LEFEBVRE de La BOULAYE Edouard René (1811-1883)
France

Edouard René Lefebvre de La Boulaye, communément appelé Edouard Laboulaye, voit le jour le 18 janvier 1811, à Paris. C’est le fils d’Auguste Lefebvre de Laboulaye (1779-1824), régisseur de l’octroi de Paris. Il étudie le droit et est reçu licencié.

Il épouse, en 1832, Augusta Virginie Paradis. De cette union naît, l’année suivante, un fils, Paulin, futur ambassadeur de France à Madrid et à Saint-Pétersbourg. Devenu veuf en 1841, il épouse en secondes noces (Louise Alexandrine) Valérie Michelin-Tronson du Coudray.

Il exerce pendant quelque temps la profession de fondeur en caractères au côté son frère Charles, polytechnicien, fabricant de caractères d’imprimerie et président du Cercle de la librairie. C’est cette profession qui figure sur la couverture de son premier ouvrage Histoire du droit de propriété foncière en Occident.

Cet ouvrage est primé au concours de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. En 1842, Edouard Laboulaye se fait inscrire au barreau de Paris. Il s’attache d’une façon toute particulière à l’étude des historiens de l’Allemagne, dont il acquiert une connaissance approfondie. Ses premiers ouvrages contribuent, dans une certaine mesure, à régénérer l’étude de l’histoire du droit.

À l’érudition nécessaire, il sait joindre une exposition claire et un style élégant, qualités qui se retrouvent dans tous ses ouvrages. Ces travaux lui permettent d’être nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1845.

Quatre ans plus tard, il devient professeur de législation comparée au Collège de France. Sous le second empire, tenant d’idées libérales, lecteur de Tocqueville et de John Stuart Mill, il est d’abord mêlé aux hommes qui essaient de réveiller l’esprit public en France.

Il fonde la Revue historique de droit et étranger, en 1855, et combat la politique autoritaire du Second Empire. C’est un observateur attentif de la vie politique des Etats-Unis et un admirateur de la constitution de ce pays. Il contribue à faire connaître et aimer ces institutions.

Il préside une réunion publique en faveur des esclaves affranchis d’Amérique, à Paris, en janvier 1865. Pendant la Guerre de Sécession, il est du côté des états de l’Union notamment en raison de l’action diplomatique du nouveau consul américain à Paris, John Bigelow.

Ce dernier lui rend de nombreuses visites à partir d’octobre 1861 à son domicile de la rue Taitbout, et jusqu’à la fin de cette guerre. Dès 1875, président du Comité de l’union franco-américaine, il lance une souscription pour l’érection de la statue de la Liberté pour le centième anniversaire du Jour de l’Indépendance.

« Il s’agit d’élever en souvenir du glorieux anniversaire, un monument exceptionnel. Au milieu de la rade de New York, sur un îlot qui appartient à l’Union des états, en face de Long Island, où est versé le premier sang pour l’indépendance, se dresserait une statue colossale, se dessinant sur l’espace, encadrée à l’horizon par les grandes cités américaines de New York, Jersey City et Brooklyn. Au seuil de ce vaste continent plein d’une vie nouvelle, où arrivent tous les navires de l’Univers, elle surgira du sein des flots, elle représentera : La Liberté éclairant le monde. La nuit, une auréole lumineuse partant de son front, rayonnera au loin sur la mer immense. »

Mais il ne peut voir l’entreprise à son terme : il meurt un an avant l’élévation de la statue de Bartholdi à New York.

La politique

En 1870, lorsqu’à lieu le vote du plébiscite sur les réformes apportées à la constitution, il écrit, le 25 avril, une lettre, rendue publique, dans laquelle il donne son adhésion à cet appel au peuple, déclarant qu’il voterait pour le plébiscite et affirmant que : « la meilleure constitution est celle qu’on a, pourvu qu’on s’en serve. »

Cette lettre fait scandale dans les milieux d’opposition qu’il fréquentait jusque-là. Accusé de renier son passé et de se rallier à l’Empire, il perd en un instant la popularité dont il jouissait. Le 24 mai, il doit suspendre son cours au Collège de France, pour mettre un terme aux scènes tumultueuses qui s’y passent et dont il est l’objet aux cris de : « Rendez l’encrier ! », faisant référence à un magnifique encrier offert par les étudiants strasbourgeois, en 1866, pour le consoler de son échec et lui prouver leur admiration.

Lors des élections du 8 juillet 1872, soutenu par l’Union de la presse parisienne, il se fait élire député de Paris. Il siège au centre gauche et ne cesse d’appuyer de ses votes la politique de Thiers.

En novembre 1872, Auguste Casimir-Perier provoque une scission dans le centre gauche et crée la réunion dite de la République conservatrice. Il fait alors partie de ses membres. Il devient président de la commission chargée de réorganiser l’enseignement supérieur.

Edouard Laboulaye prend maintes fois la parole devant l’Assemblée. Dans le discours qu’il prononce, le 28 février 1873, lors de la discussion sur le projet de loi présenté par la commission des Trente, il déclare que la forme du gouvernement lui est indifférente, pourvu que le gouvernement ne soit pas despotique.

Le 14 mars 1873, il devient administrateur du Collège de France pour trois ans. Il est élu sénateur inamovible en 1875. C’est le rapporteur de la loi du 19 juillet 1875, qui instaure la liberté de l’enseignement supérieur. Il est, par ailleurs, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Edouard Laboulaye décède à Paris le 25 mai 1883. C’est l’arrière-grand-père de l’administrateur Gérard Lefebvre de Laboulaye (1920-2006) et le grand-père d’André Lefebvre de Laboulaye.

Publications :

  • Essai sur la vie et les ouvrages de Savigny, Paris (1840) ;
  • Recherches sur la condition civile et politique des femmes depuis les Humains jusqu’à nos jours, A. Durand, 528 p. (1843) ;
  • Essai sur les lois criminelles des Romains concernant la responsabilité des magistrats, Aalen, Scientia, 452 p. (1973, 1re éd. 1845) ;
  • Histoire politique des Etats-Unis : depuis les premiers essais de colonisation jusqu’à l’adoption de la constitution fédérale, 1620-1789, A. Durand, 3 vol. (1855-1866) ;
  • Etudes contemporaines sur l’Allemagne et les pays slaves, A. Durand, 370 p. (1856);
  • Les Tables de bronze de Malaga et de Salpensa, Paris (1856) ;
  • Souvenirs d’un voyageur, nouvelles, L. Hachette, 229 p. (1858) ;
  • La Liberté religieuse, Charpentier, 434 p. (1858);
  • Etudes sur la propriété littéraire en France et en Angleterre, A. Durand, 199 p. (1858);
  • Introduction au droit français, de Claude Fleury, Paris, 2 vol. (1858) ;
  • en collaboration avec Dareste, Abdallah ou le trèfle à quatre feuilles, conte arabe (1859) ;
  • Les Etats-Unis et la France (1802) ;
  • L’état et ses limites, suivi d’Essais politiques sur M. de Tocqueville (1863) ;
  • Paris en Amérique (1863) ;
  • sous le nom de Docteur René Lefebvre, Contes bleus – ingénieux roman satirique qui eut de nombreuses éditions – (1863) ;
  • Le Parti libéral, son programme (1864), etc…

Distinctions : chevalier (24 avril 1845), officier (7 février 1878) de la Légion d’honneur ; officier de l’Instruction publique ; commandeur de la Rose ; chevalier de Charles III d’Espagne. Hommages : Une place de Versailles porte son nom. Une ville en Argentine de la province de Córdoba porte son nom.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur), Wikipedia. Date de création : 2015-04-11.

Photos

Monument

Inscriptions :

Edouard René LEFEBVRE de LABOULAYE sénateur – membre de l’institut, administrateur du collège de France 18 janvier 1811 – 25 mai 1883.
A. M. Mme Edouard LEFEBVRE de LABOULAYE née Valérie MICHELIN TRONSON du COUDRAY 1818-1911.

Augustine AUDOUIN 1822-1837.
Augustine de LABOULAYE Vve AUDOUIN née PARADIS 1798-1841.
Julienne LENOBLE Vve René de LABOULAYE née MARTINON 1791-1867.
René de LABOULAYE 1863-1867.
Gabrielle de LABOULAYE 1861-1876 le jour de ses 15 ans.
Lucien de LABOULAYE 1835-1880 juge au tribunal civil.

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Date de la dernière mise à jour : 11 mars 2022