikipedia ; Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2015-04-17

Monument


Date de la dernière mise à jour : 13 mai 2021