LAVALLEE Alphonse (1797-1873)
France

photo anonyme, 1860 - Collection privée
Fondateur de l'Ecole centrale

Alphonse (Jean Robert Martin) Lavallée voit le jour en 1797, à Savigné-l’évêque (Sarthe). Alphonse Lavallée fait des études de juriste à Paris. Puis il devient administrateur de sociétés dont la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. Il travaille, pendant dix ans, dans la région de Nantes avec son beau-frère l’armateur Bourgault-Ducoudray.

Il devient actionnaire du journal Le Globe, journal de l’opposition libérale et d’inspiration saint-simonienne, après son déménagement à Paris, en 1827, où il s’installe avec son épouse et sa fillette d’un an, Amazilli. Alphonse Lavallée projette de créer une école qui pourrait former des ingénieurs civils, des « médecins des usines et des fabriques ».

À cette époque, les autres grandes écoles françaises forment surtout des scientifiques ou des ingénieurs travaillant pour l’état. L’école polytechnique, fondée en 1794, s’est notamment spécialisée dans les domaines militaire et administratif. Elle n’est donc pas à même de fournir des cadres d’entreprise.

La volonté de Lavallée est d’organiser, de manière permanente, la formation d’hommes aptes à réaliser l’application pratique et concrète des développements scientifiques dans toutes les branches de l’activité productrice.

Sa démarche propose aussi, et de manière novatrice, d’institutionnaliser le lien entre la recherche scientifique et le développement des techniques industrielles. Alphonse Lavallée rencontre alors Jean-Baptiste Dumas à l’Athénée, centre de conférences sur les sciences et les techniques qui est aussi un lieu de rassemblement de l’opposition libérale au gouvernement (chefs d’entreprise, scientifiques, etc.).

Deux projets sont en discussion dans les milieux de l’Athénée. Le premier, conçu par Binet de Sainte-Preuve, un physicien normalien, envisage de mettre en place une petite structure d’une cinquantaine d’élèves sur les bases de l’école normale supérieure et installée dans les bâtiments de l’état. Lavallée a un projet plus visionnaire : il préconise une école de 300 à 400 élèves, indépendante de l’état. Ainsi, calcule-t-il, sur la base de 750 francs par an et par élève, on peut monter l’opération de façon autonome.

Lui-même est prêt à mettre les fonds de premier établissement. Les savants qui se joignent à eux, Théodore Olivier, Eugène Péclet et Philippe Benoit, se rallient à cette idée. En effet, compte tenu du contexte politique, elle est beaucoup plus réaliste. Ils bénéficient alors d’un des rares moments de relatif libéralisme gouvernemental du règne de Charles X. En effet, Vatimesnil, le ministre de l’Instruction publique, est très favorable à l’idée et l’appuie.

En effet, l’état ayant le monopole de l’enseignement, il faut obtenir une autorisation de l’Université. C’est fait avec un arrêté en date du 23 décembre 1828. On inaugure l’école centrale des arts et manufactures, le 3 novembre 1829, dans l’Hôtel de Juigné à Paris (actuel musée Picasso). Alphonse Lavallée en est le premier directeur.

Le choix du nom de l’école s’explique par la terminologie administrative de l’époque et par la pensée saint-simonienne. Une ordonnance de 1819 avait créé un Conseil des fabriques et des manufactures. Il existait aussi des chambres consultatives des arts et manufactures et un Comité consultatif des arts et manufactures.

Le terme « centrale » témoigne du projet saint-simonien qui envisageait la création d’une école de haut niveau dans chacune des villes principales de province, mais seule l’école centrale de Lyon sera créée sur ce principe.

La nouvelle école forme « des ingénieurs civils spéciaux », c’est-à-dire capables de construire des usines, de restructurer les anciennes, d’être des conseillers éclairés des chefs d’entreprise. Elle forme aussi « les directeurs d’usine » qui reçoivent la formation générale nécessaire, « des capitalistes instruits, capables de choisir avec intelligence leurs spéculations », « des professeurs » qui diffuseront l’enseignement reçu à l’école dans les départements de la France entière « en faveur des contremaitres et chefs ouvriers ».

L’école vit des droits de scolarité. Ceci suppose que l’établissement recrute essentiellement des enfants de familles aisées. Les promoteurs voient grand : 147 étudiants sont inscrits dès la première rentrée de 1829.

Pour s’attirer les bonnes grâces des savants et des chefs d’entreprises, Lavallée propose de distribuer 111 demi-bourses à des futurs élèves. Ce sont les principales sociétés savantes de Paris et des régions qui les choisissent. Ainsi, l’école a les faveurs du monde industriel et scientifique.

Le conseil de perfectionnement de l’école centrale se compose de savants réputés, de banquiers d’affaires et d’industriels puissants. Bien que reconnue par l’état, l’école n’en reçoit aucune aide financière. Elle survit aux troubles de son époque : Trois Glorieuses (juillet 1830), épidémie de choléra (1832) alors que Lavallée est tombé malade, Révolution (1848). C’est grâce à la forte implication personnelle et financière de son fondateur principal.

Après la mort de Théodore Olivier et bien que l’école soit prospère, Alphonse Lavallée forme, en 1855, le projet de la céder gracieusement à l’état pour en assurer la pérennité. Napoléon III approuve cette proposition, soutenue par Prosper Mérimée, alors sénateur, le 17 juin 1857.

Alphonse Lavallée possède le château de Segrez à Saint-Sulpice-de-Favières (Essonne) dont son fils, Alphonse, pépiniériste, conçoit l’arboretum.. Il décède en 1873 à Paris.

Distinctions : commandeur de la Légion d’honneur (10 juillet 1862).

Hommages : L’Alphonse-Lavallée est un cépage noir de raisin de table que son fils, le pépiniériste Alphonse Lavallée (1835-1884), a créé.

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2016-03-26.

Photos

Monument

Monument :

La chapelle est ornée d’un médaillon en bronze représentant Lavallée signé par Hubert Ponscarme mais non daté. La porte, en fer moulé, est ornée d’un bas-relief représentant un brule parfum avec deux têtes d’anges et d’un ouroboros (serpent qui se mord la queue, représentant l’éternel retour).

Inscriptions :

Vicomtesse de CASTEX née MAY de SEVIN 1929-2005. Adrien CHERTOK 19 août 2005-20 septembre 2005. Vicomte Maurice de CASTEX 1918-2017.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 18 janvier 2022