HASSENFRATZ Jean Henri (1755-1827)
France

À l'école des Lumières

Jean Henri Hassenfratz voit le jour le 20 décembre 1755 à Paris. D’abord charpentier, Jean Henri Hassenfratz est un jeune homme brillant qui cherche très tôt à se rapprocher de personnages importants et instruits. C’est ainsi qu’il apprend la géographie en 1778 avec Jean-Baptiste de Beauraine géographe du roi puis, en 1779, avec Jean de Champigny.

Celui-ci  le met en relation avec le marquis de Serent. Jean se lie d’amitié avec les deux fils du marquis. Grâce à Serent, il participe aux manœuvres militaires de Saint-Omer, fin 1779. Il y rencontre Monge, dont il suit les cours en 1780-81. En outre, grâce à Champigny, il fait la connaissance de Sylvestre François Lacroix, alors âgé de 15 ans et dont il deviendra l’ami intime.

Il travaille comme géographe au régiment des Dragons de la Reine (1781). Il fait aussi la connaissance de Balthazar Sage, ce qui lui permet d’être membre de la première promotion des élèves de l’École des mines. L’Administration l’envoie en mission en Styrie et en Carinthie et est satisfaite de son rapport. À la même époque, il est admis dans la franc-maçonnerie. Il parvient à se faire nommer sous-inspecteur des mines le 1er janvier 1785.

Il prend alors contact avec Antoine Lavoisier, qui présente sa candidature à l’Académie des sciences dès 1786. En 1786-87, il travaille chez Lavoisier sur le bleu de Prusse, puis il participe à la controverse sur le phlogistique. Il publie largement jusqu’en 1792 dans les Annales de chimie, dont il est l’un des huit fondateurs. En 1790, il s’intéresse à la synthèse de la soude.

Engagé dans la Révolution

Lorsque la Révolution éclate, il s’enthousiasme pour les idées nouvelles. Dès 1790, il publie un Manuel militaire de l’infanterie, cavalerie et artillerie nationale. En janvier 1792, il est membre de la société patriotique du Luxembourg, créée par Jean Nicolas Pache, avec Gaspard Monge. Il devient membre de la Commune de Paris, le 10 août 1792.

Le ministre de la Guerre, Jean Nicolas Pache, le nomme directeur de l’administration du matériel dans son ministère. Le 31 mai 1793, c’est Hassenfratz qui demande la tête des girondins. Cet activisme lui sera reproché tout le reste de sa carrière. Un ancien élève de l’École polytechnique rappelle ce douloureux épisode : « on disait une fois de lui dans un journal pendant la Révolution : le sanguinaire Hassenfratz, qui ne monte à la tribune que pour y bégayer le nom des victimes qu’il doit immoler chaque jour.»

Ainsi, malgré le soutien de Prieur de la Côte-d’Or et de Gaspard Monge, il est exilé en province pendant l’été 1796. Il échappe aux poursuites après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794). Vers la même époque, on le nomme inspecteur des mines. On le voit à la tête du faubourg Saint-Marceau lors de l’Insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795). Il obtient sa libération grâce à la loi votée par la Convention à sa séparation (1795).

Le professeur

Assagi, Hassenfratz reparaît le 4 brumaire an III (25 octobre 1795) mais se consacre désormais à l’enseignement de la physique et de la chimie. Il devient professeur à l’École des mines en 1795 et instituteur de physique générale à l’École centrale des travaux publics par arrêté du 5 frimaire de l’an III.

Lors de la réorganisation du corps des Ingénieurs des mines par Napoléon, il reçoit le grade d’ingénieur divisionnaire en 1810, grade qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 1822. Il enseigne la Physique générale à Polytechnique jusqu’au retour des Bourbons, avec un cours dont le nombre de séances fut progressivement réduit à partir de 1808.

Il y enseigne aussi la Physique céleste, les Éléments de machines, les Travaux des mines, les Fortifications. Aucun de ces cours n’a un grand succès auprès des élèves. Il est invité à donner sa démission en 1814, est nommé professeur émérite avec appointements, mais en 1815 ce titre et cette pension lui sont retirés.

À l’École des mines de Paris, transférée à Moûtiers de 1802 à 1815, Hassenfratz est l’un des trois professeurs. Il séjourne à Moûtiers de novembre à avril. Il y organise notamment des travaux pratiques de chimie. C’est encore là qu’il rédige son traité majeur : La Sidérotechnie, ou l’art de traiter les minerais de fer. Il est chargé d’organiser de la succession de Charles Axel Guillaumot à l’Inspection générale des carrières de Paris (1809).

Hassenfratz y soutient la prise de fonction de Louis Étienne Héricart de Thury, qui lui rendra d’ailleurs hommage en 1819. Il conserve son grade et ses émoluments d’inspecteur divisionnaire des mines jusqu’en octobre 1822.

Vie privée

Jean Henri Hassenfratz vit longtemps en concubinage avec Antoinette Joséphine Terreux, née en 1765, dans une famille modeste de Sedan. Leur fille, Virginie Joséphine nait le 1er novembre 1791. Son mariage est célébré le 2 janvier 1795. Il meurt le 26 février 1827, à 71 ans.

Œuvres :

  • avec Guyton de Morveau (dir.), Lavoisier (dir.), Berthollet (dir.), Fourcroy (dir.) et Pierre Auguste Adet, Nouveau Système de caractères chimiques, Méthode de nomenclature chimique, 1787 ;
  • École d’exercice, ou Manuel militaire à l’usage de toutes les gardes nationales du royaume, infanterie, cavalerie et artillerie, Paris, Desray, 1790 ;
  • Catéchisme militaire, ou manuel du garde national, Paris, 1790 ;
  • Cours révolutionnaire d’administration militaire, Paris, 1794 ;
  • Traité de l’art du charpentier, approuvé et adopté par l’Institut national, pour faire suite aux arts et métiers, publiés par l’Académie des sciences, dédié et présenté au Premier consul, 1804 ;
  • Sidérotechnie, ou l’art de traiter les minéraux de fer, pour en obtenir de la fonte, du fer et de l’acier, Paris, Firmin Didot, 1812, 4 vol. ;
  • Dictionnaire physique de l’Encyclopédie, Paris, 1816-21, 4 vol. ;
  • Traité théorique et pratique de l’art de calciner la pierre calcaire, et de fabriquer toutes sortes de mortiers, ciments, bétons etc., soit à bras d’hommes, soit à l’aide de machines, Paris, 1825.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2020-12-25.

Monument

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Date de la dernière mise à jour : 14 avril 2021