Yves (Léon) Meyer voit le jour le 18 décembre 1923, à Paris (16ème). C’est le fils de Jean Elie Meyer (1888-1986), imprimeur, et de son épouse Nancy Baer (1899-1998).
Jeune, il fait partie des Éclaireurs de France. Ayant lu Mein Kampf avant la déclaration de guerre, il est conscient de la montée des périls. Trop jeune pour être mobilisé, il connait l’exode de mai-juin 1940.
Le 18 juin 1940 alors qu’il séjourne à Palavas-les-Flots (Hérault), il entend l’appel du général de Gaulle. Avec sa famille, il s’installe bientôt à Marseille où il obtient un poste dans une compagnie de navigation.
Refusant viscéralement la défaite, bien décidé à agir, il commence par entreprendre des actions de propagande. Il diffuse alors des tracts dans les boîtes aux lettres et perturbe la projection des actualités allemandes dans les salles de cinéma. Puis, il dérobe des cachets officiels à la préfecture de Marseille pour confectionner des faux papiers nécessaires aux premiers résistants.
En 1942, il souhaite rejoindre la France libre à Londres. On le met alors en relation avec Pierre Julitte, envoyé par le BCRA en septembre 1942 pour fonder le réseau Julitte. Celui le recrute immédiatement dans son réseau. Il lui demande de rester en France pour l’aider à développer cette organisation clandestine.
En novembre 1942, devenu permanent de ce réseau, il a la charge du transport des postes émetteur-récepteur et de la protection des radios lors des transmissions clandestines. En mars 1943, après l’arrestation de Pierre Julitte et le démantèlement du réseau, il entre dans le mouvement Combat à Grenoble (Isère). Celui ci tente de le faire évader par l’Espagne. Arrêté à Mont-Louis (Pyrénées-Orientales), il est remis à la Gestapo. Mais il parvient à lui échapper lors de son transfert à la citadelle de Perpignan.
Il regagne alors Grenoble où il entre en contact avec l’organisation Prévôt rattachée par la suite au Service National du Maquis (SNM) qui dépend des Mouvements Unis de la Résistance (MUR).
En juillet 1943, dans le cadre de ses nouvelles missions, il crée un maquis à Albiez-le-Vieux (Savoie). Alors qu’il n’a pas encore vingt ans, ses qualités de meneur d’hommes lui permettent d’encadrer et de former aux combats à venir de jeunes requis au Service du Travail Obligatoire. À La Mure (Isère), il prend aussi en charge un groupe de mineurs espagnols, des républicains durant la guerre d’Espagne.
Lors d‘un déplacement, la Gestapo l’arrête à la gare de Grenoble (Isère) mais il parvient encore une fois à s’évader. Il rejoint dès lors le Service National du Maquis à Paris. En mars 1944, fort de son expérience, on l’envoie vers la région A (Seine-Inférieure, Nord, Pas-de-Calais, Somme). Là, il devient l’adjoint au chef régional du Service National du Maquis, le commandant de Kergaradec.
Suite à l’infiltration d’un agent travaillant pour la Gestapo, on l’arrête le 3 juin 1944. Torturé à Rouen, puis rue des Saussaies à Paris, on l’emprisonne à Fresnes. Puis on le transfère à Rouen et enfin au camp de Compiègne-Royallieu. Ensuite, on le déporte en Allemagne, par le convoi du 2 juillet 1944, plus connu sous le nom du « train de la mort ». Sur 2 162 hommes déportés, au moins 530 décéderont durant le trajet.
Arrivé le 5 juillet 1944 au camp de concentration de Dachau, il porte le matricule 76 569. On le transfère dans l’un des camps du Neckar pour rejoindre le Kommando de la mine d’Obrigheim.
Ayant survécu au typhus fin 1944, l’armée américaine le libère à Osterburken (Bade-Wurtemberg) le 4 avril 1945. Très affaibli par les conditions inhumaines du régime concentrationnaire, il ne pèse plus que 32 kilos, et est rapatrié en France le 21 mai 1945.
Après la guerre, il est imprimeur. Il épouse, le 22 juin 1946, à Paris (16ème), Nicole Annette Levy (1922-2007). Ils auront un enfant. À la retraite, fidèle à ses camarades, il ne cesse de témoigner de son parcours de résistant-déporté dans les établissements scolaires. Il rappelle que la Résistance était un combat « pour la démocratie contre la dictature » et qu’il faut aujourd’hui « lutter contre les excès ».
En novembre 2020, il est membre du conseil d’administration de la Fondation de la Résistance, .
Il décède le 31 janvier 2024, à l’âge de 100 ans. Un hommage lui est rendu dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides le lundi 19 février.
Distinctions : commandeur de la Légion d’honneur (absente de la Base Léonore car trop récente) ; médaille de la Résistance française (15 octobre 1945) ;
Sources : Frantz Malassis (Fondation de la Résistance) ; Geneanet. Date de création : 2025-12-26.
