Maria Klonaris voit le jour le 23 juillet 1948, au Caire (Egypte) de parents grecs, tous deux médecins. Son père, Georges Klonaris, gynécologue et obstétricien, est directeur de la Maternité Internationale d’Alexandrie. Sa mère, Yolanda Klonaris, biologiste, est l’une des premières femmes à avoir fait des études de médecine à l’Université d’Athènes.
Elle grandit dans l’Alexandrie cosmopolite des années cinquante. Après la crise de Suez, sa famille déménage à Athènes (Grèce). Là, elle fait ses études au lycée américain Pierce College. Puis, à l’école supérieure des Beaux-Arts d’Athènes, elle se forme aux arts graphiques, à la scénographie et au décor de scène. Parallèlement elle suit des études de lettres anglaises à l’Université d’Athènes.
Sa première pratique artistique est le dessin. Trois séries ont été publiées : XI Dessins amoureux (1973), Déformations (1974), Grand Martyr triomphateur Georges (1975). Elle signe également des affiches de théâtre, des couvertures et illustrations de livres.
Passionnée de théâtre dès son plus jeune âge, elle devient scénographe. C’est là qu’elle rencontre sa future compagne, Katerina Thomadaki. Ensemble, elles créent et dirigent le Théâtre des 4 à Athènes. Elle réalise alors les décors et costumes des Bonnes de Jean Genet (1968) et de Salomé de Oscar Wilde (1969) dans les mises en scène de Katerina Thomadaki. Pour les décors et costumes de Salomé, elle reçoit un prix à la Triennale de Scénographie de Novi Sad (Serbie), en 1972.
En 1973, elles créent à Athènes l’Espace de recherche théâtrale et réalisent Expérience I – Images de la vie quotidienne. C’est une œuvre expérimentale qui met radicalement en question les conventions de la représentation et les limites du théâtre et du corps.
À partir de 1975, elles s’installent à Paris, où elles créent le « Cinéma corporel » qu’elles lancent, pratiquent et théorisent en intégrant dans leur langage cinématographique “la dimension politique de l’identité féminine”.
Dès leur premier film, Double Labyrinthe, elles co-signent leurs œuvres en se déclarant “double auteur”. Elles mettent en place un langage ciné-plastique non narratif et militent pour le format Super 8, dont le coût est minime. Leur œuvre se développe en longs cycles (La Tétralogie corporelle, Le Cycle de l’Unheimlich, La Série Portraits, le Cycle des Hermaphrodites, Le Cycle de l’Ange, Désastres Sublimes. Les Jumeaux).
Par ailleurs, en étant trilingue, elle poursuit des études d’égyptologie à l’École Pratique des Hautes Etudes. Parallèlement, elle suit des cours de cinéma et d’esthétique à l’Université Panthéon Sorbonne, où elle obtient une Maîtrise intitulée « Douleur, blessures et sang dans l’œuvre de Gina Pane », suivie d’un Diplôme d’Études Approfondies sur « Les femmes artistes en cinéma et vidéo d’avant-garde ».
En 1985, avec Katerina Thomadaki, elle fonde l’association ASTRATIK, favorisant les liens entre l’art et le féminisme. Ce sont des pionnières dans l’interdisciplinarité et la représentation du genre. Elles sont actives dans la formation de la troisième vague féministe.
Théoriciennes, les deux créatrices publient sur le plan international des ouvrages et des dizaines d’articles, entretiens et manifestes. En 2012, la BNF ouvre un fonds Klonaris/Thomadaki réunissant leurs archives.
Elle meurt à l’âge de 65 ans, le 13 janvier 2014, à Paris.
Pour voir la liste de ses œuvres dans Wikipedia.
Sources : Wikipedia. Date de création : 2026-01-25.
