NEUFCHATEAU, Nicolas FRANCOIS, dit François, comte de (1750-1828)
France

gravure par Philippus Velijne d'après Marie Thérèse de Noiseterre - Château de Malmaison (Hauts-de-Seine)
Homme politique, écrivain et agronome

Nicolas Louis François voit le jour à Saffais (Meurthe-et-Moselle), le 17 avril 1750. C’est le fils de Marguerite Gillet et de Nicolas François, directeur de l’école du village. Le bailli d’Alsace, Henri d’Hénin, qui réside à Neufchâteau, le remarque très tôt. Il compose des vers en remerciement à son protecteur, à l’âge de douze ans, cela lui vaut l’approbation de Voltaire et de Rousseau.

Il fait ses études chez les Jésuites de Neufchâteau, puis poursuit des études de droit à Reims (Marne). En 1765, il est âgé d’à peine quinze ans lorsqu’il publie son premier volume de poésie, Poésies diverses, suivi de peu par Pièces fugitives.

Il entre à l’Académie de Dijon, puis à celle de Lyon, de Marseille et de Nancy. On l’autorise, à l’âge de seize ans, à accoler à son nom celui de la ville Neufchâteau. Il devient alors François de Neufchâteau. Il est, en 1770, professeur au collège épiscopal Saint-Claude de Toul (Meurthe-et-Moselle), mais ses idées philosophiques le font éliminer rapidement.

Il épouse, le 9 janvier 1776, à Paris, Marguerite Madeleine Henriette Dubus (1759-1776). Ils n’auront pas d’enfants. La même année, il achète l’office de lieutenant général de baillage de Mirecourt (Vosges). Puis il devient subdélégué de l’intendance de Lorraine en 1781.

Il acquiert alors la charge de procureur général du «Cap Français», à Saint-Domingue, en 1783, et y reste jusqu’en 1789. Là, il étudie l’économie de cette colonie et les moyens de la développer. Par ailleurs, c’est aussi un collaborateur de «l’Almanach des Muses», et il traduit en vers Roland Furieux, de l’Arioste. Mais il perd cet ouvrage lors d’un naufrage pendant la traversée de retour vers la France.

Il revient en Lorraine en 1787, où il s’intéresse plus particulièrement à l’agriculture. Il entretient à la même époque une correspondance suivie avec les philosophes, les écrivains et les poètes.

A la Révolution, en 1789, il rédige les cahiers de doléances du baillage de Toul et est élu député suppléant au Etats-Généraux. Ensuite, il est juge de paix d’un canton, puis administrateur du département des Vosges en 1790. En 1791, il se fait élire par le département des Vosges à l’Assemblée Législative.

Il devient secrétaire de l’Assemblée puis membre du Comité de Législation. Il se signale par son hostilité marquée envers les prêtres réfractaires et l’église catholique en général qu’il souhaite subordonner à l’état laïc.

Ensuite, il se fait élire député à la Convention, mais il refuse d’y siéger, officiellement pour des raisons de santé. Il refuse de même le ministère de la Justice qu’on lui amène sur un plateau. Mais il se fait élire juge de paix à Vicherey (Vosges), en 1790.

Parallèlement, il écrit une pièce, Paméla, tirée d’un roman de Richardson, Paméla ou la vertu récompensée, pièce qui est jouée le 1er août 1793, au théâtre de la Nation. Elle fait scandale, paraissant hostiles aux Jacobins. A la neuvième représentation, la pièce est interdite à cause de deux vers jugés subversifs :

«Ah ! Les persécuteurs sont les seuls condamnables Et les plus tolérants sont les seuls raisonnables.»

Résultat, on l’emprisonne du 2 septembre 1793 au 4 août 1794. Puis il se fait élire juge au tribunal de cassation le 3 janvier 1795, puis devient commissaire du Directoire dans les Vosges en novembre 1795. Il passe ministre de l’intérieur, le 16 juillet 1797. Il reste en poste deux mois à peine jusqu’au 14 septembre 1797.

On le rappelle pour remplacer Lazare Carnot comme membre du Directoire, du 8 septembre 1797 au 20 mai 1798. Son rôle est modeste au sein du Directoire. Il le quitte d’ailleurs après le tirage au sort, en mai 1798. Il redevient alors ministre de l’intérieur pour un peu moins d’une année. Puis on l’envoie comme ministre plénipotentiaire à Vienne (Autriche).

On lui offre peu après le ministère des relations extérieures qu’il refuse. Là commence son rôle d’archiviste ; il jette les bases des archives et bibliothèques départementales, du dépôt général des cartes. Par ailleurs, il lance l’exposition des produits de l’industrie et la création du musée du Louvre. Il institue le concours dans les lycées et collèges, et organise la réception des objets d’arts envoyés d’Italie par le général Bonaparte.

C’est l’un des premiers à percevoir l’utilité des statistiques pour le gouvernement. Ainsi, il tente de faire dresser, par les administrations centrales des départements, des tableaux de l’activité industrielle. C’est aussi un des membres fondateurs de la Société d’Agriculture en 1798. Il organise, à Paris, du 18 au 21 septembre 1798, une exposition nationale des produits de l’industrie, qui connaît un très grand succès. Il inaugure également le musée du Louvre.

Puis il se rallie à l’empire. Il devient sénateur, en 1800, puis président du Sénat de 1804 à 1806.  En 1814, il se retire de la vie politique. Malade de la goutte depuis longtemps, il s’occupe alors pour l’essentiel d’agronomie. On lui doit de nombreux travaux concernant aussi bien l’agronomie, la poésie et l’histoire. Il édite les Œuvres complètes de Pascal et des Notes sur le Gil Blas de Alain René Lesage.

Par ailleurs, il préside la Société d’Agriculture jusqu’à sa mort. Il devient correspondant puis membre de l’Institut le 13 février 1796. Il fait partie de la deuxième classe des lettres en 1803, et est maintenu à la réorganisation de 1816. Ses œuvres reflètent un manque d’originalité et de puissance courante à cette époque, on le surnomme « le nouveau Pibrac ». Son œuvre s’étale de 1765 à 1827.

Il décède à Paris, le 10 janvier 1828.

Publications liées à l’agriculture :

  • Essai sur les moyens de tirer le parti le plus avantageux de l’exploitation d’un domaine borné, ou Système d’agriculture pour les petits propriétaires, s.l., s.n. (1790) ;
  • Rapport sur le perfectionnement des charrues, Paris, Bossange, Masson et Bresson, 72 p (1800) ;
  • Résultat des expériences sur la Carotte et le Panais cultivés en plein champ, Paris, Bossange, Masson et Bresson, coll. « Répertoire universel et raisonné d’agriculture / A », XXIV-249 p. (1804) ;
  • Voyages agronomiques dans la sénatorerie de Dijon, Paris, Mme Huzard, XII-260 p. (1806) ;
  • L’Art de multiplier les grains, ou Tableau des expériences qui ont eu pour objet d’améliorer la culture des plantes céréales, d’en choisir les espèces et d’en augmenter le produit, Paris, Mme Huzard, 2 t. : VIII-435 p. et 439 p. (1809) ;
  • Coup d’œil sur l’influence que la Société d’agriculture du département de la Seine a exercée sur l’amélioration de l’agriculture, Paris, Mme Huzard, 24 p. (1811) ;
  • Mémoire sur les pruneaux et autres fruits secs, et principalement des pruneaux du Midi, Paris, D. Colas, 20 p. (1813) ;
  • Mémoire sur le plan que l’on pourrait suivre pour parvenir à tracer le tableau des besoins et des ressources de l’agriculture française, Paris, Mme Huzard, 124 p. (1816) ;
  • Supplément au mémoire de M. Parmentier sur le Maïs (ou plutôt Maïz), Paris, Mme Huzard, 420 p. (1817) ;
  • Rapport à la Société royale et centrale d’agriculture sur l’agriculture et la civilisation du Ban de la Roche, Paris, Mme Huzard, 46 p. (1818) ;
  • Mémoire sur la manière d’étudier et d’enseigner l’agriculture, et sur les diverses propositions qui ont été faites pour établir en France une grande école d’économie rurale, Blois, Aucher-Éloy, 111 p. (1827).

Pour voir la liste de ses autres œuvres dans Wikipedia.

Titres : comte de l’Empire (1808).

Hommages : Une rue porte son nom à Paris (11ème).

Sources : Geneanet ; Wikipedia. Date de création : 2006-05-19.

Photos

Monument

La concession à perpétuité est entretenue gratuitement par la ville de Paris. Le monument a été restauré par les soins de la Ville de Paris.

Inscriptions :

François, de NEUFCHATEAU, décédé, le 10 janvier 1828, à l’âge de 78 ans.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 16 mars 2026