Adolfo Kaminsky voit le jour le 1er octobre 1925, à Buenos Aires (Argentine) de parents juifs d’origine russe. Sa famille s’installe en 1932 à Paris puis, en 1938, à Vire (Calvados).
Il travaille à la SGE (Société Générale d’Equipements), réquisitionnée par les Allemands après la défaite, puis dans une teinturerie. Là, il se passionne pour la chimie des colorants et crée son propre laboratoire.
Sa famille est arrêtée le 22 octobre 1943 par les Allemands, internée à la prison de la Maladrerie à Caen, puis transférée au camp de Drancy. En janvier 1944, sa famille est libérée grâce au consulat d’Argentine à Paris.
Il rejoint alors la résistance (la « Sixième », section de l’EIF). Il devient responsable d’un laboratoire clandestin chargé de la fabrication de faux papiers, dirigé par Maurice Cachoud, du MLN. Sous le pseudonyme de Julien Keller, surnommé « le Faussaire de Paris », il permet ainsi à de nombreux Juifs d’échapper aux persécutions et à la déportation. Sa plus grande demande concerne trois cents enfants, soit neuf cents documents à réaliser en trois jours !
À la libération de Paris, la Direction générale des études et des recherches (DGER qui est alors le service secret) l’embauche. Mais il démissionne au moment des prémices de la guerre d’Indochine, par refus de collaborer à une guerre coloniale. Puis il continue son activité e faussaire. Il aide ainsi l’émigration juive clandestine vers la Palestine, alors sous mandat britannique.
À la fin des années 1950, il s’engage en faveur de la décolonisation de l’Algérie. Il rejoint le réseau Jeanson et Henri Curiel qui soutiennent le FLN en France. Puis, à partir de 1963, il vient en aide aux mouvements de libération des pays d’Amérique du Sud, d’Afrique. Il aide aussi les dissidents, du Portugal sous le régime de Salazar et ceux de Franco en Espagne. De même, il soutient les Grecs en lutte contre la dictature militaire « des colonels ».
Il fait aussi des faux papiers pour les déserteurs américains qui ne veulent pas faire la guerre du Viêt Nam. Il accepte aussi de faire des faux papiers, en 1968, pour Daniel Cohn-Bendit pour lui permettre de prendre la parole à un meeting.
En 1962, il produit un mètre cube de billets de 100 francs (valeur estimée à 100 millions de francs) pour aider le FLN à lutter en déstabilisant la monnaie française, donc l’économie. Lorsqu’un accord est trouvé en mars 1962, les billets sont brûlés. En 1971, il fabrique son dernier faux papier et met un terme définitif à son activité de faussaire.
Refusant de se faire payer pour ses faux papiers, il exerce le métier de photographe. Il devient spécialiste de la photo couleur et du grand format, enchaînant reproductions d’œuvres d’art et photos de décors pour le cinéma. Il travaille, en 1950, avec le décorateur Alexandre Trauner pour un film de Marcel Carné, Juliette ou la Clé des songes. Par ailleurs, il réalise des milliers de photographies de son milieu où se pressent travailleurs, amoureux, brocanteurs, mannequins, barbus… En 1978, il est professeur de photographie au centre de formation professionnelle à Salembier, à Alger (Algérie).
En 2019, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) lu consacre une exposition rétrospective, « Adolfo Kaminsky, faussaire et photographe ».
Il meurt le à Paris, à l’âge de 97 ans.
Il a deux enfants, Serge et Marthe, nés d’une première union. Puis il en a trois autres avec la photographe Leïla Kaminsky, dont Youcef José Lamine (1977-), rappeur sous le nom de Rocé, et Sarah (1979-), écrivaine et comédienne.
Bibliographie : Sarah Kaminsky, Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire, Paris, Calmann-Lévy (
Sources : Wikipedia. Date de création : 2026-04-21.
