MONPOU Hippolyte (1804-1841)
France

gravure anonyme dans Louis Huart "Galerie de la presse, de la littérature et des beaux-arts", 1839

Hippolyte Monpou voit le jour à Paris, le 12 janvier 1804. D’abord enfant de chœur, il entre à neuf ans dans la maîtrise de Notre-Dame. En 1817, c’est l’un des premiers élèves de l’« Institution royale de musique classique et religieuse » fondée par Alexandre Étienne Choron.

En 1820, à 16 ans, il devient organiste à la cathédrale de Tours. Mais il revient à Paris pour étudier les grands compositeurs italiens, allemands et français. Il travaille avec Bernardo Porta, André Hyppolyte Chélard et François Joseph Fétis. Pour gagner sa vie, il revient à l’école de Choron, comme maître répétiteur.

Puis il devient successivement organiste de l’église Saint-Thomas-d’Aquin, de Saint-Nicolas-des-Champs et de la chapelle de la Sorbonne. Mais la révolution de 1830 fait fermer les écoles de musiques religieuses, comme celle de Choron.

Hippolyte Monpou rallie le mouvement romantique et compose la musique de L’Andalouse, sur des paroles d’Alfred de Musset. Cette romance est teintée d’érotisme. Son succès est instantané et immense … et elle fait scandale, ainsi que le rappelle Théophile Gautier :

« Quand (Monpou) s’asseyait au piano, l’œil en feu, la moustache hérissée, il se formait autour de lui un cercle de respectueuse terreur. Aux premiers vers de «L’Andalouse», les mères envoyaient coucher leurs filles. Elles plongeaient dans leurs bouquets, d’un air de modeste embarras, leur nez nuancé des roses de la pudeur. La mélodie effrayait autant que les paroles! Peu à peu, cependant, l’on finit par s’y faire. Seulement, on substituait teint à sein bruni, et l’on disait : C’est la maîtresse qu’on me donne… au lieu de : C’est ma maîtresse, ma lionne… qui paraissait, en ce temps-là, par trop bestial et monstrueux. »

Hyppolite Monpou devient l’ami des écrivains Victor Hugo, Alfred de Musset, Frédéric Soulié, Alexandre Dumas, Théophile Gauthier. Voici ce qu’explique ce dernier :

« Les poètes aimaient beaucoup ce musicien qui respectait leurs paroles et ne dérangeait pas l’économie de leurs strophes savantes. Monpou aimait les rythmes difficiles, et prétendait queues coupes peu usitées amenaient des motifs nouveaux. Bref, il a été l’un des nôtres et comme le Berlioz de la ballade. »

Par contre, cette musique, avec ses cadences brusques, plait moins aux musiciens. Travailleur acharné, Hippolyte Monpou multiplie les créations de romances : Sarah la Baigneuse de Victor Hugo ; Les Colombes de Saint-Marc ; Le Lever ; Venise ; Madrid ; La Chanson de Mignon ; Le Fou de Tolède ; Gastibelza ; Les deux Archers ; Les Résurrectionnistes ; Le Voile blanc

Il met aussi en musique un chapitre des Paroles d’un croyant de Lamennais, le Chant d’exil de Victor Hugo ainsi que la dernière scène d’Othello, traduite par Alfred de Vigny. Il fait représenter, en 1835, au théâtre de l’Opéra-Comique, Les deux Reines, ouvrage en un acte, sur un texte de Frédéric Soulié. L’air du refrain «Adieu mon beau navire», connait un tel succès populaire qu’il gagne le surnom de «Monpou-mon-beau-navire» !

À partir de ce moment, ses compositions dramatiques se succèdent assez rapidement : Le luthier de Vienne, opéra-comique en un acte, dont les paroles sont d’Adolphe de Leuven et Henri de Saint-Georges, en 1836, Piquillo, opéra en trois actes dont le livret est d’Alexandre Dumas et Gérard de Nerval, fin 1837, Perugina … Mais le succès n’est jamais vraiment au niveau de celui des Deux reines.

Tout change avec La chaste Suzanne, opéra en quatre actes, monté au Théâtre de la Renaissance. Le scandale est double. D’une part, le traitement burlesque du thème biblique du livret indispose une partie du public et, d’autre part, l’Académie royale de musique soutient que la pièce appartient au genre du « grand opéra » qui lui est exclusivement réservé.

À ce titre, elle intente un procès au Théâtre de la Renaissance qui doit interrompre les représentations, malgré le (ou à cause du) succès. Le musicologue Félix Clément écrit :

« Au point de vue de l’inspiration musicale, l’opéra de La chaste Suzanne est, à mon avis, le meilleur ouvrage lyrique d’Hippolyte Monpou. »

La dernière pièce de Monpou représentée de son vivant est Jeanne de Naples, opéra-comique en trois actes, composée avec Luigi Bordèse. Elle remporte un vif succès auprès du public.

Hyppolite Monpou conclut alors un contrat avec le librettiste en vogue, Eugène Scribe, pour mettre en musique Lambert Simnel, une pièce en trois actes pour l’Opéra-comique. Les conditions imposées par l’Opéra-comique sont draconiennes : obligation de livrer la partition à une échéance rapprochée sous peine d’une pénalité de 20 000 francs. Monpou travaille jour et nuit mais rien n’y fait, une gastro-entérite se déclare.

Il demande un sursis de 25 jours qu’on lui refuse. L’impitoyable direction de l’Opéra-comique envoie des huissiers à répétition. Son état s’aggrave rapidement. Il doit être hospitalisé en toute hâte à Orléans où il meurt quelques jours après, le 10 août 1841, à l’âge de trente-sept ans

Sources : Wikipedia. Date de création : 2009-01-02.

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Monument

Inscriptions :

Hyppolite MONPOU, compositeur français, 1804-1841.

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Date de la dernière mise à jour : 10 mai 2022